Qui peut le PLU veut le moins ?

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Il y a, de temps en temps dans la vie  d’un promoteur, des réunions qui vous laissent, sinon pantois, tout au moins très dubitatifs sur l’état d’esprit de ceux qui les animent.

Prenons, au hasard (sachant que celui-ci fait toujours très bien les choses, hein ? 🙂 ) et sans faire exprès, donc, l’exemple d’une collectivité faisant un dernier point auprès des professionnels avant de valider officiellement son PLU (ou son PLUi-H).

Notons au passage l’autre hasard factuel du calendrier, la proximité des élections municipales, et la nécessité de concilier un document d’urbanisme efficace, moderne et un consensus de place entre politiques, professionnels et population (autant que faire se peut).

L’idée sous-jacente est probablement qu‘on ne va quand même pas faire de vagues quand tout le monde a si bien travaillé ? 😉

Ah, et pourtant, comment faut-il réagir quand l’histoire qu’on vous restitue ne correspond pas tout à fait au scénario attendu et négocié durant des mois ?

Et que la capacité à faire du PLU penche bien davantage vers le moins que vers le plus ? 🙁

 

Tout le monde sait ça. Nous entrons dans un monde de la frugalité.

Il faut économiser les ressources, la matière, le foncier, rehausser le curseur de l’efficacité vertueuse. C’est dit. 🙂

Et ce qui est demandé aux nouveaux documents d’urbanisme est de mettre en musique la partition de l’écologie du bon sens ; donc intensifier la ville dans les zones urbaines en tension, pour ne pas consommer inutilement les ressources foncières disponibles.

Là, on est sur la tendance historique officielle, théorie validée mais qui rencontre apparemment quelques difficultés dans sa traduction pratique

Mince alors, encore un hasard ! 😉

PLU tu en demandes, moins tu en as ?

Aïe, mais c’est ça quand on est exigeant, rigoureux, sincère et optimiste.

On en demande, on en redemande, et on y croit ! 😉

Sauf qu’un dialogue, ce ne sont jamais que des mots échangés que tout le monde ne comprend manifestement pas (ou ne veut pas comprendre ?) de la même manière…

Tiens, écoutez un peu nos deux potes « innocents » , les bien nommés Dimitri Sellektif et Gérard Menvussa ; vous serez édifiés par autant de spontanéité ! Et de compréhension immédiate des problématiques ? 🙂

Dimitri : tiens, mais qu’est-ce que tu fais là, Gérard ?

Gérard : j’essaie de démêler mes pensées

Dimitri : pourquoi, tu t’es fait des nœuds ?

Gérard: ah non, hein, ne me traite pas de tête de nœuds, c’est pas de ma faute si j’en peux PLU !

Dimitri : mais plus comment, pourquoi, mon Gégé,  « quis, quomodo, quid » , tu en perds ton latin ????

Gérard : fais un effort, Didi, j’ai pas dit « plus » mais « PLU » !

Dimitri : admettons, ok, et qu’est-ce qui te met dans un tel état ?

Gérard : ben, c’est le projet de PLU. Plus il y a de PLUs et plus il y en a moins !

Dimitri : attends, attends, j’essaie de suivre ; il y en a moins par rapport à plus ou moins par rapport à avant qui aurait du être moins ?

Gérard : euh… moins ? en tout cas, moins qu’avant et moins que ce que cela aurait du être.

Dimitri : et tu peux détailler un peu ta réflexion ?

Gérard : d’abord, il y a la ligne de métro

Dimitri : mais c’est très bien ça, le métro ; un transport en commun rapide, la mobilité facilitée, la nécessité de densifier la construction autour des axes et des stations, ça doit te rendre heureux, non ?

Gérard : ça aurait pu. Mais non. Vu qu’ils n’ont pas mis en place les règles et les zones qui auraient pu le permettre. Il parait que ça sera fait pour la prochaine modification. Mais dans 3 ans. Au mieux et sans garantie puisque ce n’est qu’une promesse et une prévision.

