Relance du logement ? Allez vous faire cuire un neuf !

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Il y a quand même des bourriques et des crédules.

Des illuminés de la relance qui prennent des expressions au comptant.

Par exemple : « on va faire du neuf avec du vieux » . Vaste couillonnade.

Essayez un peu.

Avec une Jeanne Calment de 120 ans, on fabriquerait 6 jeunettes de 20 ans ? 🙂

Avec une prothèse de hanche, on obtiendrait un champion olympique ?

Avec du vieux pain, de l’œuf, du lait et du sucre, on se régalerait d’un bon dessert ?

Ah oui, zut, le pain perdu n’est pas perdu pour tout le monde. 🙂

Mais en revanche, dans le logement neuf, il y a vraiment de délicieux bourre-pifs qui se perdent… 😉

 

Honneur aux anciens. Certes, le respect, c’est important.

Même dans le logement.

Mais, de là à nier l’importance du neuf, l’histoire est toute autre.

Alors, le neuf, il faut aller se le faire cuire ou c’est déjà fait ?

Un neuf à plat ou au plat ?

Certains ont la migraine ce matin.

Heureusement, l’avantage avec une migraine, c’est que c’est la moitié d’une graine. 🙂
(Note du CRO : trop fort en maths… 😉 )

Et qu’avec une autre migraine, on aura fini par en prendre de la graine.

Celle qui permet d’apprendre de ses erreurs, ou des illusions qu’on pouvait se plaire à entretenir ?

Donc, le neuf a pris un coup de vieux. Mais ce n’est pas CRO surprenant.

Car cela fait un moment que les pouvoirs publics montrent leur penchant pour la pente la plus facile.

Quand l’incompétence et l’amateurisme le disputent à l’opportunisme comment veut-on que des arbitrages pertinents soient rendus ?

On en a déjà parlé plusieurs fois, mais les renoncements successifs du ministre précédent illustrent le déclin non assumé des ambitions quantitatives d’une politique du logement qui n’existe pas.

Quand on n’est pas capable de produire 500 000 logements neufs et qu’on se rend compte qu’on passe sous les 400 000, on fait quoi ?

Hé bien, on y renonce et on axe le discours sur la rénovation, car c’est politiquement correct, globalement raisonnable, et facile à argumenter.
Et on crée un dispositif Denormandie.

Ce faisant, on détourne aussi l’attention vers un centre d’intérêt où l’échec se voit moins. Et pas tout de suite.

Cherchez donc l’erreur ? L’abandon sémantique et – en suivant – pratique du logement neuf.

L’amputation d’une jambe au bénéfice d’une autre ne fera pas avancer la cause globale du logement plus vite… mais allez expliquez ça à un sourd !

Elle retardera juste un peu les effets les plus visibles mais le non respect de volumes qui ne sont plus revendiqués en tant qu’objectifs ne pourra donc pas être reproché !

CQFD… C’est la faute à Dédé ! 🙂

Qu’est ce que n’est pas le plan de relance pour le logement ?

Facile ! Le portrait robot est simple à établir.

Il n’est pas un plan d’ensemble. Rien de sectoriel ou de coordonné.

Il n’est pas rapide. Ce n’est pas du tout l’outil de relance immédiat espéré et nécessaire. Il ne sert donc à pas grand chose pour les entreprises au bout du rouleau en cette rentrée. Les survivants de 2021 pourront y trouver quelque intérêt ?

Il n’est pas puissant.

Il ne refonde pas la politique du logement.

Il oublie carrément le secteur du neuf.

Bref, difficile de dire qu’il coche toutes les cases. Il se contente d’en saupoudrer mollement quelques unes.

Mais comme il y a longtemps que l’on sait qu’il manque une case – voire même une sacrée palanquée de cases – au logiciel étatique, comment être surpris ? 🙁

Qu’est ce qu’il est alors ?

Il est un moyen – avec MaPrimeRénov’ – d’orienter un volume de chiffre d’affaires, non vérifiable et non quantifiable – au moins à l’instant T – vers les entreprises artisanales de petite taille du bâtiment.

