On nous a tellement raconté d’histoires, dans le logement neuf et depuis des années, qu’on a fini par s’habituer à les entendre.
Et à anticiper la prochaine argumentation foireuse visant à déconsidérer, au choix, soit l’acte de construire, soit une profession entière, soit un dispositif financier ou fiscal.
Tout ça, on l’a déjà vécu, y compris la concentration de l’opprobre sur l’immobilier, avec l’IFI succédant à l’ISF. Suivez mon regard ?
Le résultat en a été ce que tous les bons professionnels lucides avaient annoncé : un repli massif de l’activité et du nombre de logements produits, tant sociaux que privés.
C’est là qu’on saisit la nuance entre balivernes et fables. 🙂
A moins, peut-être qu’une fable affable ?… 😉
Préambule (de savon ?) : le mouvement de retrait vers la marée basse de l’activité commerciale du logement neuf n’est pas totalement terminé, à en croire l’ambiance commerciale de ce cœur d’été, malgré la mise en œuvre du dispositif Jeanbrun.
Le moment d’inflexion (le point bas ultime, quoi) n’est certainement plus très loin, mais mériterait un point d’appui pour espérer un rebond ; comme un recalibrage paramétrique des curseurs du Jeanbrun et un coup de pouce en faveur de l’universalisation de la TVA à taux réduit pour les accédants à la propriété modestes ?
Affabulation, puisque l’on croit savoir que le tempo de la sphère publique n’est pas au traitement d’urgence en la matière… 🙁
Les fables de la loi ?
Au fil du temps, communication institutionnelle aidant, il semble que les tables de la loi cèdent le pas aux fables de la loi.
Dans ces conditions, autant en réinterpréter nous-mêmes, peut-être ? 🙂
En reprenant à notre compte (de faussaire), et en utilisant un pseudo de bon goût ( 😉 ), une fable maintenant contée par Olaf Ontaime ! (l’équivalent scandinave de Jean de …).
Parce que, c’est bien beau de vivre une époque aussi baroque et contrastée, mais la narrer en se marrant, c’est aussi bon que se marrer en la narrant ! 😉
Et réciproquement… Quasiment fabuleux, quoi ! 🙂
Allez, c’est l’heure du repas ; on passe tous à fable !
Et on remercie Renard qui, pour une fois, ne joue pas de tour de cochon à M. CRO beau… 😉
M. CRO beau, promoteur engagé prenant un air dégagé du haut de son arbre, branche résidentielle, bien sûr ! 😉
LE CRO BEAU ET LE RENARD
Maître CRO beau, sur son arbre perché,
Tenait pour acquis ses étages.
Maître Renard, par ce Sieur intrigué,
Lui dit tout net sans formatage :
« Hé, bonjour, Monsieur le CRO beau,
Comme vous êtes perché, et que frimez bien trop !
Sans mentir, si votre village
Est autre qu’un bête mirage,
Maisons Phénix, c’est vous et toutes en petit bois ! »
A ces mots, le CRO beau pleure son désarroi.
« Comment, pareille image et moi ?
A l’heure où le réel me fait porter la croix ? »
Renard prend pitié et lui tend un jambon beurre,
« CRO beau, Monsieur le Promoteur,
Relancez vos maigres ventes en route,
Stockez enthousiasme et chiffre d’affaires en soute ! »
Sieur CRO beau, surpris et ému,
Bénit Renard de l’avoir si bien entendu…
Ah, ça fait un bien de ouf de se sentir soutenu par un animal d’ordinaire si soupçonneux ! 🙂

Un renard dialoguant avec un promoteur, ça c’est de la fable contemporaine ! 😉
Mais ça ne suffit pas à modifier la réalité, juste à la moquer…
La posture d’imposture du promoteur
Avec cette conjoncture longuement décroissante, le décalage est de plus en plus grand entre l’image grand public des promoteurs et la réalité de l’instant.
On découvre ainsi dans la presse que NEXITY a fait le pire premier semestre de son histoire.
Un hasard, ou le simple reflet d’un moment historique par la durée et l’intensité de la crise du secteur ? (réponse : hypothèse 2)
Et pourtant, les promoteurs sont vus par le grand public comme des acteurs riches, puissants et en bonne santé, avec de belles marges.
Encore une fable ! Car l’époque bénie disparue des taux d’intérêt proches de zéro, les aléas (tous négatifs) qui se sont multipliés depuis 2020 et les décisions ineptes des décideurs publics (tant techniques que politiques, sans prendre parti) ont mis à mal tout l’éco système de la filière du neuf.
Avec un arrêt sur image contraire à celles d’Epinal :
– des promoteurs moins nombreux
– plus fragiles
– des marges faméliques et incertaines, extrêmement volatiles entre Excel et le résultat à livraison
– une grande difficulté à lancer malgré tout des programmes en chantier
– et des perspectives calendaires aussi incertaines que les voies et moyens qui pourraient être engagés pour relancer la machine.
En résumé, rien ne va et on ne sait pas comment ça ira, ni quand, ni dans quelles proportions.
Une vraie histoire pour super héros qui ne manquerait pas de piquant ?
Comme un dard de ville ? 🙂 Glups.
Faut pas se moquer des handicapés ! 😉
Nous progressons ainsi et sans conteste (…) à grand pas dans la direction d’une visibilité et une anticipation indispensables aux métiers à cycle long comme ceux de la production d’immobilier neuf.
Un régal. Pour les amateurs d’aventures au long cours ! 🙂
Oups, pardon, erreur de référence.
Encore un décalage entre le réel et l’imaginaire… 😉
Bref, l’imposture, c’est la posture du promoteur tout puissant, comme conséquence de la fable officielle de Bercy (et autres lieux de pouvoir) qui voulait faire croire qu’en ôtant tout soutien au secteur, les prix allaient fortement baisser.
Vu que les promoteurs se gavaient. Forcément, vu leur image… 🙁
Incompétence crasse, alors que ce sont les volumes produits qui s’effondrent, parallèlement à l’économie du secteur, aux pertes d’emploi, aux recettes de TVA et d’IS qui s’évaporent etc.
Au fait, une fable, ce ne serait pas d’abord une histoire qu’on se raconte et à laquelle on a envie de croire, en inventant une morale qui n’est peut-être pas vraiment conforme au réel ?.. 😉
Si ? Ouf, nous voilà rassurés ! 🙂
Au moins jusqu’à la semaine prochaine. Et à ses probables affabulations !
Prenez le temps de profiter quand même ; ça aide ! 🙂

