Carburer au Super… Pinel ?

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Question pour un promoteur : si le Pinel c’est super, le Super Pinel, c’est….

Super super ? Hyper super ? Extra super ? Mais non…

C’est opaque. Ou à la Trinité. Ou à la Saint-Glinglin ?

C’est donc opaque, et, pourtant, les promoteurs publics (non immobiliers 😉 ) de cette idée la trouvent lumineuse.

Alors qu’elle n’est probablement qu’ampoulée ! Et donc très LED. 🙂

Encore un maquillage conceptuel, comme celui qui transformerait le phare d’Alexandrie en fard d’Alexandrie ?

Ah, ce phare n’est plus ?  Nous reste le fard en dol…

Pour danser en rond ! 😉

 

La perversion des esprits parvient parfois à transformer médiatiquement de fausses bonnes idées en mirages du progrès.

C’est tout à fait le cas de cette histoire à dormir debout de Super Pinel, qui n’a rien de Super, à part la bêtise du raisonnement et le niveau de contrainte et d’effets secondaires négatifs qu’il va engendrer.

Le Super Pénible est en route… 🙁

On en connaît déjà, des Super héros

Des super héros, on en connaît un rayon sur ce blog…

Le préféré des chauves qui sourient

Le même au saut du lit

Son copain énervé

Un capitaine sans son bateau

Un héros du quotidien

Le sage qui ricane

Le méchant qui se prend pour le chef

Le gentil costaud quand il s’énerve

La star (wars) à poil

Le perturbé qui s’fait une toile

La tortue pizza ninja

Bref, des héros, des vrais, avec de la personnalité et des super pouvoirs, on connaît vraiment bien.

Mais on a trouvé encore bien bien bien mieux pour le Super Pinel !
Quelqu’un qui veut nous faire croire en sa capacité à remettre le pendule à l’heure… 🙂

Une sorte de Tryphon Tournesol de contrebande. 😉

On vous expliquera un peu plus loin qui a essayé de nous la faire à l’esbroufe…

En mode catimini, quoi ! 🙂

Super, et même Hyper son latin ???

Après les super héros, les super zéros…

Car ce n’est pas du Super Pinel qu’on nous propose, mais un vulgaire maintien des conditions du Pinel 2021 avec des Super contraintes.

Des contraintes exigeantes en matière thermique et environnementale (ça, on nous l’avait déjà annoncé, sans en connaître encore le détail) et le lapin qui sort du chapeau, une surcouche qualité d’usage.

Exit donc le concept fumeux de « Super » Pinel et retour à celui de Supercherie.

Une Super-cherie, qui me rappelle une autre époque, pas si lointaine ?
Où la construction avait du mal à rester à flot… 😉

Dans ce beau pays où l’on nous vante la décroissance législative et la simplification, mais où – en réalité – la sphère publique, politique et administration en tête, est atteinte de dysenterie réglementaire, on croit avoir trouvé la panacée…

Rajouter une couche de contrainte – supposée vertueuse car auto labellisée généreuse – pour faire plus et mieux pour la qualité de vie des français dans leur logement (mais pas tous les logements, hein, on ne touche pas à l’existant ni aux logements neufs en accession, juste à ceux qui veulent un avantage fiscal Pinel. Le confort est sélectif…).

Et, pour ce faire, s’appuyer sur un noyau de pensée biaisée et préformatée, afin de pousser une réforme non essentielle du dispositif fiscal et en définir rapidement les contours.

Dont bien sûr et en premier lieu, les critères d’éligibilité applicables ?

Et là, la ministre du logement attend impatiemment, dans les jours qui viennent, le rapport du tandem composé du directeur général d’Epamarne EpaFrance (Etablissements publics d’aménagement de Marne-la-Vallée), Laurent Girometti, et de l’architecte urbaniste François Leclercq.

Comment dire… si vous voulez vous faire prescrire une cure d’hosties, vous allez plutôt vous adresser à un curé qu’à une boucherie chevaline, hein ? 🙂

Ici, c’est pareil ; quelle que soit la qualité intellectuelle des intervenants (qui n’est pas en cause), l’approche est structurellement biaisée car corporatiste.

