Logement neuf : le compte est presque bon ?

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La petite musique des commentaires actuels sur les permis de construire tend à faire accroire que le secteur du logement neuf a retrouvé ses chiffres de logements autorisés d’avant COVID.

Ah.

Car le COVID serait le paramètre de référence ?

Et on aurait retrouvé un bon niveau d’autorisations de construire ?

Et ce niveau correspondrait aux besoins partout sur le territoire ?

Et conformément à une logique de développement durable ?

Mais c’est merveilleux alors ! 🙂

Sauf qu’on me susurre dans l’oreillette que ce n’est pas tout à fait ça… 😉

Un petit soupçon de trompe-l’œil ?

 

Ah, les oreillettes… Quoique délicieuses, il ne faut jamais abuser des oreillettes.

Car les stats, c’est pas du gâteau. Même quand on essaie de les sucrer davantage.

Pour leur donner plus de goût ? 🙂

L’état statique des statistiques ?

Quand on est acteur dans une filière, on est sensible à l’air du temps.
Et du tant.

Et quand on est promoteur actuellement, on sait que le foncier et les permis de construire, c’est l’aiguille dans la botte de foin. On les cherche…

Alors, d’accord, supposons qu’on soit (CRO) bêtes à manger du foin, quel besoin aurait-on de faire autant de foin pour se plaindre ? 🙂

Non, la vraie vie, c’est que le redressement annoncé des permis de construire n’en est pas authentiquement un. Hélas ! 🙁

Analogie foireuse : est-ce que le poisson rouge dans son aquarium se préoccupe de connaître la température de l’océan ?

Il ne croit pas à l’existence du thermomètre, le pauvre… 🙂

Un redressement fictif, alors ? Oui. Comment s’en persuader ? Facile.

L’INSEE a sorti très récemment les stats des logements neufs à fin septembre.

« Les stats, c’est moi » aurait un jour dit Louis XIV après un séjour un peu trop long au soleil.  😉

CRO Roy de France

Et après avoir probablement mangé trop d’oreillettes, puisque les conseillers de l’époque n’en étaient pas équipés !

Et c’est pareil pour CRO (oui, il aime aussi les oreillettes ! 😉 ), hypersensible du chiffre pour qui les « stats sèment l’émoi » !

C’est d’ailleurs curieux que les séries… de chiffres n’aient pas la côte sur Netflix, alors que leur interprétation tient parfois du grand spectacle. Et de la comédie ? 🙂

Bref, que nous disent réellement les derniers chiffres ?
Dynamiques ou statiques ?

Excel lent ou médiocre ?

Voili voilou le dilemme ; est-on en voie de rétablissement confirmé ou entre deux eaux ?

Le tableau excel que voici est une série établie par l’INSEE, qui donne mois par mois (entre décembre 2000 et septembre 2021) le nombre de logements autorisés (en cumul sur 12 mois).

CRO lui a juste – malicieusement et innocemment, bien sûr 🙂 – ajouté une colonne pour calculer la part du logement individuel dans le total, afin de lui donner un peu plus de texture… 😉

Que nous dit donc cette série (chacun pourra se l’approprier en la consultant rapidement) ?

Une lecture superficielle semble indiquer une reprise avec 464 000 logements en septembre 2021 contre 401 500 un an plus tôt, ou 458 200 en février 2020, juste avant le COVID.

Donc oui, la dernière fournée mensuelle indique le retour au volume d’avant COVID.

Sauf que… le problème de raréfaction des permis était déjà là à cette époque car nous en avons déjà souvent parlé ensemble (dont là par exemple) et que la posture électorale (tellement sincère…) d’une bonne part des signataires des permis de construire que sont les maires avait alors, et depuis près de 2 ans déjà, fait des dégâts dans les chiffres.

Ainsi, octobre 2017 était la référence la plus haute avec 499 200 logements autorisés pour la période récente (les 605 500 de novembre 2006 n’étant plus qu’une fragrance douloureusement nostalgique…), soit un niveau sensiblement supérieur aux chiffres les plus frais (avec 464 000 on est encore très loin du coup de chaud ! 😉 ).

