La statue du commandeur, depuis Dom Juan et Molière, on en a entendu parler comme d’un esprit vengeur et implacable.
La vengeance étant un plat qui se mange froid, on comprend mieux la situation actuelle du statut du bailleur privé.
Ce fameux statut – en projet – prend beaucoup trop son temps, lui qui devrait pourtant se hâter d’atteindre son but avoué : relancer la machine à produire du logement pour enfin donner un coup de pouce à une politique de l’offre à l’arrêt.
Car sans offre, pas de bailleurs. Et l’enjeu est bien là, renverser le paradigme pour sauter d’une logique de « privés de bailleurs » à « bailleurs privés » .
Ceci nécessitant à l’évidence un statut indéboulonnable…
CQFD ? 🙂
On aurait tort de se plaindre.
Si, si, cela pourrait être pire.
Demandez aux escargots qui cuisent à petit feu dans la marmite.
Alors que là, tout doucement, à une allure d’escargot vivant 😉 , les choses avancent pour le logement neuf dans la compréhension mutuelle.
C’est en tout cas ce qu’il faut comprendre des relations des professionnels avec le gouvernement actuel. C’est tellement positif tout ça ! 🙂
Dresser une statue au statut ?
Donc oui, on ne peut être que favorable à la mise en place d’un système valorisant enfin le rôle d’investisseur systémique du logement constitué par les investisseurs particuliers pris dans leur ensemble.
Il n’y a pas que les investisseurs institutionnels (communément appelés « zinzins ») dans la vie ; surtout que leur versatilité et leur opportunisme forcené en matière d’arbitrage entre les différents supports de placements les rend particulièrement peu fiables et fidèles sur la durée.
Et donc peu dignes de confiance pour mener une politique du logement digne de ce nom sur le long terme.
D’où le satisfecit de principe des professionnels, heureux qu’un cadre législatif pérenne et raisonnablement incitatif soit enfin proposé aux individus, futurs bailleurs de plein exercice et en grand nombre.
Ces nouveaux (potentiels) bataillons d’investisseurs auront ainsi le mérite d’élargir l’offre de logements disponibles à la location et de contribuer à une certaine détente sur ce marché (en termes de disponibilité et de niveau de loyer).
Reste à connaître les conditions liées à ce nouveau statut, ce qui passe d’abord par la connaissance (vers la mi-juin d’après V. Létard, la ministre du logement) du rapport Daubresse-Cosson, mais aussi par la suite du sort législatif qui pourra en ressortir.
Les premières tendances viseraient à permettre d’amortir comptablement 80% de la valeur des biens nouvellement acquis (et non, pas de cadeau aux logements déjà détenus ! 🙂 ), par tranches annuelles de 4% sur 20 ans ; avec un petit bonus de 1% (soit 5 % pour les matheux 😉 ) pour les bailleurs acceptant de louer moins cher que le prix de marché (décote de 15% minimum évoquée).
Cela étant, tout ceci demande à être confirmé dans la vraie vie, car un rapport non transformé en règle fiscale par une loi, hein, c’est juste des mots dans le vent !
Une histoire de cadence et d’incertitude
La vraie difficulté, par les temps qui ne courent pas assez vite, c’est de parvenir à accélérer le cours du (mauvais) temps et de s’assurer que l’embellie arrive le plus vite possible.
Premier écueil : le calendrier.
Il n’y aura en effet pas d’accélération des particules et le dispositif est prévu pour être validé dans les bagages du PLF2026.
Autrement dit, pour ceux qui tirent déjà la langue depuis des lustres, dans une demi éternité.
Car il va falloir attendre la toute fin d’année pour être sûrs du vote et ensuite reprendre une communication et commercialisation active pouvant se concrétiser par la signature de contrats de réservations s’appuyant sur du concret.
D’ici 9 à 10 mois, en pratique. Pas tout de suite, quoi !
Deuxième écueil : l’incertitude.
Le calendrier un peu lymphatique, voire ramolli, c’est finalement une super bonne nouvelle !
Vu que cela voudrait dire que le pays se serait enfin doté d’un outil pertinent et pérenne pour activer la production de logement privé locatif.
Sauf que… qui peut dire à ce jour que ce scénario – même un tantinet lambin – est certain à 100 % ?
Personne, eu égard aux turbulences politiques qui secouent l’assemblée nationale !
Et qui peut affirmer, sans douter une seule minute, que le gouvernement actuel, ou le suivant, ou le successeur de celui-là, saura ou voudra porter un projet de même nature et configuration ?
Ah… Le nouveau statut du bailleur privé, contrairement aux statues antiques, n’est pas encore gravé dans le marbre…
C’est pas de veine ! 🙂
Imaginez un peu : il suffirait d’un ou deux esprits chagrins, de gens mal intentionnés, d’une bande de chameaux, quoi, pour faire capoter le projet.
Alors que tout le monde y aura tellement bossé, bossé, bossé…
Bossé plus que d’habitude, quoi ! 😉

C’est ça qu’il nous faudrait finalement : des chameaux à 3 bosses, tellement mieux taillés pour la traversée du désert.
CRO en phase avec le cycle économique actuel !
C’est qu’il en faut du souffle pour atteindre les objectifs ! 🙂
Et c’est comme ça qu’on va traverser ensemble la semaine qui vient.
Gonflés à bloc ! 🙂
