Pistes noires pour la commission Rebsamen ?

Actualités de l'immobilier, Billets d'humeur 2 commentaires

Les pistes noires, c’est une histoire de ski.

Et une funeste idée de parcours pour qui prétend retrouver le chemin de la relance des permis de construire.

C’est exquis ? Mais non, c’est tes skis ! C’est pas pareil.

Et ça pourrait même devenir carrément dégueu si on ne sait pas où l’on met ses bâtons.

A part dans les roues, car ça, hélas, c’est bien trop courant.

Mais courir n’est pas tenir, surtout sur piste noire… attention aux dérapages !

Snif, la commission Rebsamen Rebs amène pas trop d’idées neuves, mes amis… 😉

 

C’est curieux comme on a toujours envie de croire au « Deus ex machina » ; vous savez, ce procédé utilisé au théâtre pour faire basculer une situation par l’intervention d’un phénomène très hautement improbable et néanmoins décisif.

Las, il semblerait au vu des premières conclusions de la commission Rebsamen, que le Dieu des permis de construire ne nous réserve pas de renversement de situation aussi inespéré qu’opportun.

Préparons nous ainsi à une resucée d’idées molles et réchauffées et renommons derechef la commission : Commission Amen ? 😉

Tant qu’à faire pauvre en idées, faisons court en concept ! 🙂

Du pistou ou des pistes où ?

Le pistou est une sauce froide et qui a du goût. Bon.

Les « pistes où » de la commission Rebs Amen, c’est le contraire : insipides et tièdement réchauffées.

Car ladite commission a rendu au premier ministre un premier jet de ses inspirations collectives, une vingtaine de propositions, paraît-il.

Tous les supports de presse qui évoquent le sujet énoncent parmi les axes avancés la mobilisation foncière, le financement ou la surenchère technocratique, par exemple :

    • le soutien financier aux maires bâtisseurs
    • le fléchage du fonds friches (transformation de friches industrielles en zones urbaines « comestibles ») prioritairement vers les zones tendues
    • la mobilisation du foncier public pour la construction de logements sociaux
    • la simplification de la procédure des permis de construire (la digitalisation étant supposée fluidifier et accélérer l’instruction des permis)
    • la mise en place d’un contrat d’objectif entre maires et préfets pour définir les types de logements, les quantités et les secteurs géographiques associés.

Tout ça fait CRO marrer (jaune) les vrais professionnels, ceux qui se rappellent que l’année dernière la ministre du logement demandait aux maires d’accélérer l’instruction des permis de construire ! 🙂

Alors qu’à l’issue de bien des instructions, le résultat était un permis refusé. 🙁

Avouez que pour se faire refuser un permis en bout de course, aller vite ou lentement relève de l’effet de style, mais pas du résultat.

Un petit commentaire, Nelson ?

En cette époque de Jeux Olympouics, nous avons donc demandé à un spécialiste des commentaires, Nelson Monforengueule, de décrypter pour nous l’envers du décor (où nous allons tout droit d’ailleurs, autant se familiariser avec ! 🙂 ).

