On vous l’avait bien dit que le logement neuf, c’était sportif !
La preuve : les permis de construire jouent maintenant les prolongations.
Bon, on n’en est pas encore à tirer les pénalties, mais les prolongations c’est déjà pas mal ! 😉
L’esprit du sport de compétition appliqué à la construction neuve, ça vous revivifie un promoteur…
Et ça requinque le moral de tout un secteur d’activité, cette nouvelle preuve d’amour.
Parce que les promesses… 🙂
Parce que les promesses rendent les fous heureux. 🙂
Ou n’engagent que ceux qui les croient ; il existe tellement de versions différentes pour prévenir les gens ordinaires de se méfier des promesses !
Mais là, point de promesse, juste un décret, bien réel ; le décret 2025-461 du 26 mai 2025.
Ah… et il dit quoi, cet animal ?
Décret, pour dessiner quoi ?
On ne va pas vous faire un dessin à la craie mais vous expliquer le dessein du décret. Nuance ! 😉
Les pouvoirs publics ont donc décidé de proroger la validité des autorisations d’urbanisme.
Pas par hasard, ni par bonté d’âme. Par intérêt partagé avec les professionnels.
Récapitulons : dans un contexte de mévente assez prononcé, les promoteurs décalent ou même abandonnent certains programmes immobiliers.
Le problème, c’est celui de la chaussure de Cendrillon (vu par les sœurs de cette dernière) : comment faire rentrer du 42 dans du 36 ?
Là, c’est pareil : on a des permis déjà obtenus qui tardent à être mis en œuvre et pour lesquels le délai officiel actuel est de 3 ans.
Et au bout des 3 ans ? Pfuiiiit ! Y a plus de permis, évanoui, évaporé, porté disparu !
Certains diront, « mais c’est pas vrai, on peut demander des prorogations, deux fois un an ! » .
Ils ont raison. Et tort.
Parce qu’effectivement, on peut demander. 🙂
Mais on n’aura pas forcément satisfaction. 🙁
Si le document d’urbanisme a changé ou est en train de changer, on peut se voir opposer un refus ou un sursis à statuer qui se transformera plus tard en refus.
Bref, 5 ans c’est potentiellement une promesse (toujours heureux (se) ? 😉 ).
Mais 3 ans, c’est la seule réalité tangible et certaine.
Donc ?
Donc, voici ce décret qui dit des choses simples mais réelles :
-
- les autorisations d’urbanisme délivrées entre le 1er janvier 2021 et le 27 mai 2022 voient leur délai de validité gagner une année (donc on est sûrs de 4 ans, indépendamment des 2 prorogations éventuelles mais non garanties)
- et celles obtenues entre le 28 mai 2022 et le 28 mai 2024 gagnent 2 ans
- et non, celles obtenues entre entre le 28 mai 2024 et le 28 mai 2025 ne gagnent pas 3 ans, ce serait trop beau !!! 😉 . Faut savoir rester raisonnables, hein ? 🙂
Le décret vise donc à ne pas vider trop vite ou définitivement la file d’attente des permis encore « comestibles » pour ne pas obérer une éventuelle relance de la construction par manque d’autorisations d’urbanisme.
Démarche cohérente, certes, mais suffisante ?
Des munitions, mais pas de fusils ?
La sagesse populaire nous enseigne que « on ne peut pas tout avoir » .
Ca nous fait une belle jambe.
On nous donne des munitions mais pas de fusils ; va falloir traquer le chiffre d’affaires à mains nues ! 🙂
Décryptage de cette affirmation CRO absconse :
Avoir un beau stock de permis dans la besace, c’est donner à la filière un stock de munitions pour plus tard, pour cette éventuelle relance, ou au moins pour éviter un gros trou d’air dans un futur assez proche.
Oui, mais pour tout de suite ?
Ah… la question est (im) pertinente !
Pour tout de suite, imaginez que vous courez derrière les lapins ou les cerfs en leur jetant les cartouches avec vos petites mimines…
Il va falloir énormément de ténacité avant d’en toucher un.
Ou espérer qu’ils s’étranglent de rire ? 😉
Hé oui, un joli stock de permis de construire n’est hélas d’aucune utilité immédiate et ne résout en rien le problème essentiel.
La cartouche sans le fusil, c’est le luxe sans assurer les fonctions de base.
Or, depuis la disparition du Pinel et sans nouveau dispositif puissant et disponible, il n’y a pas de fusils (et même pas d’escopettes 😉 ).
D’où l’émotion légitime suscitée dans la profession par le sujet du statut du bailleur privé, bientôt officiellement dévoilé (mi juin, a priori ?) mais qui va sacrément tarder à être mis en œuvre, puisque le calendrier annoncé est celui du PLF2026.
Sans compter que ce qui n’existe pas encore n’est qu’une promesse et que vous ne savez que CRO ce que l’on doit penser des promesses ! 🙂
(surtout dans le contexte politico économique du moment)
Bref, CRO s’entraine actuellement à la course à pied et au karaté pour attraper des lapins sans fusil.
Alors que, sinon, il serait tellement plus simple et doux d’aller au restaurant avec sa moitié. 🙂

Ah, ça fait du mal de penser qu’il va encore falloir bien des efforts avant d’en revenir au plaisir de l’instant ! 🙂
En terrasse, ou en balcon, ou en loggia ! 😉
Où vous voulez, pourvu qu’il y ait de quoi garnir l’assiette…
C’est tellement beau, les décrets, tellement beau qu’on se demande pourquoi personne n’a fait le choix de proroger le Pinel une petite année dans l’attente du statut du bailleur privé.
Sûrement que – du point de vue de la morale judéo chrétienne à l’ancienne – il faut savoir souffrir pour apprécier ?
Eventuellement, et plus tard… 🙁
Plus tard ? A la semaine prochaine, alors !
Et bon entraînement sportif d’ici là… 😉
Permis prolongés : la partie continue… sans ballon mais avec beaucoup de souffle !
Un décret qui redonne un peu d’oxygène aux promoteurs, en prolongeant la durée de vie des permis. Bonne nouvelle pour les porteurs de projets coincés dans les starting-blocks.
Mais comme toujours, sans fusil (a.k.a. dispositifs fiscaux incitatifs), les munitions risquent de prendre la poussière. On retarde l’échéance, on ne règle pas la panne de moteur.
Vivement que la relance passe du statut de promesse à celui de réalité concrète… et qu’on puisse enfin remplir les assiettes (et les programmes) !
@ Dominique : on ne refuse pas les cacahuètes au moment de l’apéritif, mais cela ne vaut pas un bon repas. 🙂 Qui reste à cuisiner et à déguster…