Ce qui est un point positif, mais dont les futures difficultés d’application (on ne connaît pas encore toutes les règles du jeu) notamment pour les copropriétés par exemple, ne permettront sans doute pas d’en tirer les volumes espérés.

Au-delà de la rénovation, comme la FFB (Fédération Française du Bâtiment) le dit elle-même, le neuf c’est 50% de l’activité.

Et qu’y a-t-il de prévu pour le neuf ?

Rien. Ou presque.

Car les deux mesurettes prévues sont un emplâtre sur une jambe de bois.
D’aimables dispositions qui n’auront aucun effet immédiat, et très peu d’effet à terme.

Le fonds friches
Mais non, on n’a pas touché le fonds. On s’en rapproche seulement ! 🙂
Recycler des sites disqualifiés ou pollués est un objectif louable.
Sauf que le calendrier, au mieux, verra un début d’engagement tardif sur le terrain au second semestre 2021, et le volume foncier généré est ridicule (et non reproductible) par rapport à la production annuelle de m² constructibles.
Et, bien sûr, aucune mesure intelligente et générique sur la libération du foncier « ordinaire » ; celui qui fait les volumes et influe sur le marché.
Faut pas charrier, hein ? 🙂
J’ t’en fricherai, moi, des avantages de relance ! 😉

L’aide à la densification
L’idée est d’inciter financièrement les maires à signer des permis et – aussi et surtout – des permis avec une densité de construction importante, afin de se rapprocher de l’objectif du Z.A.N. (le Zéro Artificialisation Nette).

Youpi ! 🙂

Si l’idée est bonne sur le principe, la difficulté va résider dans le calcul du seuil de densité au-delà duquel la commune pourra percevoir une aide. Car un calcul de seuil général pour la commune (ou pour un quartier dans une grande ville) est forcément quelque chose de stupide ou une usine à gaz (désolé pour les énarques qui y ont tellement réfléchi 😉 ).

Exemple : une commune aura un seuil (dont l’expression ressemble furieusement à un coefficient d’occupation des sols, de fait) calculé sur la base de ses références antérieures à 1.2 (par exemple).
Mais si le porteur du projet de logements demande un permis sur la principale rue de la ville / village et que le PLU permet théoriquement de faire à cet endroit là du rez-de-chaussée plus 3 niveaux, le COS de fait de ce projet serait bien supérieur à la valeur moyenne du secteur et – par exemple – de l’ordre de 2.5.

Le maire pourra donc demander – comme souvent et comme avant – au pétitionnaire d’enlever un niveau et malgré tout prétendre à toucher une aide (si la densité revue à la baisse est de 1.8) dont il ne respecte absolument pas l’esprit ni l’objectif de maximalisation de densité ; puisque la densité de ce projet sera néanmoins supérieure au seuil défini…

Et le calendrier ne va pas créer de tsunami !
Avec un décret et des arrêtés d’application en Mars-Avril 2021, on navigue au rythme de la puissance publique. Très lentement.

Cette histoire d’aide financière – à ces maires si gentils et si désireux de construire abondamment, et à qui on fait tellement confiance dans la logique de territorialisation – ressemble à s’y méprendre à l’arnaque généralisée de la taxe d’aménagement.

Rappelez vous, bande de CROquants, quand la TA a été substituée à la TLE (taxe locale d’équipement), son faire-part de naissance vantait le fait que son rendement (car elle coûte beaucoup plus cher que l’ex TLE) devait inciter les maires à construire du logement car on leur donnait enfin les moyens financiers de faire face aux infrastructures nécessaires.

Vaste fumisterie, car dans la plupart des cas, un maire qui ne veut pas construire – pour des raisons électorales – ne construit pas, ou peu.
Et avec un rendement de la T.A. 2 fois supérieur à celui de la TLE, il peut toucher le même argent en construisant 2 fois moins de logements…
C’est y pas beau ?!!! 🙂

Pour la bonne bouche, soyons aussi conscients que les collectivités pratiquement régulièrement la surfiscalité du logement en instituant de plus en plus fréquemment des zones de taxe d’aménagement renforcée ou des PUP, histoire de soutirer plus d’argent encore aux porteurs de projets.