Laurent Girometti, avant d’être aménageur public (depuis 3 ans), est d’abord un produit de la haute administration française ayant assidument gagné ses galons en tant que – pour son poste précédent – Directeur de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages au Ministère du Logement, de l’Urbanisme de la Construction et de l’Environnement. Bref, l’ex patron de l’administration du logement en France, forcément très marqué par son parcours.

Et François Leclercq est le patron d’une grosse agence d’architecture et d’urbanisme parisienne.

Tout ceci est donc très parisien, très institutionnel, très orienté et donc très loin des réalités de terrain du commun des mortels.

Tout le monde sait que le monde de la conception est plus généreux que celui de la promotion ; mais oui ! 😉
Par exemple, rajouter des m² pour que les gens soient heureux, surtout après des épisodes de confinement, pourrait se révéler une fenêtre de tir rêvée.

Alors que ces rabougris de promoteurs mesquins ne fantasment que sur l’optimisation d’une enveloppe budgétaire dans laquelle la surface habitable et les locaux annexes ne sont que quantité négligeable (opinion communément répandue chez les bien pensants).

L’histoire pourrait donc bégayer en renouant avec ses vieux démons ; dans les années 80 (vous savez, au millénaire précédent 🙂 ), il existait des surfaces habitables minimales pour le logement social (et pour les logements voulant faire l’objet d’un conventionnement APL).

Pour sortir une opération neuve il fallait calculer un prix de référence et respecter des surfaces habitables minimales de 30 m² pour un T1bis, 46 pour un T2, 60 pour un T3 et 73 pour un T4 (pour les typologies les plus fréquentes).

Et, pour une opération d’acquisition-amélioration (de la rénovation, quoi), environ 10% de moins de SH que dans le neuf, par type.

Ces exigences ont été supprimées dans les années 2000 (car coûteuses) et la tentation nostalgique est grande pour certains de se donner bonne conscience ou de jouer les bons samaritains en revenant à de la contrainte vertueuse…

On n’a pourtant pas plus d’argent (plutôt moins même) mais on est toujours aussi généreux quand ce sont les autres qui paient (les conseilleurs ne sont pas les payeurs… 🙂 ).

Cela étant, concernant la qualité d’usage, la piste de la surface n’est pas forcément la seule, et la générosité bien pensante formatée pourrait s’intéresser aux espaces extérieurs (balcons, loggias, terrasses, jardins), aux pièces de service (celliers, buanderie, placards), ou même à certains équipements ou prestations ?

Nous verrons bien, en fonction du niveau de créativité des rapporteurs et du ministère qui prendra bien le temps de (faire semblant de) consulter (oui, toujours le respect de la forme) et d’écouter (ça, c’est pas gagné en revanche 🙂 ) les professionnels ?

Vous savez, les besogneux, les sans grade et mercantiles sans cœur qui se contentent de produire au quotidien en faisant de leur mieux dans un contexte débile ?

Après avoir transpiré de bonheur avec la mère Pinel, place au « sue Père Pinel »  ? 😉

Super marché ?

Car – à force de tout mélanger – quel est l’objectif réel, finalement, avec le Super Pinel ?

Pas de carburer au super puisqu’il disparaît à la pompe.
Mais pourquoi on nous les pompe alors ? 🙂
Ou alors à la pompe funèbre ?

Eurêka !

Créer un Super marché du logement neuf ? 🙂

Produire plus de logements neufs pour élargir le parc et faire baisser les prix de vente et les loyers ?

Ou au contraire faire baisser le nombre d’investissements Pinel pour économiser du crédit d’impôt et des sous au budget de l’état (funeste et débile idée puisque chaque Pinel rapporte bien plus qu’il ne coûte) ?

Améliorer la qualité d’usage des logements neufs ?

Pousser en avant des performances énergétiques et environnementales survitaminées (pour faire plaisir à une administration déconnectée et en mode toujours plus, ou soigner les bonnes relations avec les organismes certificateurs ?) par le biais de labels ou du levier de la carotte fiscale Pinel ?

Le tout en rajoutant de la contrainte technique, de la surface, du prix de revient, et en faisant donc grimper les prix ?

