Que le logement et le logement neuf soient d’actualité, c’est un fait.
Que le sujet déchaîne maintenant les passions, c’est certain.
Que le gouvernement pousse enfin à la roue, c’est un juste retour des choses.
Que la politique énergétique du pays passe en mode marche forcée sur l’électrification des usages, c’est un tardif éclair de lucidité.
Et quand on conjugue tout ça : passion, éclair, électrification, on en conclut que le logement et singulièrement le neuf va devoir jouer un rôle (très) actif sur cette scène énergétique !
En déployant un engagement et une activité aussi débordants que ceux d’un hamster dans sa roue ? 🙂
Mais oui, il faudra bien ça pour griller les étapes ! Electrisant, on vous dit… 😉
Ben voilà, l’électricité met les gaz.
Et le gaz part. 😉
L’énergie faux cils, suivez mon regard, n’est plus en odeur de sainteté.
Le gaz, c’est sale, l’électricité, c’est propre.
Le gaz, on n’en a pas et l’électricité, on n’a besoin de personne (enfin, presque…) pour en produire.
Quand écologie, économie et indépendance énergétique sont au rendez-vous, tout le monde suit. Ou essaye ! 🙂
Le retour en grâce de l’électricité !
Votre serviteur, M. CRO, se rappelle encore de discussions à n’en plus finir, il y a de cela une grosse quinzaine d’années (ou à peu près, hein) avec des thermiciens et des représentants de l’administration centrale du logement, au détour des allées d’un congrès. L’époque de la naissance de la RT2012.
Et vous savez quoi ? (ben non, forcément, vous n’étiez pas là. Suspense… 😉 )
Hé bien, le gaz était paré de toutes les vertus de la terre.
Et l’électricité tenait le rôle du vilain petit canard.
Le symbole de ce manque de considération se reflétait dans le maintien du coefficient de conversion de l’énergie primaire en énergie finale à un niveau élevé pour l’électricité : 2.58.
Pour les moins avertis, cela signifie que pour 1 kw/h consommé, il fallait en produire 2.58 (à cause des déperditions, pertes sur le réseau etc).
Alors que, pour le gaz, mais aussi le fioul ou le charbon (toutes énergies très vertueuses…), le coefficient était de 1 (et l’est toujours), optimisme béat et abusif ne prenant pas en compte les déperditions de l’extraction et du transport par exemple…
Quoi qu’il en fut, imaginez un peu la tête des thermiciens et des maîtres d’ouvrage qui voulaient essayer de faire passer l’énergie électrique dans leurs calculs réglementaires… alors que c’était si facile pour le gaz.
La RT 2012 avait donc validé le maintien de ce coefficient de 2.58 en (dé)faveur de l’énergie électrique.
Alors que (…roulement de tambour…. 😉 ) la RE2020 a revu cette position pour le ramener à 2.30, ce qui change tout dans les calculs, d’autant que les pompes à chaleur ont maintenant bonne presse et que l‘électrification des usages à marche forcée rend à la fois irrésistible et inéluctable le basculement du gaz vers l’électricité pour le logement.
A noter, toutefois, une shadokerie,;-)
le passage du coefficient à 1.9 (valeur par défaut validée au niveau européen) au 1er janvier 2026, mais uniquement pour le calcul des DPE… et pas pour les calculs réglementaires liés à la validation des projets de construction neuve.
En résumé, on bonifie l’étiquette sans changer le contenu de la bouteille. Hips ? 🙂
Et de quoi s’agite-t-il ?
Il est vrai que le microcosme de la construction s’agite. Exit les chaudières gaz, et plus généralement le recours habituel à l’énergie gaz.
D’où l’émoi actuel de certains acteurs qui utilisaient ou promouvaient des solutions hybrides gaz et électricité, en raison de l’accélération soudaine des orientations gouvernementales.
Sur le fond, ce changement de pied (vivent les orteils frais ! 🙂 ) est cependant logique et bienvenu, le recours aux énergies fossiles étant négatif en termes de dépendance énergétique ou d’émission de gaz à effet de serre.
Reste à valider, au niveau de la programmation des projets immobiliers, l’impact du changement de cap et les solutions envisagées, parmi lesquelles principalement (liste non exhaustive) :
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- Panneaux photovoltaïques
- Pompe à chaleur
- Véhicule électrique
Les panneaux photovoltaïques ?
Pratique déjà consacrée sur le terrain, et appelée à se développer au rythme des incitations ou contraintes de PLU faisant plus souvent appel aux énergies renouvelables.
Par exemple, panneaux en toiture permettant de gommer en autoconsommation les besoins liés à la VMC ou à l’éclairage des parties communes, voire de l’ascenseur.
Les pompes à chaleur ?
Mais non, pas les pompes à Shadoks, on vous a déjà vus, les intellos !
Les pompes à chaleur avec un COP (coefficient de performance énergétique) élevé sont un réel progrès en termes de consommation, le COP étant l’indicateur du rendement de la pompe à chaleur.
A titre d’illustration, une PAC avec un COP de 4 produit 4 kWh de chaleur pour chaque kWh d’électricité consommé (on en paye 1 et on en a 4, mieux que dans les supermarchés !) . 🙂
Reste à arbitrer entre les PAC air-eau et air-air, mais ceci est un sujet à part entière, en termes d’usage et de confort !
Le véhicule électrique ?
Alors là… C’est un sujet plus impactant mais en voie d’amélioration. OUI !
Etant donné que le problème énergétique initial

a été résolu grâce au bon sens d’un énergétiCRO technicien visant à mettre en valeur des solutions bio et temps réel directement issues du monde du vivant !

Il suffisait d’y penser, pas vrai ? 😉
Bref, bref, bref (je sais, 3 fois bref, ça fait un peu long, mais bref quand même ! 🙂 ), le problème qui se posait était essentiellement celui du coût des solutions techniques (comment alimenter des places de parking privé en sous-sol sans perdre un bras ou un œil, et en laissant abordable et rapidement accessible le coût du raccordement pour le particulier et sa voiture électrique ?).
Et celui-ci est en passe d’être résolu, par exemple en remplaçant le chemin de câbles traditionnel par une « colonne horizontale » (l’équivalent d’une colonne électrique verticale traditionnelle desservant les logements, mais au sous-sol, à l’horizontale sous le plafond, et pour desservir les emplacements automobiles), le tout à des conditions financières enfin abordables.
Ce pré équipement permettant ensuite à l’occupant de se doter, à un coût raisonnable et sans autorisation préalable de la copropriété, de sa borne électrique (avec tableau + compteur Linky).
Un sujet subsiste néanmoins comme un caillou dans la chaussure ; le besoin supplémentaire de puissance électrique pour ce qu’on appelle les IRVE (installations de recharge de véhicules électriques) et l’éventualité de la création d’un transformateur électrique dans le cadre du programme immobilier.
Et là, la transparence / compréhension / calibrage du besoin et de la solution est loin d’être limpide à ce jour !
Peut-être va-t-il falloir faire appel à la Fée électricité ? 🙂 Allo ENEDIS ? 😉
Mais pour ça, on verra plus tard ; pour l’instant, on va profiter du joli mois de mai !
Et ça dure plus d’une semaine !
Qui nous verra patienter ensemble avec le sourire ? 🙂