Quel ADN pour un promoteur FPI ?

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Dans la presse de ce début Octobre, l’annonce du départ d’un grand groupe de promotion immobilière de la FPI.

La FPI, fédération des promoteurs immobiliers, est l’instance professionnelle qui représente par définition l’initiative privée en matière de promotion immobilière.

Historiquement et « philosophiquement ».

Question d’ADN.

Donc, quand le leader actuel de la profession indique vouloir quitter l’organisation qui le représente, ça surprend.

Et ça fait parler. Dans et en dehors de la FPI.

Mais, au fond, est-ce si surprenant ou si important ?

Pas si sûr…. 🙂

 

Un gros promoteur est-il un grand promoteur ?

Un grand promoteur est-il un bon promoteur ?

C’est quoi, d’ailleurs, un promoteur en cette fin 2017 ?

Question de taille, de centres d’intérêt, d’ADN ?

Le mélange des genres ne facilite pas la réponse !

L’évolution Darwinienne des promoteurs

C’est un fait déjà effleuré il y a peu.

Le métier de promoteur immobilier privé a changé depuis une dizaine d’années.

Et l’ADN de certains promoteurs aussi.

Bien qu’ils s’en défendent souvent, certains aiment bien le nouveau paysage.

Alors que la fierté de la profession était d’exercer un métier où créativité, esprit d’initiative et libre prise de risque constituaient des fondamentaux imprescriptibles, les comportements tendent à évoluer progressivement vers une domesticité accrue.

Les loups sont en voie de disparition pour laisser place nette à de gentils caniches tenus en laisse.

C’est quand même pratique d’être guidé par son maître jusqu’à la gamelle, en pensant y trouver à tout coup ses croquettes en abondance !

De fait, la loi SRU et son article 55 ont banalisé le recours aux VEFA sociales dont certains font maintenant commerce de manière structurelle.
Au point de le transformer en nouveau métier ou de l’organiser en centre de profit récurrent.

Ce qui leur assure des flux d’honoraires réguliers et permet aussi – en constituant plus facilement la pré-commercialisation demandée par les banques –  de lancer les chantiers de leurs programmes mixtes (la quasi-totalité des programmes en zones tendues).

Peu de marge bénéficiaire, certes, ou une marge négative gommée par la péréquation qui augmente le prix des logements libres vendus aux voisins de palier.

Schéma pernicieux dont s’accommodent tant bien que mal les acteurs à une époque où la faiblesse des taux d’intérêt a laissé la faculté d’augmenter les prix de vente des logements libres en parallèle.

Mais quid en cas de changement de paysage financier ou législatif ?…

La laisse mènera toujours à la gamelle ?

Ou à se prendre une grosse gamelle ?
(avec de toutes petites croquettes avariées 🙂 )

Ce type de question n’effleure hélas pas officiellement des esprits gouvernés par le court-terme et l’envie de plaire à l’échelon supérieur pour garder qui leur cours de bourse, qui leur place ou pour faire carrière.

Car – autre modification – la forte croissance en nombre des opérateurs présents au plan national ou dans plusieurs régions multiplie la présence de salariés aux postes de directeurs régionaux ou d’agence.

Or, même quand ce sont des personnes de qualité, leur horizon n’embrasse pas le niveau stratégique, mais obéit à la dictature de la seule production et du court-terme.

D’où une perte de lucidité collective – à moins qu’il ne s’agisse pour certains d’un cynisme assumé ? – sacrifiant les latitudes et les marges de pérennité de demain aux avantages connus mais racornis d’aujourd’hui.

Vivement une nouvelle génération conceptuelle…
Darwin, à l’aide ! 😉

Le cas Nexity

Nexity aurait donc indiqué vouloir quitter la FPI.

Cela se vérifiera-t-il ou bien s’agit-il simplement d’un coup d’esbroufe ?

On verra bien, mais ce que certains jugent quasiment tragique n’est probablement pas très important.
Sans doute encore un effet secondaire d’une mutation d’ADN….

La démarche, pas si fine au demeurant, serait-elle donc un coup d’épais dans l’eau ?

Tant que ce n’est pas un coup de pédalo…. 🙂
(car là, on se rappelle qu’il y avait encore un capitaine il n’y a pas si longtemps ! 😉 )

Donc, Alain Dinin n’est pas d’accord avec le gouvernement ?
La bonne blague…

Mais nous non plus ! Et on l’a dit avant lui ! 🙂
Dès le 24 Septembre…
Et on n’est pas allés pour autant bouder tous seuls dans notre coin.
(sinon plus personne n’aurait pu nous lire ! )

Ce qui aurait été pénalisant pour toute la planète, hein ? 😉

Bref, une hyper réaction ennuyeuse pour la FPI, car se voir désavouée par le plus gros des adhérents n’est ni agréable, ni valorisant en termes de représentativité.
Et ça ne doit pas faire plaisir à sa présidente…

Mais comme la plupart des grands groupes nationaux ont déjà leurs petites ou leurs grandes entrées dans les ministères depuis des décennies, il y a bien longtemps que le message FPI est accompagné des prises de parole (même en off) de confrères bien intentionnés mais pas toujours disciplinés.

Et comme – dans le cas d’espèce – la prise de parole d’Alain Dinin était une critique non masquée d’une partie des mesures gouvernementales, il n’y a pas de quoi éloigner la FPI – en tant qu’instance représentative des professionnels – du dialogue entamé avec les pouvoirs publics.

Financièrement non plus, pour la FPI, le départ d’un adhérent – même le plus gros – n’est pas dramatique car les cotisations sont plafonnées et plusieurs promoteurs moyens valent ensemble plus qu’un très gros.

Alors ? Qu’est ce qui peut bien pousser un acteur de premier rang à vouloir se singulariser ?

  • l’argument affiché du manque de solidarité vis-à-vis des bailleurs sociaux et des constructeurs de maisons individuelles ?
  • la volonté d’occuper l’espace médiatique ?
  • la protection d’intérêts économiques potentiellement menacés par les mesures annoncées ?
    Avec peut-être des retentissements sur la valorisation de l’action Nexity à terme ?
    Et donc sur le portefeuille de ceux qui en détiennent ? 😉

A titre personnel, je ne crois que très modérément à la jolie histoire du manque de solidarité entre acteurs, car sur les 10 dernières années et jusque là, quasiment toutes les évolutions législatives concernant le champ d’action des acteurs ont vu la ligne de front se déplacer en faveur des opérateurs sociaux.
Et personne ne s’en est ému plus que ça.

Je penche donc naturellement vers d’autres raisons, sans doute légitimes pour l’acteur économique Nexity dont l’ADN mute également (qui n’est plus seulement promoteur privé mais acteur hybride et multiforme de l’immobilier : gestion, commercialisation…).
Sans que tout cela ne mérite le tintouin fait autour.

Ceci n’étant qu’une opinion personnelle !

Remarquez, les risques de mutation ne sont pas réservés aux promoteurs….

Nous pourrions aussi être envahis par de petits hommes verts.
Mais non, pas Nicolas Hulot ! Ni CETELEM ! 😉

Des descendants extra-terrestres de CRO… Des ArtiCRO !!!

Tout allant vert, ils m’ont dit ! Faut aller dans le logement neuf, ils m’ont dit !

D’où la question qui s’impose : quand on est dur de la feuille, qu’on a le cœur tendre et qu’on veut remettre les choses à l’endroit, est-ce qu’on est vraiment un martien ? 😉

A moins qu’on ne mute en artichaut ? 🙁

 

Tiens, je vais vous laisser y répondre.
Bonne semaine ! 🙂

2 réflexions au sujet de « Quel ADN pour un promoteur FPI ? »

  1. Merci pour cet article ! Cependant je ne comprends pas pourquoi NEXITY parle de manque de solidarité envers les constructeurs de maisons individuelles. Y a-t-il eu une disposition prise à ce niveau ?

  2. @ Claire : sans doute à cause du fait que le PTZ (qui devait initialement être « désactivé » en zones non tendues B2 et C) fait le bonheur, sur ces secteurs, des constructeurs de maisons individuelles pour l’essentiel ?

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