Ce n’est pas une blague ; les banquiers adorent les promoteurs.
Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne s’en méfient pas, la confiance n’excluant pas le contrôle, comme chacun sait.
Mais le pouvoir de l’amour est plus fort que tout. Moins que celui des taux d’intérêt peut-être, mais ceci est anecdotique. 😉
Et l’intérêt… de cette histoire d’amour, c’est qu’elle dure autant qu’une épopée de vieux couple.
Avec des hauts et des bas, des moments d’incompréhension ou de tension, des reproches avoués ou contenus, mais toujours de l’amour… 🙂
Dans les affaires, ça fait du bien une affection sincère ! 😉
Imagine-t-on une opération immobilière sans banque ?
Un Laurel sans Hardy ?
Un Obélix sans Astérix ?
Un cassoulet sans saucisse ?
Un jour sans lendemain ?
Banquier et promoteur : un lien indéfectible !
Oui, oui, c’est souvent comme ça. Une relation suivie et nourrie du vécu commun.
Mais, quant à l’obligation d’avoir un banquier au menu, parmi les prestataires de service d’un programme immobilier, la réponse n’est pas un oui franc et massif.
Car il est possible de s’en passer. A contrecœur, certes, et avec un soupçon de buée au coin de l’œil. Mais c’est possible. 🙂
Car à quoi sert le banquier, pour le promoteur, dans le montage de l’opération immobilière classique (en vente en l’état futur d’achèvement) ?
A deux choses :
-
- à financer le projet
- à donner des garanties
- (et non, pas forcément à aller manger dans un resto 3 étoiles !)
Pour financer une opération de promotion immobilière, le schéma le plus fréquent est celui qui comprend des apports en fonds propres du promoteur (par exemple 10% du chiffre d’affaires TTC) et un découvert bancaire accordé par le banquier (déterminé par le prévisionnel de trésorerie du projet et avec un peu de mou par sécurité).
Dans l’absolu, il est possible de se financer autrement : un promoteur pourrait très bien envisager de tout financer sur ses fonds propres, ce qui limitera sa capacité à porter plusieurs opérations de front, ou à trouver un complément via des sources privées (crowd funding par exemple).
Reste le volet garanties.
Car la vente en VEFA oblige le promoteur à obtenir la fameuse GFA (garantie financière d’achèvement), sans omettre le fait que la négociation foncière implique parfois le recours à des cautions ou autres garanties de bonne fin (pour contre-garantir le propriétaire vendeur du terrain de la bonne exécution par le promoteur des engagements pris, comme la réalisation de travaux par exemple).
Mais, ô miracle, il existe là aussi une possibilité de contourner l’obstacle en ayant recours à des organismes spécialisés dans le cautionnement ou à des assureurs.
Le recours par le promoteur au banquier est donc une relation passionnelle et assumée ! 😉
Et dans la pratique, ça se passe bien ?
Mais oui, impeccablement bien ; comme l’illustre d’ailleurs ce petit échange entre nos potes de blog, Dimitri Sellektif et Gérard Menvussa… 😉
Dimitri : salut Gérard, ouh, mais comment t’es habillé, là ?
Gérard : salut Dimitri, ben, j’ai du ressortir du fond de mon placard mes vieilles fringues des années 90…
Dimitri : et pourquoi ? Elles sont revenues à la mode ?
Gérard : pas vraiment ; mais j’ai été obligé de revendre sur internet toute ma garde-robe récente. J’avais besoin de trésorerie urgemment.
Dimitri : hé bé, et quelle est la cause de cette urgence ?
G : il me fallait compléter mon apport en fonds propres, exigence de mon banquier
D : pour financer un de tes programmes immobiliers ?
G : c’est ça. Le comité a placé la barre un peu plus haut et il m’a fallu trouver une solution.
D : lequel de tes programmes, Gégé ?
G : « Les bijoux de la Castafiore » . Et ça m’a d’ailleurs donné une idée grandiose.
D : laquelle ?
G : ben, en plus de la vente de ma collection vestimentaire, j’ai laissé ma belle-mère en garantie…
D : hein ? Mais c’est un coup de génie, la connaissant ! Tu t’y es pris comment ?
G : ne te réjouis pas, c’est une manière de parler. Ils ont refusé de la garder.
D : pfffff, si on ne peut même plus compter sur son banquier pour rendre un petit service de temps en temps. 😉
G : en revanche, ils ont nanti ses bijoux de famille. C’est La Castafiore qui m’y a fait penser.
D : et avec ça, ton banquier est content ? Tu as pu conclure la négociation ?
G : oh, sans problème ! C’était la partie la plus difficile. Pour le reste, j’ai hypothéqué la maison, je lui ai prêté ma Ferrari, j’ai vendu un de mes reins et ma fille a promis d’épouser son fils…
D : oh, Gégé, t’es vraiment un génie ! Au moins, tout ça restera dans la famille !!!
Et voilà, c’est comme ça que ça (ne) se passe (jamais) entre un promoteur et son banquier en 2026.
En tout bien (immobilier) et tout (dés)honneur, bien entendu ! 😉
Tout est question de rapport de force, alors ?
Mais non, il y a un tantinet d’exagération dans le narratif.
Les promoteurs sont tellement bien armés pour aller au combat… 🙂

Et finalement, c’est bien ça la clé du succès. Etre magnifiquement préparé aux difficultés potentielles.
CRO bien préparé ? 🙂
L’avenir nous le dira.
Et dans une semaine, c’est déjà l’avenir.
Donc, d’ici là, préparez vous bien, on ne sait jamais ! 😉

