Pauvres promoteurs !

Promoteurs et programmes 2 commentaires

crobin des boisLes temps sont durs pour les promoteurs…

Après une année 2013 maigrelette, 2014 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices.

Pour les meilleurs hospices en revanche…
Meilleurs vieux de réussite, braves gens !

Quant à la loi ALUR, fier symbole d’une production administrative nationale décomplexée (…), la seule question que je me pose, c’est à quel rythme elle va faire des dégâts.

Au pas, au trot, au galop ? Choisissez votre ALUR !
Et vos pauvres … 🙂

 

Au pas : une mise au pas ? Pas de mise, mais c’est l’esprit de la loi ALUR, dans le plus pur style Mère Fouettard.
Au trot : point trot n’en faut. Mais trot, c’est trot.
Au galop : ah, le beau galop décès… Tiens, pour un coup décès, c’est un coup de maître !

Mais bien sûr, tout n’est pas qu’une question d’allure… (le vocabulaire compte aussi 😉 ).

Revenons sur les chiffres de la construction : 2011 – 2013 séquence rétro (pédalage)

Pour en revenir à la conjoncture et à la notion de pauvres promoteurs, il faut avoir en tête quelques chiffres simples. J’ai pris mon bâton de pèlerin pour vous proposer le tableau ci-dessous.

Regardez bien la ligne bleue (pas celle des Vosges, hein ?). 🙂

LOGEMENTS

2011

2012

2013

AUTORISES

534804

495496

432885

Neuf

465937

429851

377170

Existant

68867

65645

55715

COMMENCES

421306

346463

331867

Neuf

378561

304234

294465

Existant

42745

42229

37402

dont ordinaires

395009

325225

313076

Individuel pur

145213

123146

113206

Individuel groupé

57055

45492

43507

Collectif

192741

156587

153363

dont en résidence

26297

21238

18791

On peut tirer quelques enseignements simples de ce tableau :

  1. la construction se dégrade d’année en année tous secteurs confondus
  2. contrairement à ce que veut faire croire la communication officielle, le chiffre de logements neufs de 2013 n’est pas de 332 000 logements commencés mais passe en dessous des 300 000 (même pas 295 000). La différence entre les deux chiffres, ce sont entre autres les extensions ou modifications de logements existants, mais en aucun cas des logements à part entière (vivent les abris de jardins, garages et autres vérandas !) .
    Donc : 294 465 logements neufs commencés en 2013
  3. la baisse des logements neufs (les vrais !) autorisés est supérieure à celle des logements commencés – moins 12.26% – ce qui est un indicateur avancé du peu de confiance en l’avenir des professionnels et diminue d’autant le potentiel de reprise, même en cas d’amélioration de conjoncture (peu évidente à ce jour).
    Comme la durée de vie d’un permis de construire non sorti de son emballage est de deux ans, certains PC de 2012 peuvent encore être théoriquement utilisés (sauf que les promoteurs en auront abandonné la plus grande part en même temps que leurs engagements fonciers périmés)
  4. Moins de 300 000 par rapport à 500 000 ? Rétropédalage ou on perd les pédales ?

L’important, c’est d’avoir les idées claires !  🙂

 Objectif 500 000 ? Théâtre d’ombres chinoises !

J’aime bien les histoires. Même celles qu’on raconte aux petits enfants pour les endormir ou pour leur faire peur.

Mais celles qu’on nous sert en nous prenant pour des demeurés (même si j’aime bien les demeures aussi, cousines aisées de nos logements préférés…) ont du mal à passer le seuil de mon sens critique.

Récapitulons les étapes :

acte 1 : 500 000 logements neufs par an décrétés cause nationale
acte 2 : les 500 000 sont sanctuarisés mais comme un objectif de fin de quinquennat (effet retard salvateur…)
acte 3 : plongée des chiffres de la construction et constitution d’un groupe de travail pour plancher (ou plafond ?) sur l’objectif de 500 000
acte 4 : dans une interview de Janvier 2014 au Moniteur , C. Duflot déclare que l’objectif de 500 000 logements du président Hollande est « très ambitieux »…
acte 5 : la loi ALUR est votée. Pour quelle contribution à l’objectif ?