Le tout sur fond de désengagement de l’état, les dotations versées aux communes ayant fondu depuis plus d’une décennie, et celles-ci devant gérer leurs finances au plus serré et donc se refaire la cerise sur tout ce qui bouge !

Donc, en gros, le schéma sur la durée longue, c’est : l’état donne moins d’argent aux collectivités en leur transférant des responsabilités et des charges supplémentaires, les collectivités cherchent des sous et augmentent les taxes pour équilibrer (et les permis de construire – peu populaires – ont le profil idéal pour ça), les acquéreurs paient ces surcoûts (avec d’autres, comme la servitude de mixité sociale qui alourdit les prix de vente des logements libres) dans le prix de vente, les promoteurs se voient reprocher l’augmentation des prix, les maires délivrent aussi peu de permis que possible pour se faire réélire et l’état envisage de les payer à nouveau pour faire un effort…

Simplissime ! 🙂

Sachant que tout ce système ne fonctionne qu’avec les deux moteurs du marché que sont le Pinel et le PTZ, dispositifs à durée de vie limitée (fin 2021) dont le plan de relance ne pipe mot !

Finalement, la vie est d’une merveilleuse limpidité ! 😉
Et on ne récolte que ce que l’on a semé…

Et que peut encore espérer le logement neuf ?

Dans leur immense générosité, les pouvoirs publics, via le ministère du logement, semblent laisser espérer – au travers de la loi de finances pour 2021 – la possibilité de pérenniser le PTZ et le Pinel.

Sublime effort conceptuel. Tout ce temps de réflexion pour ça…
Juju from Normandie avait raison de nous dire depuis des mois qu’il travaillait très fort au contenu d’un plan de relance. On se pince devant tant d’audace. 🙂

Emerveillons nous tout de même ! Car, oui, ça, c’est de la relance !
Imaginez un peu. Vous avez une boîte à outils. On vous dit : « pfiou, vous en avez de la chance ! On étudie la possibilité de ne pas vous enlever le tournevis et la chignole » .

C’est le raisonnement de notre chère administration et des politiques qui l’accompagnent (ben oui, on se demande qui pilote qui, à force…).

L’esprit de la relance, c’est que l’état dit faire son maximum et communique abondamment dessus alors qu’en réalité il se demande encore s’il ne peut pas raboter le peu d’outils que vous avez à disposition et sur lesquels il gagne abondamment de l’argent.

En faisant semblant de l’ignorer.

Avec de telles dispositions d’esprit, rappelons nous collectivement que pour ce plan de relance, l’objectif affiché c’est l’emploi, et donc l’activité…
Non ?

Ah, mais oui, CRO bête ! Pas besoin d’outils, à mains nues, c’est bien aussi les performances !

Encore plus méritoire ! 🙂

Comme la chasse au chiffre d’affaires avec une EsCROpette, gracieusement fournie par le ministère (et bentine 😉 ) de la relance !

On est sauvés ! 🙂

Escopette pour EsCROpette
Ah, là je la sens bien, la relance ! Je l’ai carrément dans le viseur !!!

Et le premier qui ose dire que la qualité des outils ne fait pas la différence, je lui offre l’esCROpette du logement neuf estampillée France Relance ! 🙂
Bonne chance…

Enfin, tout ça n’est pas bien grave… La bêtise n’a qu’un temps.
CRO se rappelle même de la première ministre du logement du quinquennat précédent (Cécilou…) qui avait fini par être déjugée devant l’évidence des résultats…

LA question : un temps, c’est combien de temps ?

Parce que le temps presse, et qu’on préfère le bon temps au tant pis… 😉

 

Allez, le futur sera plus favorable !
Dans quelque temps… 🙂

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