Mais n’en restons pas là car il y a une dimension et une lecture encore plus contrariante en termes d’interprétation.
Interprétation sans chiqué ni cinéma, hein ? 🙂

On se la joue collectif ou pas ?

C’est la fameuse petite colonne verte rajoutée par CRO (colonne G du document) qui fait apparaître le poids du logement individuel dans les logements autorisés.

Une petite colonne qui fait son intéressante ? C’est ça ! 🙂

Dans les années 2000, la part de l’habitat individuel dans les chiffres globaux était de l’ordre de 60 %, pour ensuite faiblir continuellement jusqu’à atterrir dans les eaux des 50% entre 2006 et 2011.

Cette proportion de maisons a ensuite repris sa lente décrue jusqu’à un point bas de 38.79 % en mai 2018, ce qui est tout à fait dans l’esprit du développement durable et des aller-retours de la phraséologie ministérielle récente 😉 . Youpi !?

Sauf que… rebelote… encore un os dans le potage !

Depuis cette date, certainement par un effet balancier très naturel… 😉  l’individuel s’est refait une santé statistique au point de représenter 44.74 % des autorisations en septembre 2021.

Oh, le vilain chiffre que voilà, oh la tendance indigne qui pique les yeux…
Comment ? On ne serait pas déjà en train d’économiser le foncier ? On continuerait de plus belle à consommer la campagne ?

L’amélioration conjoncturelle dont on se félicite serait donc le fait de l’ennemi déclaré ? L’individuel…

Triste vérité qui fait 2 fois mal.

1- Les zones tendues, celle où le logement collectif constitue le gros des troupes, restent en déshérence quantitative et 2- l’habitat individuel prospère en zone périphérique ou « rurale » et masque le problème urbain en le noyant dans des chiffres globaux moins faméliques.

Parce que, quand même, si vous vous amusez à faire l’addition, en valeur absolue, des logements collectifs autorisés, vous constatez quoi ?

Que le niveau actuel de 256 400 est très loin du point haut récent d’octobre 2017 (304 500), date à laquelle les élus locaux ont commencé à serrer la vis sur la délivrance des permis en zones urbaines tendues.
On vous l’avait annoncé, pas vrai ?

Révélateur, non ? 🙂

En résumé : on vient tout juste de retrouver le niveau global d’autorisations d’avant COVID et on est encore loin de faire des performances là où sont les besoins les plus criants.

Pire, ce niveau n’est atteint qu’à la faveur d’une remontée des chiffres de l’individuel qui n’est pas écologico-friendly, à l’encontre de toutes les dernières orientations stratégiques, et aucune solution ou amélioration n’est en vue là où sont les problèmes réels en termes de besoin et de renouvellement de l’offre.

Et ne parlons donc pas de reprise, ni de reprise qualifiée, dans ces conditions !

Ooohhh ! Mais c’est super alors, car tout reste à faire ! 🙂

C’est si bon de savoir qu’on est au cœur de l’actualité et qu’il va y avoir de l’action ! On en frémit d’avance. 😉

Déjà entre la commission Rebsamen et le Pinel +, on se sent tellement en confiance, avec les mesures en préparation, qu’il n’y a aucune raison de stresser.
Ni de se faire des cheveux. 😉

CRO en tresses
Oh ! Des cheveux ! Et blonds en plus ! Statistiquement très improbable, pourtant !!!

Ni d’envoyer des signaux de tresses ?

Oups, des signaux de détresse, pardon ! 😉

CRO en détresse

Ah, béh, oui, c’est sûr, c’est moins glamour le signal de détresse capillaire ! 😉

On se sent tout de suite à poil du cortex et vulnérable du bulbe rachidien…

Mais n’oubliez pas, M. CRO, le vrai bonheur, c’est que les statistiques sont favorables !

Si on veut bien y croire, of course…

Mais nous, on est tellement gentils par ici qu’on est prêts à croire à tout !
A condition d’en être sûrs ! 😉

Allez, oubliez un peu les stats et ne vous faites pas de cheveux.
Laissez le signal des tresses à CRO.

 

Et passez une bonne semaine !
En dormant sur vos oreillettes… 😉

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