Le logement neuf est-il dans le besoin ?

Billets d'humeur Leave a comment

Ah ça… dans le besoin, on ne sait pas, mais dans la mouise, c’est sûr !

Parce que la caca, on sait ce que c’est, et aucun grand théoricien ne va venir nous expliquer la nature de la molécule, sa consistance, son odeur ou son impact budgétaire dans les comptes de la nation ! 🙂

Hé oui, aucun grand commis de l’état ne se commettrait au point de commenter pareil item avilissant.

Alors que pour le logement, là, messieurs dames, on trouve des volontaires pour analyser le besoin.

Et on en trouve même quand on n’en demande pas ; surtout quand on n’en demande pas, d’ailleurs, tant le besoin est évident.

Mais manifestement pas pour tout le monde ? 🙂

 

Ce serait presque amusant si ce n’était pas aussi tristement récurrent.

Le comique de répétition de la sphère publique a ceci de particulier, qu’il ne fait plus rire personne.

Quand l’incompétence le dispute à la prétention, ce n’est effectivement pas forcément drôle…

Et le logement commence à développer une hypersensibilité allergique aux athlètes de la langue de bois et de la pensée restrictive dominante.

Le retour des dénis oui oui ?

Il n’y a pas si longtemps, en 2024 (oui, je sais, ça peut paraître une éternité…), le grand désargenté du pays (celui qui tordait les cordons de la bourses et avait le temps d’écrire un roman…) tenait à sa Bercy (oups, merci…) le petit monde de la construction et du logement, à coups de mensonges éhontés.

Mais sans complexes. Ceci faisant que CRO avait – lui aussi – commis l’irréparable.

Critiquer l’évidence du déni institutionnel. Il n’y aurait en France pas de problème de logement. Brillant… Visionnaire…

Certes, depuis, le ressenti général a bien changé, les chiffres de la construction s’écroulent (tant du côté social que privé) et le taux de rotation locative se grippe sévèrement.

Les gens ne quittent plus le logement qu’ils ont la chance d’occuper et la maltraitance fiscale appliquée au logement réduit toujours plus le parc locatif résidentiel (sans même parler du plafonnement arbitraire des loyers qui décourage l’investisseur au lieu de susciter des vocations).

Bref, le front uni de tous les professionnels de l’immobilier, les chiffres irréfutables de production et de mises en location ont fini par convaincre les pouvoirs publics, ou tout au moins une partie d’entre eux, en la personne de la ministre du logement Valérie Létard.

Tout un tas de parlementaires, confrontés aux réalités de leurs territoires, ont également compris.

Mais la tentation malsaine demeure…

Tiens, voilà du bédouin !

En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées (vieux slogan des années 70, orienté économies d’énergie).

Du coup, Bercy et ses affidés pourraient être tentés de renouer avec le déni (pour économiser leur énergie ? 🙂 ).

En jouant au billard à 3 bandes.

S’il est aujourd’hui impossible de nier l’évidence, à savoir la crise aigüe actuelle de la capacité à loger dignement (et avec fluidité ?) les gens ordinaires, certains n’ont pas peur d’insulter l’avenir en prédisant un moindre (voire faible) besoin.

Histoire de décrédibiliser la nécessité de faire un effort structurel en prétendant que le besoin ne serait que ponctuel et irait décroissant (et un pain aux raisins pour CRO, s’il vous plaît ! 😉 ) ?

Hummmm, la jolie tentation que voilà ! Et qui pourrait diablement séduire Bercy ?

A moins que le responsable de ces contrefeux de communication ne soit là, tapi dans l’ombre et à leur origine  ? 🙂

Mais c’est affreux, Monsieur CRO, de prêter de telles arrières pensées à de si doctes personnages !

Comment pouvez vous laisser de telles supputations effleurer votre esprit ?

Ben, c’est à dire que… les fleurs, ça sent meilleur que le caca, surtout quand on est dans le besoin ! 😉

Qui dit quoi ?

C’est vrai, il s’agirait de préciser les sources.

Le SDES (alias service des données et études statistiques) a publié il y a quelques semaines une étude prospective « Besoins en logements à l’horizon 2030, 2040 et 2050 » histoire de s’occuper un peu. 🙂

Sur les 30 ans de la période 2020 – 2050, le SDES a ainsi élaboré 3 trajectoires, toutes très en deçà du chiffre magique de 500 000 logements neufs par an souvent pris en référence :

    • un scénario haut à 5.6 millions (soit 280 000 par an) de résidences principales (mais rien n’est dit sur les autres logements, résidences secondaires ou autres hébergements, qu’il faut donc rajouter)
    • un scénario central à 4 millions (200 000 / an)
    • et un scénario anémique à 2.8 millions (140 000 / an)

Mme Irma a de son côté estimé à 8 millions le besoin en astiquant sa boule de cristal d’Arques. 😉

Et CRO à 15 millions en rajoutant les migrants climato-victimes du réchauffement planétaire.

Peut-être que votre grand-mère a aussi un avis éclairé ? Au pied d’un réverbère à gaz ? 🙂

Notons, mais c’est certainement le fruit d’un hasard bienveillant 😉 , que ces chiffres peu ambitieux arrivent fort opportunément pour les tenants du déclinisme quantitatif, étant rappelé que Christophe Béchu, alors ministre de la Transition écologique qui chapeautait le Logement, estimait en 2023 à 370 000 le besoin annuel en nouveaux logements du pays. Besoin dont le détail avait été donné par le ministre délégué au logement, Olivier Klein  :

« 120 000 logements sociaux et 250 000 logements privés ».

Bref, il est toujours intéressant pour déterminer l’avenir de s’appuyer sur des études aussi peu fiables (effet temps + aléas multiples d’un monde en mutation accélérée) que contraires à l’intérêt actuel certain, criant et non susceptible d’aléas temporels de la nation.

Le scénario du moment, c’est bien que le logement est dans la caca et les gens qui cherchent à se loger dans la mouise.

En résumé, ça ne sent pas bon, ce qui n’empêche pas certains de spéculer sur l’intérêt réel d’une relance du logement et de l’investissement locatif.

Un peu comme si la question se posait sous la forme : « vous attendrez bien 2 ou 3 décennies pour être sûrs et ainsi éviter de prendre des décisions positives aujourd’hui ? » 🙁

Ce qui se confondrait tout à fait avec le mode de pensée unique de Bercy depuis des lustres, accroché à une calculette ne comportant que la touche « moins » .

Alors que même CRO s’est donné les moyens de courageusement affronter les chiffres à mains nues ! 😉

la calculette de CRO
Faire remonter les chiffres, qu’ils disaient… Pas si facile !!!

Bon, on ne sait pas encore si le résultat sera concluant mais il paraît incontestable que notre CRO magnon préféré fera des touches ! 🙂

C’est déjà ça de pris, hein, quand on est un professionnel du logement et que le pouvoir de séduction du secteur se limite à aligner des chiffres de besoin contrebalancés par des études prospectives de déni.

Manquerait plus que Bercy s’en empare, tiens…

Ah, ils y ont déjà pensé ??? 😉

C’est à ça qu’on reconnait nos ministres des Finances successifs ; dès qu’il y a une mauvaise idée, ils la repèrent ! 🙂

Suggestion : et s’ils changeaient de logiciel ?

 

Dès la semaine prochaine ?
On a le droit de rêver, non ? 😉

Je m'abonne aux articles
(je recevrai un mail quand un article est publié (pas de spam)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *