Les promoteurs sont des chiffes molles. Forcément.
Vu que, quand on est mou alors que les chiffres sont durs, c’est qu’un gros coup de mou nous a mis dans le dur.
Les chiffres durs font donc les chiffes molles. CQFD. 😉
Parce que les chiffres (des ventes) ne sont pas mous du tout ; c’est même l’inverse, ils sont très durs avec les professionnels.
C’est en tout cas ce que révèlent les statistiques du 2ème trimestre 2026, au grand dam de tous ceux qui espéraient avoir touché le fond. Au singulier.
Mais quand le fond fond et se dérobe, le fond s’enfonce, comme les portes ouvertes.
Qu’on n’a plus besoin d’enfoncer puisque le constat est limpide ?
Oui, oui, on pourrait aussi se laisser aller à penser – en divaguant – que c’est parce que les promoteurs sont des chiffes molles et ne sont pas assez combatifs ou imaginatifs que les chiffres sont durs.
Question légitime ? 🙂
Peut-être, car en l’absence de toute mesure forte en faveur de l’accession à la propriété et avec un calibrage hyper minimaliste du dispositif Jeanbrun, n’ont-ils pas été pris pour des Jeanblond jambons ? 😉
Bref, l’époque est tout autant aux constats (sévères) qu’aux interrogations (existentielles)…
Et le deuxième trimestre 2026 fut…
Ben, il fut. Médiocre. Paix à son âme. RIP. 🙁
Pour vous en persuader, un petit peu de lecture par ici avec les statistiques FPI du 2nd trimestre 2026.
Les données collectées par la Fédération des Promoteurs Immobiliers de France ne permettent pas de douter trop longtemps.
Pour résumer un tableau passablement noir, disons que :
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- les mises en vente de logements neufs sont à la fois à un niveau historiquement très faible et en retrait de presque 18 % par rapport au 2d trimestre 2025, à 18 740 unités (et tendance identique pour le 1er semestre dans son ensemble à 32 483 unités)
- le chiffre des retraits (appellation pudique synonyme d’abandon de programme, très souvent…) s’améliore un peu à 14 %, ce qui est plutôt logique puisqu’on lance moins de programmes, avec une sélectivité initiale accrue (aidée par les exigences bancaires de pré commercialisation et le retour d’expérience sur d’autres lancements peu fructueux ?)
- mais le clou (non, pas sur le cercueil 🙂 ) du spectacle est la débandade des réservations trimestrielles avec une gamelle monumentale de – 23.6 % pour un plus bas historique absolu de 19 356 unités, loin, loin, loin en dessous des références les plus récentes des années 2023 à 2025 qui affichaient laborieusement 25 à 26 000 réservations quand même !

- dans cette Bérézina de la campagne de Roussi (ben oui, quoi, ça sent le roussi, pas le russe ! 😉 ) il faut noter que l’accession à la propriété est en baisse sévère (incertitudes de conjoncture, prix, taux d’intérêt) alors que les ventes aux investisseurs privés rebondissent légèrement
Sur ce dernier point des ventes à investisseurs, il y a les optimistes et les pessimistes :
– les optimistes disent que 13.4 % de progression, c’est super et que ça marque le début d’un rebond plus solide porté par le Jeanbrun en particulier, qui faisait là ses premiers pas et devrait acquérir davantage de notoriété (et donc de volume)
– tandis que les pessimistes pointent le fait qu’une variation en pourcentage sur un chiffre aussi faible en valeur absolue (3 427 unités) ne signifie absolument rien, d’autant que l’année dernière le Pinel était mort et qu’il n’y avait rien d’autre pour le résidentiel classique, l’avènement du Jeanbrun ne venant créer qu’une écume non significative en l’absence de recalibrage indispensable de ses différents paramètres…
Bref, on verra bien dans les mois qui viennent, mais il nous faut confesser que CRO, le trimestre dernier, avait fait preuve d’un optimisme a posteriori béat en osant susurrer que l’étiage avait été atteint. Mea maxima culpa ?
Mouais, erreur d’un bon étiage et on est ainsi directement passés du RDC au sous-sol. 🙂
Et on va continuer à creuser ? Ou pas ?
Et tout de fuite, on dit quoi ?
Hum, tout de fuite, c’est la fuite en avant, c’est ça ?
Avec un 3ème trimestre qui sera sans doute bien riquiqui avec juillet-août au milieu et une ambiance de rentrée pas top, plus des taux d’intérêt à la hausse, on ne devrait pas battre des records et le bilan commercial de l’année se jouera sur le 4ème trimestre.
Dernier trimestre qui sera certainement colonisé par les disputes entre candidats à la présidentielle et peu propice à un rebond des réservations (qui auraient besoin d’un critère objectif de type accession à la propriété avec tva à taux réduit ou Jeanbrun recalibré) extraordinairement peu probable eu égard au contexte budgétaire et à l’incapacité chronique de Bercy à voir dans une relance du secteur de la construction une contribution positive aux comptes de la nation…
Ahlala, CRO se prendrait presque à rêver de perturber le bel ordonnancement du bal des présidentiables avec des défilés de grues, de tractopelles, de semi-remorques et de toute une armée d’engins à chenilles.
Y pas que les paysans qui ont du matos ! 🙂
Au moins, avec des chiffres toujours aussi durs on aurait des chiffes un peu moins molles ! 🙂
Et on gagnerait nos lettres de noblesse…
Des chiffes et des lettres, là ça aurait de la gueule !
Et les comptes seraient bons ? 😉
Alors, petit préalable, on est bien d’accord que, pour montrer ses muscles, il faut en avoir… (des muscles, hein)
Et bien les entretenir, avec des pros.

Bon, il est donc temps de faire passer le massage aux autorités. Il n’y a pas que des chiffes molles dans la construction ! 🙂
Il y a aussi des victimes. Expiatoires ?
De toute façon, cela n’a que très peu d’importance ; on est tellement détendus après un bon massage…
On tiendra bien 7 jours de plus.
Sans forcément passer entre les pattes du kiné ? 😉