J’ai certainement l’esprit mal tourné, mais quand je mets en perspective les morceaux du puzzle, j’ai davantage le sentiment d’un renoncement à l’objectif initial et d’un système d’amortisseur via la communication que celui d’une volonté acharnée de réussir à redresser la situation.

En mettant de côté l’idéologie pour privilégier bon sens et efficacité.
Et en ne confondant pas mission et démission.

Et l’avenir dans tout ça ?

Mission ? Démission ? Rémission ?

Sur ce dernier chapitre, il y aura peut-être pour les promoteurs et autres maîtres d’ouvrage les nouveaux logements intermédiaires mis en piste récemment (on en reparlera) et la simplification des règles de construction.

Mais commençons par le présent.
Si les ventes 2013 des promoteurs présentées par la FPI se sont tenues correctement par rapport à 2012 (légère hausse), les scores atteints sont très loin des années 2010 ou 2011, et encore plus loin de ce qu’il faudrait pour participer dynamiquement à un objectif de 500 000 logements annuels.

Avec leurs 59 000 logements neufs vendus au détail (ou 81 000 en intégrant les ventes en blocs et les ventes de résidences spécialisées), les promoteurs sont les parents pauvres (sortez les mouchoirs en papier, signe des temps 😉 ) de la construction.

Condamnés à vivre chichement et à quitter leurs canapés cuir et limousines. 🙁
A revenir aux fondamentaux. Et à revoir à la baisse leurs prétentions pour éviter la débandade.

Vivre dard mou et d’eau fraîche, quoi !
(je sais, la contrepèterie est facile… mais quelle humilité ! 😉 )

Conséquence : ils guettent avec exaltation le personnage providentiel qui pourrait redresser la situation, prendre aux riches (les vendeurs de foncier ? les industriels ? les collectivités ? le logement social ? l’administration ? la sphère politique ? les banquiers ? le pape ? pas les clients en tout cas) pour donner aux pauvres dans ce contexte hostile.

Coup de bol, nous, on l’a trouvé ! C’est CRObin des Bois !!!

CRObin des Bois
C’est moi CRObin des Bois ! Avec mon arc et mon carquois !
(bon sang, mais il est où l’ennemi ???)

Enfin quelqu’un de simple et de fréquentable, incapable de calculer un funeste loyer médian, de mettre le bourdon aux investisseurs ou de remettre insidieusement en cause les objectifs.
Et pas besoin de contrat d’assurance pour trouver un toit, chez lui l’assurance est naturelle !

Regardez un peu ce port de tête et l’équilibre qu’il dégage (encore heureux, vu les pieds qu’il se trimballe).

CRObin des Bois for Minister !  😉
(ça, ça aurait de l’allure)

 

Allons, allons, ne vous enthousiasmez pas bruyamment, il y a des promoteurs qui souffrent…
(si vous voulez bien, un petit commentaire pour les consoler ?)

 

 

2 réflexions au sujet de « Pauvres promoteurs ! »

  1. Bonjour,
    C’est pas pour chipoter, mais sous l’appellation logements existants il y a bien création de logements quand il y a transformation d’usage: Sit@del2 – Logements par type et par nature du projet
    Un projet de construction sur bâtiment existant représente un projet d’extension, de création de niveaux ou de changement de destination d’un bâtiment existant (par exemple : la transformation d’une superficie de bureaux en logements).
    Par contre ça ne fait pas de différence pour les promoteurs…

  2. @ Pierre : c’est vrai mais la transformation d’usage est un chiffre vraisemblablement très faible en regard des autres destinations. Et compter comme logement neuf une extension est pour le moins optimiste, même si ça embellit les statistiques (tous gouvernements confondus d’ailleurs 🙂 ).

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