2024 : des chiffres en manque d’enthousiasme ?

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Heureusement qu’un illustre devancier (ou plusieurs) a inventé les mathématiques.

Et singulièrement l’arithmétique, car comment pourrions nous, sans elle aujourd’hui, nous passer de déguster de savoureuses statistiques sectorielles de la construction et du logement neuf ?

Et pour déguster… ça, on a bien dégusté en 2024 !

Un gueuleton d’enfer… car en prendre plein la gueule comme ça, c’est presque indécent de gloutonnerie.

C’est vrai quoi ; on aurait pu en laisser un peu aux autres !

Et après, on dira que les promoteurs ne sont pas partageurs… 🙂

N’importe quoi ! Les emmerdements et les pertes, ça se partage volontiers !

Sans retenue ni fausse pudeur ? 😉

 

Le monde du logement neuf connait maintenant la vérité sur 2024.

Tout le monde était conscient de la plongée abyssale de l’activité.

Enfin, habits sales plutôt, vu que tout le monde s’est fait tailler un costard d’occasion.

Bref, la seule chose qui soit vraiment neuve, c’est la sortie des statistiques annuelles.

2024 est ainsi très officiellement une autre « Annus horribilis » et avec deux n pour annus, merci, c’est déjà assez difficile comme ça ! 🙂

Quand on n’a pas la cote, c’est la descente !

Ou alors, c’est qu’on est à plat ? Comme une vieille chambre à air ou une batterie déchargée ?

De toute façon, en 2024, l’immobilier neuf n’avait pas la cote, c’est maintenant prouvé.

Et le recul du trait de cote ne concerne pas uniquement les territoires de bord de mer ! 🙁

Exit les climato sceptiques du logement, il a bien fallu se rendre à l’évidence.

Les chiffres sont réellement faméliques ; jugez en plutôt (source des données = Fédération des Promoteurs Immobiliers de France).

A- Du côté des autorisations de logements

330 400 contre 376 600 en 2023, soit -12.27 %.

Pour mémoire, 2023 était déjà une année bien maigrichonne, loin du niveau de la période avant COVID.

Et pour se donner du courage, disons nous que 2025 sera pire, les maires répugnant depuis des décennies à lâcher des permis de construire en période pré électorale (municipales au printemps 2026 en vue…)

Donc, tout va bien pour les autorisations de construire, 😉 , on ne risque pas la surchauffe ! (ni la reprise d’activité trop violente, ni la reconstitution d’un certain potentiel constructible, prélude indispensable à la reconstitution d’une offre raisonnable)

B – Du côté des mises en vente de programmes immobiliers

Ben oui, après avoir obtenu un permis de construire (et l’avoir purgé des recours des tiers) on essaye de pré commercialiser les programmes.

Et là aussi, tout est merveilleusement limpide pour les mises en vente (oui, limpide, pas lipide, parce que le gras n’est plus au menu !), tout va dans le même sens, c’est idéal !

Sur le dernier trimestre 2024 (par rapport au même de 2023) : – 31.66 %

Et sur l’année : –30.61 % pour 50 589 mises en vente ; à titre purement informatif 132 590 mises en vente en 2018 (et 118 748 en année pré électorale de 2019).

Impecc, on tient bien la cadence pour faire régulièrement moins de la moitié d’une année ordinaire !

Avec un indicateur complémentaire pour illustrer l’ambiance : les retraits d’opérations immobilières (les programmes initialement mis en vente et retirés car ne trouvant pas leur public) surfent sur la crête de 31 % (au lieu de 3% début 2022 par exemple).

Ouf, on ne saturera pas le marché de sitôt avec peu de mises en vente et pas de renouvellement des permis de construire ! 😉

C – Du côté des réservations de logements neufs

C’est l’étape suivante ; parce que si on fait des mises en vente, hein, c’est pour vendre les logements ; et avant de les vendre on signe des contrats de réservation avec les (zut, comment ça s’appelle, déjà ?)… les za, les za, les acquéreurs ! 🙂

Hé bien, les réservations ont perdu 15.05 % sur le 4 ème trimestre et 5.80 % sur l’année (la performance commerciale se dégrade donc davantage en fin d’année).

Ainsi, 94 004 réservations sur 2024 (contre 167 101 et 166 980 en 2018 et 2019).

Là aussi, parfaite cohérence de la commercialisation avec les tendances de l’outil de production : on produit peu mais heureusement on vend moins ! 🙁

C’est sûrement exprès pour éviter d’inopportunes tensions, pas vrai ? 😉

Et une bonne nouvelle ne venant jamais seule, les réservations ne devraient pas bondir en ce début d’année avec une saisonnalité traditionnellement timide et la disparition de l’investissement locatif en PINEL.

Faut quand même ne pas risquer la surchauffe commerciale, hein ? 🙂

N’en jetez plus, la cour est pleine !

[mais pour les masochistes qui veulent en savoir un peu plus : Publication FPI]

Ca fait du bien quand ça fait moins mal ?

Mais oui, bien sûr ! 🙂

Et c’est d’ailleurs la prochaine question : à partir de quel moment ça fera moins mal ?

En 2025 ou en 2026 ? Ou plus tard ?

Du point de vue des statistiques macro économiques globales, il faudra du temps pour retrouver un niveau d’activité comparable à celui d’avant covid ; on part de très loin et les réserves de permis de construire sont faibles, avec des municipales en perspective…

En revanche, du point de vue de l’opérateur, le maître d’ouvrage lambda, la température ressentie pourrait s’améliorer plus vite.

Car le bonheur, c’est quand on peut mettre en vente un programme qui trouve preneur avec un prix d’équilibre « honnête » (celui qui est toujours trop cher pour l’acquéreur et pas assez pour le promoteur et son banquier 🙂 ).

Et là, selon les circonstances, certains pourront peut-être tirer ponctuellement leur épingle du jeu, avec des si.

Si la conjoncture économique reste calme, si les conflits armés ne viennent pas parasiter la marche du monde, si le LLI fait gentiment son trou, si les taux d’intérêt veulent bien baisser encore un peu, si…

Mais comme il paraît acquis que rien de puissant ne sera mis en œuvre pour le logement neuf avant 2026 (ça va sûrement réfléchir, voire proposer, au mieux voter, mais pour la mise en œuvre… donc 2026 au mieux ?), le court terme sera donc une histoire de logique d’opportunité et de petites victoires de circonstance.

Le temps que les pouvoirs publics comprennent enfin que le logement mérite mieux que des rustines ?

Heureusement, d’ici là, les acteurs de terrain, dont ceux, immémoriaux, de la grande famille des CRO 🙂 , feront de leur mieux pour gonfler fièrement leurs pectoraux sur les champs de bataille ! 😉

CRO se prenant pour Rahan
Allons, allons, des jours meilleurs vont bientôt venir !

RAHAN, fils de CR(A)O, viens à notre aide ! 😉

Parce qu’on en a marre des héros franchouillards d’opérette…:-)

Et dire qu’on va devoir encore patienter.

 

Jusqu’à la semaine prochaine !
Qu’on vous souhaitera excellente dans l’intervalle, ça ne coûte rien ! 🙂

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