Un grand débat pour tous ou des bas de soi(e) ?

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Débat ou des bas ?

Du haut vers le bas, ou du débat vers le haut ?

Un grand débat, du genre débat large ou déballage ?

Une remise en cause de l’existant ou une causerie existentielle ?

Bref, on cause ou on remet en cause ?

Et pendant ce temps, côté logement, étrangement absent du cœur des émois initiaux, les acteurs se positionnent.

Peu à peu et sans grande ambition

Mais on peut en débattre… En prenant la plume ? 😉

 

Il faut vraiment croire que se loger n’est pas un besoin fondamental ?

Pas de ministre du logement lors de la création du gouvernement (manque réparé depuis, pas vrai mon Juju ? 🙂 ).

Et pas de revendications des gilets jaunes sur ce thème, ni de propositions novatrices spontanées des pouvoirs publics.

Finalement, tout va bien ! 😉

Quand les HLM prennent les devants

Cette organisation très structurée fait toujours bien les choses, au plan formel tout au moins. Et sa production relative au grand débat est un livret d’une vingtaine de pages.

Mais la posture générale et la tonalité du document sont avant tout un argumentaire en défense sur le thème « on est utiles, on fait bien notre boulot et donc il ne faut rien changer » .

Avec 4 « solutions » en page 19, en guise de débat pour soi :

  • l’encadrement des loyers du secteur privé
  • un bien meilleur contrôle et une meilleure évaluation des dispositifs de défiscalisation
  • un accès plus économique au foncier en limitant la concurrence entre acteurs publics et privés
  • et l’encouragement à la production de logements abordables avec davantage d’aides à la pierre (des subventions, quoi… ou des prêts bonifiés long terme ?) pour plus de logements à bas ou très bas loyers

Super ! Avec un tel plaidoyer « pro domo » , on va révolutionner l’avenir et améliorer la situation du logement ?

En gros, si on comprend bien et pour que ça aille mieux, il faudrait commencer par taper sur les autres (le privé, producteurs comme bailleurs), ce qui concerne 3 points sur 4 et le quatrième, c’est plus d’argent gratis pour augmenter le parc locatif.

Diabolique imagination et rhétorique digne de la Pravda de la grande époque ! 🙂

Je vous rassure, bien des opérateurs sociaux n’ont heureusement pas une vision aussi simpliste et étriquée du paysage du logement et des pistes d’avenir.

Mais qu’est-ce que c’est confortable de vouloir conjurer le sort en campant sur des acquis et en dénigrant les autres…

En oubliant au passage, et sans entrer dans le détail :

  • que l’encadrement généralisé des loyers signerait la mort lente de l’investissement du privé par manque de réinvestissement dans l’entretien du logement (mais la mort des bailleurs privés est-ce un sujet, finalement, quand on est pétri de certitudes et protégés par un monopole ?)
  • que les dispositifs de défiscalisation rapportent plus qu’ils ne coûtent en taxes, sans compter les centaines de milliers d’emplois induits. Plus le fait qu’ils permettent aussi, et très directement, la vente en bloc, et à perte, via les servitudes de mixité sociale, d’une grande quantité de logements sociaux
  • que le foncier est avant tout la résultante d’un comportement généralisé et implicite d’un refus de ou d’une réticence à construire , comportement malthusien qui n’est toujours pas traité car non officiellement reconnu par les pouvoirs publics…
  • que les subventions ne sont pas dans l’air du temps et que les logements abordables n’ont pas forcément vocation à n’exister que dans le parc locatif

Les œillères d’un corporatisme militant seraient-elles incompatibles avec une vision dépassionnée des réalités d’aujourd’hui et des enjeux du futur ? 🙂

Et que les promoteurs veulent assurer leurs arrières

A force de vouloir assurer ses arrières, on oublie d’envisager un avenir renouvelé et ambitieux.

C’est un peu le reproche qui pourrait être fait aux promoteurs, dont le communiqué de presse de la FPI est très très léger en abordant en tout et pour tout la logique d’une offre de logement abordable à repenser.

vente sur plan

Certes, le thème est « raccord » avec la logique de pouvoir d’achat explicite du mouvement des gilets jaunes, mais l’ambition est un peu (beaucoup ? Ah bon !) trop courte.

Et la contribution au débat ne couvre qu’un périmètre restreint et trop pauvre.

Car vouloir mettre en œuvre une offre logement enfin abordable pour des accédants à la propriété (et pas pour nourrir sans fin un parc locatif) sans mettre cul par dessus tête l’architecture globale de la politique du logement, c’est un peu comme dire qu’on veut gagner un marathon sans préparation spécifique et en changeant simplement de semelle orthopédique.

