« Dites le avec des fleurs » . Qui n’a jamais entendu cette aimable suggestion comportementale ?
Et il est vrai qu’il est beaucoup plus sympathique de partager une opinion avec des fleurs plutôt qu’avec des mots fleuris.
Un peu de douceur et de délicatesse dans un monde de brutes, cela ne peut pas nuire !
Les promoteurs, à l’occasion de la publication des chiffres (mortifères) du 3ème trimestre 2025, ont donc choisi leur végétal de référence.
Pas la marguerite, effeuillée depuis bien trop longtemps.
Ni la rose, qui n’est plus en odeur de sainteté.
Mais la chrysanthème, dans le sillage de la Toussaint et en pleine harmonie avec la conjoncture, c’est top !
La crise du logement, c’est un thème tellement porteur… 🙂
Les conversations entre promoteurs sont, depuis un certain temps maintenant, une source de réjouissance assez limitée… pour les promoteurs. 😉
Ce n’est pourtant pas faute d’éructer, pour exorciser le mal qui frappe la profession.
Ou de vouer aux gémonies les esprits irresponsables qui pilotent (ou pelotent ?) la très fantomatique politique du logement.
Mais parler, crier ou se plaindre, quand vous n’êtes pas / plus / pas encore / pas vraiment / écouté, quel en est l’effet sur l’amélioration de la météo logement ?
Un vrai temps de Toussaint et la fête de la crise en thème !
Des illusions enterrées
Et désillusion confirmée !
C’est marrant comme on se rappelle de bribes de discussions lointaines quand la situation vient à changer. 🙂
Comme, par exemple, les avis des uns et des autres sur la permanence du soutien à la construction via un dispositif d’aide à l’investissement locatif.
Sur l’air de « pffff…. Il existe des dispositifs depuis les années 80 sans discontinuer ; c’est bien que les pouvoirs publics sont conscients que, sans béquille, les volumes de production de logement neuf vont s’évaporer ! » .
Et il est vrai, que ce raisonnement, factuel et sensé, faisait le pari qu’une autorité rationnelle et soucieuse d’efficacité – tant sur le plan économique que sociétal, loger les ménages – ne pouvait pas décemment faire l’impasse sur une réalité aussi évidente.
Au risque de se tirer une balle dans le pied.
Et, ils auront peut-être raison sur le long terme mais l’historiette récente leur a donné tort.
Ils ont préféré se tirer une balle dans le genou. Ou dans les deux…
Bref, alors que même François Hollande avait fini par désavouer Cécile Duflot (pour remplacer le Duflot par le Pinel), les pouvoirs publics ont pris leurs idées dogmatiques pour des réalités.
En tapant très fort sur les promoteurs et en privant le marché de tout soutien budgétaire, les professionnels allaient forcément baisser les prix, arrêter de se gaver et tout allait in fine rentrer dans l’ordre.
Et il est vrai que de plus en plus de promoteurs (crise de vocation, sans doute ? 🙂 ) songent à rentrer dans les ordres… 😉
Mais dans le désordre.
En revanche, pour la compréhension de l’écosystème de production du logement neuf, les donneurs de leçons (ministériels, notamment …) ont abondamment prouvé leur crasse incompétence. 🙁
Contrairement au marché de l’ancien, ou le prix négocié est un prix de convenance entre les parties (moins cher que le neuf, et surtout assez souvent décorrélé du prix de revient historique par le biais du temps qui passe), dans le neuf le prix de vente est d’abord un prix de revient auquel on ajoute une marge.
Marge avant ou marge arrière ? En arrière toute !
Cette (subtile ? 🙂 ) différence explique très simplement le manque d’élasticité du neuf quant aux prix de marché qui ne peuvent tout bêtement pas baisser durablement dans la mesure où la reconstitution d’une offre doit respecter l’exigence d’une marge.
Sinon, pourquoi un promoteur voudrait prendre des risques et pourquoi son banquier accepterait de le financer ?
Ceci expliquant que – au-delà d’une éventuelle période de braderie ou déstockage dans l’idée d’un Black Friday conjoncturel et limité dans le temps – les nouveaux prix de vente seront mécaniquement le reflet d’un prix de revient et d’une marge.
Et si rien ne change de manière favorable dans la constitution du prix de revient… Autant essayer d’arrêter la course des planètes !
Au hasard :
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- Avec une réglementation technique toujours plus exigeante et trop fièrement portée par l’administration
- Avec un foncier qui se raréfie (Zéro Artificialisation Nette)
- Avec un potentiel constructible handicapé par les abus de PLU(s) malthusiens et les exigences nombreuses et fréquentes d’élus locaux parfois plus soucieux de leur réélection que de valoriser le plein potentiel de la constructibilité autorisée par leurs propres documents d’urbanisme…
Avec de telles conditions, donc, comment voulez vous que les prix de revient baissent ?
Heureux les simples d’esprit car le royaume des cieux leur est ouvert ! 🙂
Tiens, la maison brûle ? Et la TVA s’évapore…
Il paraît que c’est là une petite phrase signée Jacques Chirac (version officielle), il y a plus de 20 ans à l’occasion d’un Sommet de la Terre.
Alors qu’en réalité ( 😉 virtuelle certes, à la sauce CRO), c’est la pensée rémanente actuelle de tous les promoteurs !
Heureusement, la parade est connue : si la maison brûle, il faut éteindre l’incendie.
Et c’est là que CRO sort la crème des armes fatales des combattants du feu, le siphon à chantilly. 😉

Oui, oui, un siphon, font, font, les petites marionnettes… 🙂
Bonus : comme Plumette, l’illustrateur du blog, aime bien demander à l’IA d’adapter son dessin en pâte à modeler… Rebelote.
En résumé, il y a deux solutions :
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- éviter de foutre le feu à la maison. Mais c’est trop tard, les apprentis sorciers ont craqué leur allumette.
- éteindre l’incendie avant qu’il ne fasse flamber tout le quartier ou toute la ville ?
Et là, avec de la chantilly, ça va être une de ces régalades !!! 😉
Ouais, bon, d’accord, CRO s’emballe un peu trop (CRO, t’as pas s’emballe ? 😉 ), un effet secondaire d’excès d’optimisme congénital sans doute?
Mais quand on survit depuis des millénaires, c’est bien normal, pas vrai ? 🙂
Idée (de la semaine) : et si on demandait aux pompiers de s’occuper du logement ?
Réfléchissez y 7 jours d’affilée.
Et gardez le moral !!! 🙂