    • Chers amis et lecteurs, je suis en présence du porte-parole de la commission, ze porte word of ze commission, qui vient de me faire part de son immense émotion – his very big emotion – à l’idée de nous dévoiler les premières pistes encore vierges et néanmoins déflorées pour nous – like a virgin for ze very first time – la madonna nous le pardonnera, mon Dieu, Amen ! 😉
    • Les premiers commentaires avisés et à visée générale – ze very general point of view – laissent à penser qu’on se fout de la gueule du mondeze face of the world – et qu’une aussi grosse commission (32 membres quand même…) porte en elle le syndrome de la grosse commission, celle qu’on ne commet pas dans un cabinet ministériel 😉 mais dans un cabinet d’aisance où l’on se met à l’aise même sans les anses.
    • Je vous détaille le concept général : on ne fait rien qui puisse gêner les mairesnothing against ze mayors – puisque ce sont eux qui donnent le tempo de la commission et ce sont également eux qu’on ne veut pas gêner – do not disturb, please – puisqu’ils sont autant de relais sur le terrain politique dans une période à l’évidence pré électorale.
    • Deuxième évidence : tout ce qui est évoqué existait déjà, ou presqueit is all like before – mais on en fait un paquet et on change le ruban – ze most magnificient ribbonle même cadeau dans un emballage différentun different packaging my dear fellows.
    • Le soutien financier aux maires bâtisseurs ? Déjà fait. Et le remplacement de la TRE (taxe de raccordement à l’égout) par la Taxe d’Aménagement, puis le recours très fréquent à la taxe d’aménagement majorée (parfois non fondé mais jamais sanctionné) y a aussi participé. Mais les maires vous remercientthank you very much, members of ze commissionpour l’effet d’aubaine ; plus d’argent sans construire davantage, c’est intéressant – money is interesting indeed.
    • Quant à l’idée de laisser accroire que la digitalisation du parcours de demande d’autorisation d’urbanisme va produire plus vite et davantage de permis de construire, c’est comme croire que plus d’électronique et de sécurité dans les automobiles fait augmenter les vitesses autorisées sur route. Le maître mot – yes, ze master word – n’est pas vitesse mais AU TO RI SA TION, il faut montrer patte blanche – show your white footpour avoir un permis !
    • Et le pompon – in english, ze french rouflaquette – c’est de répondre au déni de droit républicain exercé par les maires dans les refus abusifs de permis par une surcouche réglementaire de plus : un contrat d’objectif qui va venir stratifier et rigidifier l’offre, pour vous dire, où, quand, comment et combien de logements
    • Et pourquoi ? And why, happy friends ? Parce qu’on ne veut pas tirer les oreilles aux maires et les contraindre à respecter leur PLU et qu’on préfère contractualiser pour leur donner un cadre.
    • Mais quel sera le problème – what ze fuck will ze problem be ? – c’est que les maires auront encore plus de pouvoir coercitif, sans contre-pouvoir, et que pour ceux dont le contrat dira 150 logements par an minimum, ils comprendront 150 logements maximum et bloqueront le système (déjà vécu pour des objectifs de PLUIH ou de logement social…). Car dépasser l’objectif minimal n’est pas une option pour ceux qui préfèrent reporter les projets à plus tard.
    • Et pourquoi donc, braves gens – why stupid fools – parce qu’un maire, en zone urbaine tendue, celle qui concentre l’intérêt des pouvoirs publics et les difficultés de production – ne pense le plus souvent qu’à une seule chose, c’est à sa réélection, et la perspective de mécontenter l’électeur qui est aussi un voisin éminemment égoïste ne fait pas partie de son ambition. Alors que flinguer des permis… sans risque…
    • Bien sûr tout ceci demandera à être traduit – my very next translation for youquand la commission se sera soulagée (…) de ses propositions officielles et définitives qui seront à n’en pas douter aussi décoiffantes qu’un spray de laque sur une perruque en crin de cheval et aussi suivies de mesures législatives que de pleureuses derrière un corbillard de permis de construire. 🙂
    • Quant à l’efficacité – what about ze real efficiency – on s’en tape au détour d’un rapport d’étapemuch too difficult to be translateddont l’intérêt consiste plus à faire semblant d’exister qu’à résoudre un cas désespéré.

Et à ceux qui oseraient faire remarquer que le porte-parole n’en a pas placé une, c’est normal ! Nelson Monforengueule est plus fort que l’original ! 😉

Mais pourquoi personne ne dit rien ?

Elle est très bonne, celle-là. Voyons, qui a intérêt à ne pas se plaindre trop fort ou à faire semblant de croire ou d’espérer qu’on va dans la bonne direction ?

Allez, un petit effort :

    • ceux qui bénéficient déjà d’un système suradministré (administration, politiques, bénéficiaires de monopoles de fait…) et ne veulent pas d’un changement fondamental
    • les organisations installées qui ne veulent pas se fâcher avec les pouvoirs publics
    • les acteurs publics ou privés qui croient qu’un peu plus d’argent aux maires va les décider à accorder des palanquées de permis et à sauver leur business
    • les timides ou peureux qui constituent la majorité silencieuse et qui n’aiment pas se faire remarquer ou prendre des coups
    • tous ceux qui parlent du sujet, mais sans rien comprendre des leviers réels, psychologiques et décisionnels et ne sont donc que des relais de banalités lénifiantes (ou fientes ? 😉 )

Bref, en CRO comme en détail, si le doute était initialement permis (pas de construire, hein, sinon on serait super heureux ! 🙂 ), les premiers résultats des élucubrations de la commission sont conformes aux craintes originelles, mais hélas pas originales, tant les émanations d’initiatives publiques dans ce domaine manquent de créativité, de courage et d’intelligence de la situation notamment…

Il faudrait peut-être faire appel à un spécialiste pour penser à tout ça ?

Une personnalité atypique, voire décalée ou iconoclaste, sans tabou ?
Spécialiste indéCROttable des idées à la noix de CRO CRO ? 😉

Le penseur de Rodin en mode CRO
Chut. Laissez moi penser…

On fera donc l’effort d’attendre les propositions finales pour se faire une opinion définitive, mais la déception sera probablement au rendez-vous !
Ce qui ne changera pas grand-chose ? 🙂

Bah, vivement une éclaircie, ça nous changera des commissions à la noix !
Pas vrai, mes cocos ?
(Isn’t it my cocos ? 😉 )
Ta gueule, Nelson !

 

Mais pour l’heure, lâchez prise !
Demain arrivera bien assez vite… 🙂

2 réflexions au sujet de « Pistes noires pour la commission Rebsamen ? »

  1. Merci pour ce franc moment de rire. Tout est dit !
    Les prochains mois vont etre surrealistes dans les effets d’annonce, les discours etc.

  2. @ Plouf : il va falloir se jeter à l’eau, effectivement… 😉 Non mais, à l’eau quoi !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *