RT2012 : déroger n’est pas jouer ?

Actualités de l'immobilier 2 commentaires

microIl était une fois, dans une sombre forêt, un petit garçon qui ne se rappelait plus son  nom.

A dire vrai, il avait l’air assez perplexe, tout perdu qu’il était.
Peut-être un peu dérogé ? 😉

Mais le Petit Poussé (poussé là par les évènements et par la RT2012 bien sûr) connaissait fort bien la forêt de l’immobilier, sur le bout de ses orteils, qu’il avait d’ailleurs très bizarres…. (y a un minimum  🙂 )

Difficile de prendre son pied dans d’aussi obscures circonstances, petit bonhomme, n’est-ce pas ?

 

Bon. Soyons raisonnables.
On ne va pas quand même pas se raconter un conte immobilier « new age » à la façon de Perrault ou Dickens, hein ?

A l’apéro ? Non, à la Perrault !

Ah bon, si c’est pour l’apéro, alors on est d’accord ! 😉

RT 2012 : une dérogation peut en cacher une autre

Oh ! Une réglementation thermique, se dit le Petit Poussé. Comme c’est beau !

Mais cela n’a pas l’air très simple. Je ferais bien de chercher mes miettes de pain pour remonter à sa source…. Mais ! Mais qui m’a volé mes miettes ?

Déjà que j’ai sauté plusieurs repas, ils auraient pu me laisser les miettes ! Faut pas pousser ! Surtout les petits !

Heureusement, j’ai emmené mon smartphone. Je m’en vais me connecter sur intermiettes, le web immo des petits rusés.

Voyons…. « RT 2012 : réglementation thermique en vigueur dans la France des années 2010-2020 visant à une meilleure maîtrise énergétique et à un meilleur confort thermique pour les logements neufs ».

Voyons encore….« Cette réglementation a fait l’objet, en ce qui concerne les logements collectifs, d’une dérogation visant à accorder un délai supplémentaire aux acteurs du secteur pour le respect de l’un des critères, le Cep Max« .

C’est tout ? Ah, non… « Le Cep Max est ainsi porté à titre dérogatoire de 50 à 57.5 Kwh/M².an jusqu’au 1er Janvier 2015 pour les logements collectifs ».

Cool…. mais c’est bientôt le 1er Janvier 2015 ?

Pourquoi reculer devant l’obstacle thermique ?

Une nouvelle dérogation de 3 ans ? Mais pourquoi ?

C’est parce que c’est chaud, pensa le Petit Poussé. Pas la température, mais la conjoncture…
Tout le monde réagit par rapport à la RT2012 et à la marche en avant théorique vers la RT2020 et le bâtiment positif….

Mais ça n’est pas l’objet, voyons. L’objet est à la fois politique, économique et pragmatique, tout ça ensemble.

OK, c’est aussi un peu à court terme. Mais le caillou c’est plus cher que la miette ! Et on n’a plus les moyens…

Enfin, ça c’est ce qu’on veut nous faire croire, parce que moi, si j’avais investi dans le caillou comme au premier coup, je ne serais pas là en train de chercher mes miettes comme une vieille poule anorexique.

Heureusement que j’ai un GPS sur mon phone, faut vivre avec son temps !
Faudra juste monter en haut d’un arbre de temps en temps pour prendre le cap, car elle est fichtrement épaisse, cette forêt de la réglementation immobilière !

Heureusement qu’il y a Manu pour défricher !

Manu, c’est mon Papa. Il est bûcheron, mon Papa, vous vous rappelez ?

Manu, il est au-dessus de la réglementation.
RT 2012 ou RTT 2012… il a du confondre les sigles pour envoyer la réglementation thermique se reposer un peu en forêt, comme moi. Mais non, je blague ! 😉

La vérité est politique, économique et pragmatique, je vous dis.
Comme l’état n’a pas un rond à consacrer à quoi que ce soit, il faut qu’un maximum de ses décisions ne coûte rien.
Et comme la conjoncture de l’immobilier neuf est vacillante (recul des permis de construire, des mises en chantier et des ventes), Manu, il fait le pragmatique, pas le visionnaire.

C’est que ce n’est pas le moment de rendre les logements encore plus chers avec l’inflation normative. Déjà que c’est mou et que les 3 petits cochons n’ont pas tous les moyens de se payer une maison biosourcée qui tienne debout…

Il est trop fort, mon Papa bûcheron : il joue le court terme en tapant comme un sourd, comme s’il coupait un tronc, dans l’application des règles.
Et il repousse pour les logements collectifs l’obligation de performance de 50 Kwh/m².an à Janvier 2018 !

Comme ça, il est tranquille pendant 3 ans.
Il a un titre sur sa concession de bois jusqu’en 2017.
Après, il faut qu’il renégocie avec l’O.N.F. (Office National des Français Forêts) !

Couper des troncs, heureusement qu’il s’est retenu avec moi, mon Papa ! 🙂

micro
Le Petit Poussé et son chariot préhisto : heureusement qu’il lui reste le tronc !

Déjà que la conjoncture m’a scié les pattes…

Y a plus qu’à espérer que je ne rencontre pas l’ogre, parce que pour enfiler les bottes de 7 lieues…. faudra que je demande une dérogation à Perrault. 😉

A moins que Manu me ramène à la maison pour l’apéro ?

 

Alors, selon vous, déroger c’est bien joué ? Ou Pas ?

 

2 réflexions au sujet de « RT2012 : déroger n’est pas jouer ? »

  1. Jeu de manu jeu de vilain 😉 Bon mes jeux de mots sont loin d’égaler les vôtres.
    J’avoue ne pas comprendre pourquoi le secteur collectif a obtenu une 1ère dérogation et encore moins pourquoi il a droit à un rabais, alors que l’individuel n’y a pas droit.
    Il me semble qu’atteindre ces niveaux de performance thermique est d’ailleurs plus facile à réaliser dans le collectif que dans l’individuel (rapport à l’enveloppe).
    Cette non-mesure ne va donc pas faire baisser les prix et on se retrouve sur un système assez inégalitaire où les logements individuels doivent respecter les 50kwh/m²/an et utiliser des EnR tandis que le collectif en est dispensé….
    Les surcoûts annoncés (+20%) par les promoteurs et cmistes lors de l’instauration de la RT2012 ont été largement surestimés.

    Autant, je suis dubitatif sur la RT2020/BEPOS annoncée car elle se base sur les mêmes exigences que la RT2012 auxquelles on ajoute beaucoup d’EnR pour être positif, autant il me semble que la RT2012 a permit un vrai bon en avant sur la qualité thermique des constructions et ainsi de diminuer la facture des habitants.

    Une approche par le coût et la qualité d’usage serait intéressante et permettrait de dépasser le prix affiché, car cette légère économie (si elle est vraiment redonnée à l’acheteur) par cette dérogation serait en fait vite compensée par une meilleure qualité thermique du bâti. C’est un peu comme pour l’achat d’une voiture si l’on se fixe que sur le prix de celle-ci et qu’on oublie de regarder sa consommation et le prix de tous les à côtés…

  2. @ Pierre : pour les jeux de mots, j’ai de l’entraînement ! 🙂 Il faut persévérer 😉
    Sur la RT2012, je suis assez d’accord sur l’analyse. Le fait de geler le niveau de performance a un impact faible car sur le collectif la performance de 50 kwh/m².an est atteignable raisonnablement.
    Je suis plus inquiet sur d’autres thèmes comme le BEPOS futur ou même l’acoustique en termes de respect de performances et de surcoûts…
    Pour revenir sur l’analyse de la valeur et le coût global de la performance thermique, le problème est que si le promoteur augmente son prix de revient il est obligé d’augmenter son prix de vente, ce qui peut poser problème au niveau des banques qui financent l’acquéreur et qui s’arcboutent sur le taux d’endettement de 33 % le plus souvent (même si l’occupant dépensera moins en énergie par la suite). Pour les bailleurs c’est moins vrai, mais s’ils ne trouvent pas de compensation dans une valorisation du loyer, ils vont aussi hésiter à surinvestir (même si – au moins – leur patrimoine est donc mieux valorisé).

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