Il est des chiffres qui laissent indifférent, ou quasiment.
Et d’autres qui décoiffent. Ebouriffants.
Dans cette dernière catégorie, les chiffres du logement neuf pour le premier trimestre 2026 tirent le pompon.
Pas par leur côté spécialement spectaculaire, mais plutôt par l’entêtement mis à confirmer la tendance passée.
Pour autant, peut-on déjà en conclure que l’année entière nous hérissera le poil ?
Les promoteurs doivent-ils d’ores et déjà se faire des cheveux ?
La conjoncture et les dieux de l’immobilier seraient-ils de mèche ?
Ou une solution passerait-elle évidemment par un optimisme à tout crin ? 😉
Le débat est ouvert… 🙂
La Fédération des Promoteurs Immobiliers de France vient de sortir ses chiffres pour le 1er trimestre 2026.
Soyons rassurés, rien n’a vraiment changé et pourtant le paysage pourrait bientôt se voir modifié selon le cours des évènements.
L’incertitude, dans ces métiers de la construction et de l’immobilier, c’est tout ce qui fait le lit de l’hypertension artérielle du secteur. Et son charme ? 🙂
Compter… d’abord sur soi-même ?
La période n’est pas aux feux d’artifice statistiques pour le volet commercial du logement neuf.
L’année 2025 avait annoncé la couleur et le 1er trimestre 2026 lui emboîte le pas.
Le dossier de presse édité par la FPI pour la conférence de presse du 12 mai 2026 est à cet égard édifiant (note du CRO : des statistiques édifiantes, c’est plus simple qu’édifier des immeubles… 🙂 ).
Il détaille les différents indicateurs et distingue les variations de conjoncture selon les régions ; les plus curieux pourront donc le feuilleter utilement.
Pour les fainéants ( 😉 ), que l’on appellera pour la bonne cause et la respectueuse préséance de ce blog 😉 les « optimisateurs » , on peut quand même tirer rapidement quelques grandes lignes de ce 1er trimestre 2026 :
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- En comparaison du 1er trimestre 2025, une baisse des réservations de 14.3 % globalement
- Avec une dégringolade des ventes en bloc (ventes à investisseurs institutionnels et bailleurs sociaux) : -35 %
- Et une baisse contrastée des logements vendus à l’unité -10.8 % (avec une légère reprise de l’investissement locatif et un retrait de l’accession)
- Du côté des mises en vente, un recul marqué de 19.2 %, uniquement du au collectif, l’individuel ayant repris des couleurs
- Des prix de vente stables (en légère hausse de 0.6 %)
Petits commentaires off d’un CROmaniaque de l’envers du décor 🙂 :
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- les bailleurs sociaux (et autres investisseurs) ont du mal à maintenir leur niveau d’investissement à cause d’un manque de fonds propres (déjà abondamment utilisés dans les années précédentes en soutien de la conjoncture, et les prix de revient des opérations augmentent sous la contrainte réglementaire)
- les particuliers ont du mal au plan psychologique (contexte national et international) et financier (les taux et les prix ne baissent pas… et les salaires ne font pas la différence)

- les pouvoirs publics ont tardé (en février cf contexte politique) à publier la loi de finances 2026 et les textes qu’elle portait (cf quotité de PTZ élargie et statut du bailleur privé Jeanbrun), privant ainsi en début d’année la machine commerciale d’outils significatifs
- tout ça dans le cadre d’une rigidité des prix de revient et de vente, ces derniers ne baissant pas malgré la difficulté du moment, et avec une menace de reprise de hausse des prix de revient en raison du conflit en Iran…
Bref, pour ce 1er trimestre 2026, les planètes n’étaient pas vraiment alignées, même pour les observateurs les plus attentifs ! 🙂
Concours de pronostics ou de circonstances ?
On l’a déjà vu dans les dernières années, les concours de circonstances sont rarement favorables (Covid, Ukraine, Trump, Iran…) et rendent les concours de pronostics très hasardeux (hasard 1, hasard 2 😉 ).
Et pourtant, le gestionnaire avisé (à visée électronique ? 🙂 ) doit tenter de démêler l’écheveau (mais non, pas les cheveux, l’écheveau !!!)

Reprenons : démêler l’écheveau… et tirer sur le fil qui dépasse de la pelote pour savoir ce qu’il va trouver au bout.
Ce qui ressemble à une démarche de pronostic relativement osée sous nos latitudes et circonstances ! 🙂
Pronostiquons donc que le bas de cycle est maintenant atteint, et que même si le rebond ne sera ni très rapide ni très significatif, un petit sentier sur la suite de 2026 permettra cahin-caha aux randonneurs chevronnés de tracer un bout de chemin honorablement parcouru ?
Sans grande ambition dans le contexte et avec les règles actuelles, sauf celle d’une inflexion d’activité légère mais bienvenue…
Et pourquoi ce pronostic ?
1- Parce qu’une dégradation accentuée ne paraît guère probable étant donné le niveau atteint par les curseurs actuels. On n’est plus à l’étage mais à l’étiage !
2- Et parce qu’un redressement net paraît exclu eu égard à la conjoncture en général et aux dispositifs gouvernant l’achat de résidence principale ou d’investissement locatif, pas assez puissants pour lutter contre la marée…
Il va donc falloir prendre son mal en patience et d’abord compter sur soi-même, sans désespérer d’un éventuel coup de pouce législatif, qui ne serait pas de refus ! 🙂
Ou même un coup de main ? Soyons fous… 😉
Résumons nous :
1- les statistiques ne sont pas avec nous, mais on s’en fout, elles sont d’abord le reflet du passé.
2- et il vaut mieux être seul que mal accompagné ! 😉
Bon, CRO va aller trafiquer son boulier magique et consulter les oracles.

Parce que des pronostics de CRO magnon… bas de plafond…
On en reparlera bientôt, mais pas avant une semaine.
Histoire de prendre du bon temps d’ici là ! 🙂
