Oui, oui, la FPI (Fédération des Promoteurs Immobiliers) a bien tenu son congrès le 24 juin.
Oui, oui, avec une assemblée générale extraordinaire pour élire son président et avec un peu d’ordinaire aussi pour approuver les rapports d’activité et les comptes.
Et oui, oui, tout ça s’est fait à Marseille.
Faut bien un petit décor exotique et tonique pour contrebalancer un monde de l’immobilier neuf aussi terne et anémique ! 🙂
Même pas peur… de l’exagération ?
Les promoteurs immobiliers seraient-ils soudain devenus « fadas » par contagion ?
Si vous saviez… 😉
Bon, pour ne rien vous cacher, une bonne partie du congrès a eu lieu sur la terrasse du MUCEM.
Histoire de valider définitivement l’amour des promoteurs pour des espaces comme les « rooftops » , les derniers niveaux où l’on inscrit un appartement ou une simili maison dans un volume sous les toits, cerné de terrasses privatives le plus souvent.
Bref, il y avait du rooftop et du promoteur cerné et même concerné, mais en un seul mot si possible.
Quoique. Quand on est vraiment cerné on n’est pas toujours très lucide ?
Pas assez ? Pas CRO ? 😉
Concernés les promoteurs ? Ou consternés ?
Avant le Congrès, la réponse était simple : consternés, à l’évidence, par la conjoncture et par les scores commerciaux (les réservations de logements) indigents qui ne manqueront pas d’être révélés par les statistiques du 2ème trimestre 2025 quand elles sortiront au cœur de l’été.
Pendant le Congrès, très concernés par les débats (avec des oh ! et des bah ! 😉 ) qui ont rythmé l’après-midi :
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- le statut du bailleur privé
- la simplification des règles de construction
- l’accompagnement des maires bâtisseurs
- l’inspiration venue de l’international
Bien sûr, tout n’intéressait pas tout le monde avec la même intensité.
L’inspiration venue de l’international, c’est un peu comme regarder des cartes postales envoyées par des amis. On est content pour eux, mais de là à transposer ça en bonheur autochtone, dans le contexte franco français…
Il faut vraiment beaucoup d’imagination ! 🙂
L’accompagnement des maires bâtisseurs ?
On en parlait déjà ici il y a 10 ans, avec le succès que l’on a connu depuis…
Une maigre enveloppe de 100 millions d’euros à répartir France entière sur les édiles vertueux pro construction, c’est maigre, et jamais déterminant.
C’est d’abord la population qu’il faut embarquer pour que les projets immobiliers soient considérés comme des solutions et pas des problèmes !
La simplification des règles de construction ?
La tarte à la crème (ou le marronnier) redondante, dont tout le monde convient qu’elle est plus que jamais indispensable et urgente.
Mais quand vous enfermez un énarque dans un bureau, il faut bien qu’il réfléchisse et produise quelque chose.
De la norme, surabondante, plus performante qu’avant et que celle des voisins, vu qu’on est les meilleurs !
Là aussi, on croira à la simplification quand on la verra vraiment en mouvement !
Reste donc le statut du bailleur privé.
Ou, à en croire les réflexions, les bailleurs privés à qui on devrait dresser une statue.
Parce qu’avec une rentabilité nette de l’investissement immobilier assez faible, une ponction fiscale constante (taxe foncière, IFI, impôt sur le revenu…) et un déni de son utilité sociale (considéré comme un rentier, quasiment un cloporte, quoi, un nuisible…) il faut vraiment à ce bailleur du courage, de l’inconscience ou de l’abnégation pour maintenir son action.
Mais comme les valeurs morales ne suffisent pas et que les chiffres de l’investissement locatif s’écroulent littéralement en ce moment, même les pouvoirs publics commencent à comprendre que la suppression totale de soutien fiscal n’est pas la solution.
D’où le rapport que les parlementaires Daubresse et Cosson (un sénateur et un député) doivent remettre le 30 juin à 3 ministres : Valérie Létard, Eric Lombard et Amélie de Montchalin.
Son contenu supposé a bien fuité de ci de là mais sans certitude absolue quant aux derniers arbitrages et – surtout – quant à la capacité de ses supporters (ses rédacteurs, l’interprofession, la ministre du logement éventuellement soutenue par le 1er ministre ?) à le faire valider par Bercy sans altération de son efficacité.
Car Bercy souffre toujours du syndrome de la calculette à touche unique 🙁 et ne comprend que très difficilement que pour obtenir beaucoup il faut donner un peu.
Des fadas aussi, on vous dit ! De Paris, mais des grands fadas quand même ! 🙂
Bref, une perspective, un espoir, mais un parcours encore long et chaotique ?
Et après le Congrès ?
Après ? Ben, il paraît que la vente de cierges dans les églises proches du MUCEM a grimpé en flèche sans que l’on sache très bien pourquoi… 😉
Sûrement l’œuvre de quelques fadas angoissés venus de loin et prêts à tout pour croire ? 🙂
Consterné, concerné, consacré : y a pas à dire, le promoteur est vraiment d’humeur volatile ! 🙂
Drôle d’oiseau, quoi…
Ou prosternés ?
Pour faire simple, le rapport proposant la mise en œuvre du statut du bailleur privé doit être remis ce 30 juin et embarque avec lui les espoirs de tout le monde de l’immobilier neuf et de la construction.
Si jamais cela devait marcher (le statut du bailleur privé, correctement calibré et validé par le gouvernement), nul doute que la cote d’amour de la ministre du logement frôlerait l’adoration et que la corporation des promoteurs se prosternerait à ses pieds… 🙂
Ce qui serait sans doute prématuré, car un texte soumis au marathon de la préparation du PLF2026, n’offre aucune garantie de vote positif avant le 31 décembre (l’hypothèse la plus défavorable étant une censure entraînant la chute du gouvernement et des textes portés, potentiellement non repris ou retardés par l’équipe suivante ?).
Mais l’espoir, mes amis, l’espoir… celui qui pousse l’humanité au mouvement permanent, à se dépasser et à renverser des équilibres que l’on pensait immuables ….
Cet espoir qui permet de renverser des pyramides, c’est le fil ténu qui nous relie à la réalisation de l’improbable, à l’essentielle énergie qui bouscule et dynamise les âmes et les cœurs ! 🙂
Alors, un petit T3 locatif avec statut du bailleur privé, en rooftop d’une pyramide inversée, ça vous tente ? 😉
Parce que – attention – dépêchez vous, il n’y en aura pas pour tout le monde ! 🙂
Et zut, CRO vient de craquer. Il s’est pris à y croire et est redevenu commerçant ordinaire, soumis à la dictature du chiffre d’affaires !
C’est dingue les effets secondaires d’un simple congrès, non ?
Heureusement, il n’y en a pas la semaine prochaine.
Qu’on vous souhaite paisible et sereine.
Jusqu’à la suivante ! 😉
