Dans le troupeau, y a que des bêtes ?

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Mais non, pas que des bêtes !

Y en a aussi des très très bêtes ! Et des un peu moins.

Ainsi va la vie dans le monde merveilleux de l’immobilier.

Et dans la cour des miracles du moment de la promotion immobilière ?

Aussi, aussi… Mais on ne fait pas tous les jours des miracles ! 🙂

Les comportements individuels sont hélas assez souvent le reflet d’une opinion plus communément grégaire.

Et l’esprit moutonnier convient bien aux brebis égarées ! 😉

 

Il faut dire, pour défendre un peu les inclinations laxistes de la nature humaine, que la conjoncture est une vilaine fille qui ne facilite pas les choses.

Alors que tout le troupeau aspirait, sans se remettre en question, à retrouver l’herbe tendre du redoux d’activité, patatras…

Un vilain coup de froid venu de l’est amène avec lui inflation, hausse des taux de crédit et flambée des prix de revient.

Mêêêêêêêê, mêêêêê, si c’est plus dur, on fait comment alors ? 🙂

La faute à pas de chance ?

Cette vilaine bise n’a rien d’affectueux, elle qui refroidit actuellement le climat économique dans le neuf (mais pas que ?).

Qui aurait pu prédire la bêtise d’un potentat oriental aussi versé dans la démocratie qu’un poisson rouge dans un verre de whisky ?

Une guerre est donc venue rebattre les cartes, c’est vrai.

Mais le passé nous a déjà instruit que les cartes pouvaient être régulièrement rebattues et de singulières manières.

1- Dans les années ’90, l’invasion du Koweit avait déjà fait des dégâts dans les rythmes de vente.

2- Puis à l’orée des années 2000, l’explosion de la bulle internet, itou.

3- Tout comme l’accident de 2008, du à la crise des subprimes et au génie malsain de M. Madoff.
(on oubliera l’autre génie malsain, mais plus ordinaire, du dispositif Duflot, prédécesseur du Pinel, qui avait aussi creusé un joli petit trou de 2012 à 2015 dans les volumes de logements neufs).

Bref, quelle qu’en soit la cause, souvent imprévue, la potentialité de l’imprévu est, elle, parfaitement prévisible puisque survenant à intervalles relativement rapprochés.

Un ciel ne reste jamais trop longtemps parfaitement sans nuages et les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, ce qu’Excel (et ceux qui lui vouent une adoration sans bornes) ignore trop souvent ? 🙁

Donc, la seule faute à « pas de chance » ?
Pas tout à fait.

Il est vrai que se raconter des fables, pour avoir envie d’y croire, est tellement rassurant ! 🙂
Tiens ! Et si on s’en payait une tranche ?
En détournant un peu l’histoire de Perrette la laitière ? Chiche ! 🙂
(avec l’aide d’Olaf Fontaine, bien sûr, les fables d’Olaf Fontaine, on en a déjà commises plusieurs sur ce blog !) 😉

Le laitier (*) et le Pot Olé
(* hé, oh, ça va, hein, on ne va pas critiquer les dames pendant des siècles ! 😉 )

Pierrot en sa tête ayant un peu de foncier,
Bien calé en plan financier,
Pensait débouler sur tel permis de construire.
Costard alpaga, petite foulée sympa,
Aucun péquin rôdant alentours pour lui nuire,
Chemise à fleurs et beaux appâts.

Notre trader ainsi fringué,
Calculette à touches pressées,
Combien de logements et de si bel argent,
Un bénéfice de bœuf, à faire rêver,
Sûr de sûr, fini l’affreux statut d’indigent.
Battre monnaie d’or dur tranquille,
Devenir magnat local de la construction,
Les concurrents sitôt débiles,
Impuissants à contrer mon intronisation.
Le prochain immeuble tel un beau mur du son,
Pas cher à franchir, peu de ciment et de sable,
Et facile à bien vendre, au doux son du camion,
Pour réinvestir en locaux indispensables,
A vil prix siège social et clinquants bureaux,
Dévoilés à grand bruit pour fêter le héros !

Pierrot glisse illico, calculette éclatée,
Explosant derechef son bilan financier,
Foutue conjoncture et prévisionnel maudit,
Châteaux en Espagne perdus,
Monsieur banquier, plus un radis ?
Passer encor’ pour un trou du…
Promoteur sans crédit, c’est laid.
Et lâché par ses potes, Olé !

Pour le reste de la fable, la morale de l’histoire, tout le monde la connait.
Que l’on parle de pot au lait, de poteau laid ou de potes Olé, il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir fumé, ni se voir plus beau que l’on n’est… 😉

Regarder plus loin ?

Pour éviter de se prendre les pieds dans le tapis conjoncturel, il faudrait déjà commencer par regarder plus loin que l’instant présent et le très court terme.
Et avoir l’envie (et la raison) de le faire.

En ce qui concerne les moyens d’y arriver, on a déjà une petite idée, tirée de la tradition. Voire même un peu CRO traditionnelle ? 🙂

L'échasse gardée d'un troupeau préhisto...
Ben oui ! C’est bien le berger qui guide le troupeau, pas l’inverse !

Bon, d’accord, pour regarder plus loin que le bout de ses pieds, c’est mieux si les pouvoirs publics donnent le LA.

Mais quand ils ne sont vraiment pas Là au rendez-vous, on fait comment ?

On met un cierge pour eux (et nous…) et on cultive son jardin à son petit niveau, en essayant de s’élever avec des échasses. Et une longue-vue ! 🙂

Dans l’immédiat, la tyrannie du court terme impose à chacun de faire au mieux avec les moyens du bord.
En se posant la question la plus lancinante : celle du temps, combien de temps, quand, quelles perspectives et à quel horizon ?

Et là, indépendamment de la conjoncture et du talent (ou de la chance) de chacun pour faire face, il faudra quand même remettre l’église au centre du village.

Quelle volonté publique, quelle vision, quelle politique du logement, quels objectifs qualitatifs et quantitatifs et donc IN FINE quelles règles du jeu et quels moyens ?

Il va être temps de ressortir les échasses et la longue-vue, non ?
Et le béret ? Oui, oui, le béret aussi, en tant que français, il ne faut pas au béret l’avenir, vous le savez bien ! 🙂

 

Et pour cette semaine ?
On prend le parti d’en rire, avec les potes… Olé ! 🙂

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