Et ce, sans rien faire pour les faire baisser en contrepartie ?

A titre de contre-exemple de la vertu publique et pour mémoire :  un foncier rare et cher (les PLU malthusiens), avec des permis de construire tenus en otages par les décideurs publics (la réélection de l’élu local) avec la complicité passive mais factuelle des autorités (pas de lutte réelle et coercitive contre les refus abusifs de permis, ni les chartes qui fleurissent, ni les commissions d’avant-projet sans existence légale).

Donc, résumons nous :

1- on asphyxie le volume de production dans le neuf

2- on fait flamber les prix de revient et donc de vente

3- on se gargarise de générosité et d’altruisme en se parant des vertus de la qualité d’usage, dernier secteur inexploré par le serpent réglementaire. Et ça se voudrait un progrès ? Par la vertu d’un interventionnisme inconséquent ?

Ne nous y trompons pas :

– est-ce qu’il serait agréable et utile d’avoir quelques mètres carrés de mieux dans certains logements (sans doute, mais pas dans tous et pas partout). OUI.

– est-ce que cela gênerait – sur un principe purement intellectuel – les opérateurs privés ou sociaux de construire plus grand ? NON.

– on pourrait même passer 3 couches de peinture, avoir du carrelage pleine masse, des portes en bois massif, des moulures au plafond, des hauteurs sous plafond de plus de 3.00 mètres, des baies coulissantes en aluminium, de la robinetterie CROhe (hé, hé, pas de pub ! 😉 ) en base. Mais OUI !

Intellectuellement, la générosité ne gêne personne.

Sauf qu’elle n’est pas gratuite. Et en rajoutant une couche, en accentuant tous les déséquilibres préexistants sans en résoudre aucun, on fait totalement fausse route.

Du bobo-isme de l’intelligentsia, version despotisme éclairé de nos pseudo élites par cette idée ampoulée du toujours plus et toujours mieux.

Illustration : votre chien supporte deux tiques sur son dos et il n’en meurt pas ?
Qu’à cela ne tienne, on va en faire un élevage (de tiques sur son dos, hein, pas de chiens ! 🙂 ) puisqu’il bouge encore.
Raisonnement parcellaire et étriqué paré des vertus de la com et de la générosité d’apparence.

Voilà ce qui est extrêmement irritant dans ces démarches d’un autre temps ; encore des réflexes du vieux monde qui croit qu’une couche de peinture de plus fera joli alors que le mur se fissure toujours plus et menace effondrement.

Non, il s’agirait maintenant d’arrêter de vivre à crédit, de réapprendre la frugalité réglementaire et de s’attaquer aux problèmes à la base au lieu d’empiler les oukases.

CRO, c’est CRO, non ? 🙂

Après le Tryphon, le silicone cyclone ? 😉

Ah oui, c’est vrai, je vous avais promis de démasquer la personne qui voulait remettre le pendule à l’heure !

Je suppose que certains l’ont déjà deviné…

Tryphon Wargon
La qualité d’usage en marche, ça n’a pas de prix. Le coût, on s’en fout !

C’est notre chère ministre du logement, Mme Wargon, qui doit penser – peut-être en toute bonne foi hors sol – qu’elle a en mains le moyen de trouver et montrer la bonne direction.

Mais, mille millions de mille sabords, vous faites fausse route, moussaillon du logement !

Achetez plutôt un sextant qu’un pendule pour le bon cap.

Sinon… Tintin !

(Euh, et pour Milou, il faudra repasser, vu qu’on ne l’a pas encore dessiné, il avait trop d’éthique 😉 ).

Il y a des fois où on arrive à se demander comment des initiatives aussi saugrenues et contre-productives peuvent voir le jour.

Mais ce n’est pas la première, l’histoire nous l’a appris.

Et dans les trop hautes sphères, l’oxygène se raréfie. Le carburant du cerveau ?
Circonstance exténuante – sans doute ? – pour une politique de Gribouille du logement… 🙂

Bah, on en saura un peu plus à la lecture du rapport. Et on en reparlera forcément un jour ou l’autre…

 

Mais pour l’heure, arrêtons le pendule.
Il est l’heure de vous souhaiter une très bonne semaine ! 🙂

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