Tiens, voilà qu’on reparle du logement dans les médias. Neuf ou ancien.
Et pas pour en dire du bien.
Passé du statut de passoire thermique à celui de bouilloire, le logement semble condamné à faire dans l’excès.
Comme le climat ? Comme le climat.
Alors que le logement neuf, lui, hésite.
Gros coup de froid sur les ventes et la conjoncture.
Et gros coup de chaud sur le confort d’été…
Pas bon pour la santé tout ça ! 😉
Hé bien voilà, depuis plus de quarante ans, l’ennemi de la mauvaise construction était tout désigné : le froid.
Le froid, responsable de la nécessité de se chauffer et, corollaire indispensable, de se chauffer au moindre coût.
Et alors que pour le froid on s’intéressait au coût, c’est maintenant le chaud qui fait coucou.
Qui s’invite au débat, quoi ! 🙂
La peur du froid
L’inconfort de l’hiver et des températures négatives était ainsi depuis des lustres l’alpha et l’oméga de la réglementation thermique à la française, soucieuse d’améliorer la lutte contre le froid ; un peu comme le loup était l’ennemi du petit chaperon rouge, à une époque où les loups étaient nombreux dans des forêts profondes et glacées au cœur de l’hiver de l’imaginaire collectif. 😉
Et l’été ? Bien, l’été, c’était le retour de la vie, la lumière et les tièdes ambiances venant délivrer les populations du rythme ralenti de la mauvaise saison.
Et en été, il suffisait de se dévêtir un peu pour se mettre au diapason du climat. 🙂
Se foutre à poil, quoi ! Ce qui ne coûte pas si cher… et ne constitue pas un thème bien sérieux. Si ?
La réglementation thermique s’est donc très logiquement et obstinément mise à traquer les déperditions pour faire de nos logements neufs de véritables petits thermos, confortables et économes en énergie.
En mettant d’abord l’accent sur la qualité de l’enveloppe du bâti :
– matériaux et solutions présentant un coefficient de résistance thermique élevé
– traque aux déperditions sournoises avec l’instauration de mesures de la perméabilité de l’enveloppe (infiltrométrie)
Mais aussi, plus récemment, en voulant privilégier les sources d’énergie non fossiles présentant le double avantage de ne pas détériorer le bilan carbone des projets et de favoriser l’autonomie énergétique du pays (la disgrâce assez récente du gaz au profit de l’électricité, plus décarbonée).
Et voilà que maintenant se profile un autre risque avec un inconfort de plus en plus prégnant allant jusqu’au danger de mort par hyperthermie.
Sûrement la raison pour laquelle les gens vont dans les hypers ? 😉 Pour acheter des climatiseurs ?
Mouais.
Toujours est-il que le froid est dorénavant banalisé et que le chaud devient l’ennemi public numéro 1.
Au-delà de cette inflexion majeure du cap, le prochain danger lié au côté thermos des logements est déjà identifiable : la qualité de l’air intérieur, qu’il faut nécessairement renouveler, alors que ce renouvellement est porteur de déperditions (en période froide) ou d’apports calorifiques très malvenus en période de fortes chaleurs.
On voit d’ailleurs là très bien la limite des raisonnements simplistes liés à la possibilité, quasi obligatoire dans l’esprit de nombreux intervenants, de ventiler les logements par courants d’air (et la mode actuelle en faveur du logement traversant en est l’illustration).
Bah, brasser de l’air, ça devient tellement courant… 😉
Clim ou pas clim ?
Et, comme d’habitude sous nos latitudes pourtant supposées tempérées, le discours s’enflamme, comme les esprits et les thermomètres. 🙂
Il faudrait tout climatiser alors que la climatisation a été le diable absolu au plan réglementaire jusqu’ici ??? Voire…
Le problème avec la clim, ce n’est pas forcément le réchauffement global de la planète. Le bilan thermique global est quasi nul, puisqu’on prend des thermies d’un côté pour les rejeter de l’autre.
En gros, on rafraîchit l’intérieur, ce qui réchauffe l’extérieur ; et donc l’air public / commun / partagé, au risque de créer des îlots de chaleur très pénalisants (principalement en secteur urbain) pour la santé des riverains.
Pas terrible pour le vivre ensemble et la qualité de nos villes / villages.
Le deuxième sujet évoqué / convoqué / invoqué est celui des gaz à effet de serre ; l’impact de la clim sur celui-ci est très variable selon le gaz réfrigérant utilisé.
Pour faire simple, la pollution constatée aujourd’hui est le fait du matériel déjà posé et des gaz utilisés (dont le R32, progressivement interdit) alors que les nouvelles générations de matériel vont faire appel à des gaz plus écolo comme le R290 (propane) présentant de surcroît des performances meilleures au plan énergétique.
Bref, si l’on considère une installation de clim réversible assurant le chauffage et le refroidissement selon la saison, la clim est plus efficace que les chauffages traditionnels en hiver (coefficient de performance élevé) et permet de rafraichir le logement en été. Cool ? 😉
Sauf qu’il va bien falloir trouver un moyen de ne pas surchauffer les espaces publics extérieurs et donc probablement tenter de limiter au maximum l’usage de la clim aux épisodes de chaleur les plus intenses, pour écrêter les pics de température.
Et le logement va donc devoir devenir vertueux, une fois de plus, en intégrant des solutions (bâti et équipements) permettant de faire face à un contexte graduellement hostile.
Faire le show plutôt que le chaud, quoi… 🙂

Non, CRO, calme toi ! Faut envisager les choses de manière plus analytique et sereine ! Par exemple ?
La ventilation double flux pourrait sans doute être une piste, mais pas la seule, la recherche va devoir faire son œuvre dans le temps, présentant le double avantage de lisser les écarts de température et de favoriser une meilleure qualité de l’air intérieur.
Et l’effroi du chaud ?
On voit bien que les règles du jeu actuelle ne sont pas tout à fait adaptées aux enjeux, pas vrai ? Il va donc falloir envisager une sérieuse remise en cause des comportements.
Un vrai défi psychologique pour les promoteurs : sortir de leur zone de confort réglementaire. Et donc ?
Et donc, il va falloir livrer des équipements nouveaux avec les logements : brasseurs d’air, vêtements ou accessoires de saison…
Un vrai temps de mexicain nous attend dans les décennies à venir, alors autant s’adapter en mode tout terrain !
On connait déjà la chanson… 😉 Et on l’aime bien 🙂
La chanson de l’été d’aujourd’hui et de demain ?
Au moins jusqu’à la semaine prochaine, en tout cas !
Portez vous bien et profitez… 🙂