Dimitri : bah, ce n’est que partie remise, mon Gégé ! Faut voir le positif ! Ils ont du assouplir les autres règles pour compenser, en attendant, non ?

Gérard : comment tu dis, déjà ? Assouplir ? Ou rendre tout beaucoup plus difficile et arbitraire ? Imagine un peu : ils considèrent qu’il faut au moins 2.20 m de hauteur sous plafond pour ne pas être en combles.

Dimitri : mais tu t’en fiches ! Avec la pente de la toiture, tu les auras vite tes 2.20 m !

Gérard : ah mais non, ils ne le voient pas comme ça ! Si tu n’as pas tes 2.20 m au droit de la façade, tout le niveau est considéré comme un comble, et ils interdisent un logement totalement en combles !

Dimitri : eh bien, tu feras des duplex !

Gérard : pffff, terminées, les maisons sur le toit qui étaient si prisées et qui ne gênaient personne ! Et en plus, les duplex, avec cette histoire de logements traversants…

Dimitri : c’est à dire ?

Gérard : ils veulent imposer une certaine quantité de logements traversants et évoquent une histoire de seuil, mais sans le quantifier. A la gueule du promoteur ou du projet, quoi ! Sans compter le risque de recours des tiers du fait de cet arbitraire… Et pour faire des duplex traversants, tu vas pouvoir te lever tôt, vu qu’ils refusent de considérer les velux comme une ouverture légitime pour ventiler ! Ils veulent des fenêtres verticales !!!

Dimitri : des fenêtres verticales dans un dernier niveau qui serait considéré comme un comble quand la hauteur de plafond au droit de la façade est inférieur à 2.20 m ? Mais ils vont faire comment ?

Gérard : mais ils s’en foutent, mon Didi, c’est pour faire semblant puisque ça incitera à ne pas faire justement ! Et ça les arrange !

Dimitri : attends, attends, résumons nous. C’est donc un PLU qui diminue la densité un peu partout avec des règles mortifères et qui décale volontairement de plusieurs années la densification le long d’un transport en commun cher à construire ?

Gérard : c’est un assez bon résumé, avec des questions du style : sont-ils bêtes à ce point ? Prennent-ils les professionnels pour des truffes ? Pensent-ils que leur PLU ne sera pas attaqué en contrevenant de manière aussi évidente à l’objectif de densité ? Ou bien tout ceci n’est-il que très secondaire au regard des élections municipales ?

Dimitri : allons, allons mon Gégé, tu t’emballes, tu affabules, tu te fais du mal ! Mais non ! Rien de tout ça ! Prends un peu de recul…

Gérard : oui ?

Dimitri : tu vas pouvoir te reposer ! Tu arrêtes la prospection foncière, tu ne déposes plus de permis de construire et tu te ressources ! C’est ça l’économie de ressources des décideurs publics ! Faire notre bien ! Nous tendre la main en nous forçant à lever le pied !

Gérard : ah, mon Didi, mais tu me sauves, je ne l’avais pas vu comme ça et je me posais trop de questions. C’est dingue comme on peut se tromper en analysant tout au premier degré… 😉

Les enjeux : une histoire d’échelle ?

C’est toute la subtilité d’appréciation d’une situation.

Subjective, objective, relative ?

Et toute la difficulté à juger de la priorité d’un objectif sur un autre.

Sur quelle échelle se situe-t-on : échelle de temps, de moyens, de rapport de force ?

CRO et la fourmi géante : une histoire d'échelle
Euh, pardon madame la fourmi, toute échelle oubliée, on pourrait peut-être négocier ?…

Pauvres petits êtres insignifiants que nous sommes avec notre activité de fourmi… 🙁

A si petite échelle. Et à la non moins petite semaine…

 

Allez, plus que 7 jours avant la prochaine ! 😉
Prenez bien soin de vous d’ici là !

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