Dans les cours d’école, on apprend très tôt à ne pas confondre contours et tours de ***.
Espérons, sans y croire, que nos hommes politiques n’ont rien désappris de leur enfance ! 🙂
Car voilà le temps de la préparation du budget de la nation pour 2027 et les premières annonces (ou prises de température ?) quant à ce que pourrait préfigurer le fameux budget.
A ce petit jeu, chacun se demande s’il sera bien ou mal traité ; si son sort connaitra une amélioration ou une inflexion vers le bas.
Officiellement, le logement – dont le logement neuf – fait partie des sujets en vogue (ou de préoccupation ?), car sa rareté et sa cherté induisent bien des comportement négatifs, ressenti de la population oblige.
Emploi, natalité, PIB, etc : autant de critères devant pousser à considérer le thème à sa juste valeur.
Pour de bon ou simple théorie dans une logique d’affichage médiatique ? 🙁
On l’a déjà dit et depuis plusieurs mois : le logement est revenu en odeur de sainteté. Et avant la visite du Pape ! 🙂
Sauf qu’une appréciation de principe ou des mesures éparses et trop peu efficaces ne suffisent pas à valider, dans les faits et pour les gens, la renaissance d’une politique du logement susceptible d’atteindre des objectifs quantitatifs revendiqués comme ambitieux.
Et pour l’heure totalement hors d’atteinte ! 🙁
Quatre, cent, mille ? Ou un peu plus ?
Alors là… Ce qui est sûr en revanche, c’est que ce ne sera pas 400 000 en 2026 (ni l’objectif gouvernemental annoncé de 2 000 000 de logements en 5 ans, en l’état actuel des choses).
C’est raté pour le ministre du logement.
A trop vouloir mégoter sur les paramètres, le Jeanbrun rate son décollage, comme un avion trop lourd incapable de prendre suffisamment de vitesse.
Quand les comptes de la nation indiquent aussi clairement que le logement est lesté (plombé par les taxes et prélèvements) ou délesté (si l’on considère le hold-up de ce déséquilibre budgétaire) de près de 58 milliards en 2025 (d’euros, pas de pesetas ni de roubles…), il ne faut pas s’étonner que le comportement spontané de l’avion logement (et idem pour le Jeanbrun) soit de rester cloué au sol.
Et la difficulté de l’exécutif à comprendre (comment passer de la méthode Coué à la méthode « cloué » ?) qu’au lieu de communiquer, il faut un peu desserrer l’étreinte, dans la logique de « savoir donner pour recevoir » interpelle chaque année un peu plus les observateurs avertis du secteur.
De fait, chaque fois qu’un tour de vis budgétaire a été donné (le Duflot, le Pinel dans sa version de fin de période, et l’absence de tout dispositif en 2025), les volumes vendus ont plongé, les opérateurs ont souffert (sans que les prix ne baissent…) et le budget réel du pays en a pâti, les recettes ayant bien davantage chuté que l’économie attendue sur les aides « généreusement » accordées au secteur.
Sans vouloir CRO se moquer (vous nous connaissez 😉 ), on pourrait se demander pourquoi vouloir continuer une pratique aussi théorique qu’inefficace ?
Et donc, on se le demande ! 🙂
Sûrement parce que ce que le 1er imbécile venu comprendrait illico ne peut pas l’être par des êtres trop intelligents, et volant bien plus haut que notre pauvre avion de métaphore ? Sûrement. 🙂
Bref, il n’y a pas d’amour sans preuves d’amour.
Or, pour l’instant, ce qui a été mis en place ou prévu, c’est plus une déclaration d’envie de flirter qu’un amour passionnel assumé. 😉
On en est très, très loin…
Des prévisions sans vision ?
Pour faire simple, ce qui a été fait jusque là en 2026 a prouvé, dans les statistiques des ventes de logements neufs, une inefficacité remarquée.
Remarquée et logique car l’accession à la propriété ne redémarre pas réellement et l’investissement locatif est en panne sèche par la faute d‘un dispositif mal calibré et bien trop mesquin pour susciter le désir d’une vocation d’investisseur.
Pauvres de nous : sans amour ni désir, que nous reste-t-il ? 🙂
Réponse : des statistiques pourries et une interprofession à la ramasse, plus une offre de logements qui se raréfie avec tous les effets collatéraux constatés.
Il faudrait donc changer de braquet aussi bien en accession à la propriété qu’en investissement locatif.
Oui, mais voilà :
Pour l’accession, il n’est évoqué qu’un PTZ Parentalité (non, non, pas parents alités 🙂 ), histoire de financer un peu mieux les familles en expansion et relancer la natalité ?
Il faudra attendre que ses paramètres soient définitivement arrêtés pour le juger mais il ne changera probablement pas la donne, ou très marginalement.
Donc rien de systémique de prévu (comme de la TVA à 5.5% dans une optique d’accession populaire en pleine propriété, par exemple).
Et, pour l’investissement, retoucher le dispositif Jeanbrun dans l’ancien avec une moindre exigence de travaux (20 % au lieu de 30) et…. rien pour le neuf !
A part des boites de mouchoirs en papier pour sécher les yeux ?
Donc, pour la chasse au nouveau logement, on en reste assis ! 🙂
C’est comme ça, toujours aussi beau, le pouvoir de Bercy : quelque chose ne marche pas, donc on ne l’améliore pas. Presque, il faudrait le supprimer puisqu’il ne sert pas à grand chose ? (et qu’il coûte, bien sûr)
Et les autres ministres nous racontent en suivant des histoires pour faire passer la pilule.
C’est comme l’histoire du dresseur de puce savante (on vous l’a déjà racontée en 2018, mais comme nos politiques pratiquent le comique de répétition, on s’adapte ! 🙂 ) :
Le dresseur pose la puce sur une table, à côté d’un obstacle.
Il ordonne : « Saute ! ». Et la puce saute.
Il arrache une patte à la puce et ordonne à nouveau « Saute ! ». Et la puce saute comme la première fois.
Il arrache à nouveau une patte, et la puce obéit toujours.
Ainsi de suite jusqu’à la sixième patte : « Saute ! ». Mais la puce reste immobile.
« Saute ! ». Mais rien à faire, la puce ne bouge plus.
Là, le dresseur, fier comme pas deux, se tourne vers le public et s’exclame : « Shazam ! Miracle, quand on arrache ses 6 pattes à une puce, elle devient sourde ! » .
Bah, elle l’avait bien cherché la puce, aussi, pourquoi faire confiance à un dresseur aussi clairvoyant ??? 🙂
Avoir un grain ou davantage ?
Dans ce contexte d’échec communément reconnu, le premier réflexe de l’homme sensé est de penser que – pour ignorer l’évidence de devoir changer drastiquement de logiciel – les décideurs doivent avoir un sacré grain… 🙂
Un grain ? Mais c’est trop peu pour s’en nourrir !
Encore une demi mesure. Pffff.
Quant à lui, CRO, ne faisant pas les choses à moitié, choisit sans nuance la notion de grappe. Conceptuellement. 😉

C’est sûr, c’est sûr, si Bercy pouvait – pour une fois – lâcher prise et distinguer le bon grain de l’ivraie, on ferait tout en grappe.
Les vendanges, les lancements de programmes, les chantiers, les livraisons. 😉
C’est tout l’intérêt de la grappe : un concept contrintuitif d’avenir, à savoir lâcher pour en profiter pleinement ! 🙂
Allons, ne nous enflammons pas trop vite.
Et grappillons pour l’instant quelques instants d’illusions. Ou de répit.
Jusqu’à la semaine prochaine ? 🙂