Ca ira sûrement dans le bon sens (pour éviter les ampoules ? Mince, mais on a besoin de lumières pour éclairer le débat…), mais ce sera nettement insuffisant pour aboutir.

Remarquez… on peut aussi éviter les semelles en ayant recours à des ruses apaches, pas vrai, GéroniCRO ?

Les orteils à l’air, c’est pas mal non plus !
Et ça n’empêche pas d’avoir de la ressource… 🙂

 

Géronimo en mode cro magnon
Hugh, peut-être pas de chaussures, mais j’en ai encore sous la semelle !

Et comme le dit souvent GéroniCRO : « avant de se faire voler dans les plumes pour rien, autant la prendre pour quelque chose ! » .

Pour expliquer : un carcan reste un carcan, et une Deudeuche GTI 12 cylindres turbo à triple injecteur (au-delà du fait qu’elle n’existe pas) ne vaudra jamais un bolide de F1, ou une GT des 24 heures du Mans, surtout avec ses roues à chambre à air percée… Pschhttttt….. 🙂

Mais comme, jusqu’ici, on veut surtout faire plaisir au proprio de la Deudeuche et à son mécano, sans s’intéresser aux performances

S’il te plaît, dessine moi un véhicule moderne pour le logement !

Avec un ministre si affectueux au milieu

Heureusement, tout va bien, car la famille logement est nimbée d’affection sincère.

Ca baigne… 🙂

C’est un peu la leçon que je tire de la lecture d’un article de BFM La Vie immo , dans lequel notre ministre Julien Denormandie (alias Juju le Viking) annonce pêle-mêle qu’il ne veut pas toucher à la fiscalité immobilière, qu’il veut donner de la visibilité, qu’il soutient fortement les propriétaires et qu’il essaie de protéger avec beaucoup de détermination les locataires !

Par Thor, par Odin et par hasard… 😉

Bref, il aime tout le monde et il est pour la stabilité.

Donc, un grand débat, oui, mais pas un Che Débalarge…

Faut dire aussi, l’Amérique du Sud, c’est si loin de l’horizon de Normandie ! 😉

Débattre en famille, c’est tellement plus confortable

Le risque d’une telle approche, c’est le mot de Napoléon à Talleyrand, en remplaçant « bas » par « débat« .

« De la merde dans un bas de soie… » .

Car un débat, aussi soyeux soit-il, aussi feutré, aussi convenu entre gens bien élevés, sans un mot plus haut que l’autre, ni plus bas d’ailleurs… un tel débat ressemble fichtrement à l’apologie de l’immobilisme.

A un résidu d’efficacité et de remise en cause auquel tout le monde aurait renoncé avant même que la moindre idée impie soit émise. Et encore moins digérée.

Un immobilisme logique finalement, puisque tout va bien et que le logement n’est pas un sujet, n’est-ce pas ?

C’est tellement évident et consensuel comme conclusion… 😉

Ah, ce grand débat, dans son volet logement… Ca embaume… la mystification ?
Tiens, je vais aller acheter 200 m de bandelettes. Pour la momification…

A tombeau ouvert. En Deudeuche. Mince, on n’est pas encore arrivés ! 😉

 

Bonne semaine à tous !
Y pas débat là-dessus. 🙂

2 réflexions au sujet de « Un grand débat pour tous ou des bas de soi(e) ? »

  1. Bonjour,
    Je découvre votre site en cherchant des informations sur le PSLA, et je vous remercie beaucoup pour sa qualité et pour son humour.
    A propos d’encadrement des loyers, si les loyers parisiens sont aussi chers, c’est aussi parce qu’on a interdit la location des plus petites chambres de service, alors qu’elles dépannaient bien les étudiants vivant en grande banlieue ou en province proche et qui n’y passent que quatre nuits par semaine, et les salariés qui eux aussi rentrent chez eux toutes les fins de semaine. Aujourd’hui les étudiants concernés ont le « choix » entre payer une studette 600€ ou rater leurs études, et des salariés n’ont pas la possibilité d’accepter un emploi là où il y en a. Il aurait mieux valu les laisser louer, certes en plafonnant les loyers mais uniquement pour ces micro-surfaces, et en prévoyant un plafond APL plus bas aussi. Automatiquement, cela aurait détendu le marché pour les « vrais logements », mettons ceux de plus de 12m² habitables.

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