Oh, Pépé, BTP ?

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Il y a des homonymies troublantes.

Prenez l’OPPBTP, alias « Oh, Pépé, BTP » .

Le nom n’est pas sexy. Pépé non plus, d’accord. 🙂

Pourtant, l’Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics (vous êtes toujours là ? 😉 ), fait vraiment tout pour se faire remarquer avec le COVID-19 en ce moment.

L’occasion était trop belle : se payer les sunlights de la presse quand tout le monde est à l’ombre…

Ca ne se refuse pas ! On ne va quand même pas faire le masque ? 😉

Mais si, et il faudrait même en produire une foutue cargaison.

Suivez le guide !

 

Sacré Pépé, quel blagueur !

Le nom du truc est à lui seul un programme : « Guide de préconisations de sécurité sanitaire pour la continuité des activités de la construction en période d’épidémie de coronavirus COVID-19 » .

Tu m’étonnes que Pépé ait recours au viagra.
Confiné avec Mémé et obligé de lire le guide ! (pardon mesdames, la tentation était trop forte. Ok, Pépé n’est pas top non plus, mais ça, je l’avais déjà dit ! 😉 )

La double peine ! Si Pépé est en panne, l’érection… de nouveaux bâtiments, c’est pas forcément pour tout de suite ! 🙂

Suivez le guide… ou la canne blanche ?

Offrons tout de suite aux curieux pathologiques (ou pas trop logiques ?) la satisfaction de découvrir ce joyau de l’art scriptural du 21ème siècle : le guide, c’est ici.

J’avoue humblement et à regret que, sans la pandémie, j’aurais gâché mon temps à d’autres futilités. Très (CRO) bêtement sans doute.

Mais comme le dit si sérieusement le très sage et très honorable Confucius quand on lui parle de guide : « l’honnête homme n’a besoin d’autre guide que de guide spirituel. C’est pour ça qu’il faut en rire » .

Alors là… Si c’est Confucius qui le dit… 😉

Bref, ce qui est important pour rester en bonne santé, c’est de se sentir guidé.
Intérieurement. Afin d’éviter le faux-pas fatal.

Comme glisser sur une peau de banane non désinfectée, prendre un postillon sournois entre les deux yeux, se gratter les trous de nez en se mettant illico à l’index… de la société.

Car le virus – ou plutôt la lutte antivirus – a besoin d’un leader maximo et de son petit livre gland blanc rouge (zut, j’ai encore dérapé sur mon clavier AZERTAUPE 🙂 ).

Et là, on est servis. Guidés. Quasi confinés vers la sortie. 🙂

Il suffit de lire et respecter les consignes.

Et quand on a de la bouteille comme CRO, être consigné… C’est de peu de valeur, sauf en prévision du recyclage.

En verre à pied ?
Bonheur ultime pour une troupe d’orteils d’humeur blogueuse ! 😉

Texte, contexte et texte de… com

La production de ce guide est sûrement opportune.

Tout dépend pour qui et dans quel contexte.

Car ménager la chèvre et le chou, c’est devenir chèvre et garantir qu’on échoue. 🙂

Affirmer vouloir garantir la santé des travailleurs sur les chantiers et préconiser des mesures – certes logiques dans ce louable objectif –  tout simplement inapplicables dans le contexte mouvant et auto-adaptatif d’un chantier de logements par exemple, c’est illusoire.

C’est essayer de faire plaisir à Bercy – qui rêve quoi qu’il en coûte que rien ne coûte, ou le moins possible – très demanderesse d’une reprise de la construction, mais sans sacrifier trop ostensiblement la santé des travailleurs du secteur.

D’où les engueulades publiques initiales entre ministère du travail et FFB, puis les discussions plus feutrées visant à trouver un consensus de façade pour laisser le choix aux entreprises d’avoir recours au chômage partiel ou de reprendre tant bien que mal.

Et l’arbitre ? Le juge de pet ? L’objet transactionnel ?
C’est ce guide, fils naturel d’intérêts divergents et de gens divers (bien que le printemps soit arrivé ! 😉 ).

Version définitive ou aversion définitive ?

La publication du guide a pris plus de temps que ce qui avait été annoncé.

Et pourtant… il n’a que peu ou pas pris en compte les positions de la maîtrise d’œuvre, de l’ingénierie ou de la maîtrise d’ouvrage.

C’est un document négocié entre administration (en ce compris OPPBTP et « personnel politique ») et fédérations du secteur de la construction.
Alors que les chantiers sont pilotés par des maîtres d’œuvre ou architectes, commandés et payés par des maîtres d’ouvrage, contrôlés par une ingénierie spécialisée (bureaux de contrôle, coordonnateurs SPS…).

Ce qui implique qu’un chantier ne peut redémarrer que si le maître d’ouvrage est d’accord, que si les entreprises le sont aussi (quand un chantier compte une vingtaine de lots différents, vous faites quoi si la moitié veut reprendre, alors qu’il s’agit d’une production imbriquée d’acteurs indépendants ?), et que si la maîtrise d’œuvre au sens large peut également suivre.

Donc, quand un document comme ce guide prévoit scrupuleusement :

– distance minimale d’un mètre entre les personnes à tout moment,

– mettre en place un plan de circulation… (pour respecter la distance d’un mètre),

– lavage des mains approfondi (point d’eau + savon liquide) et fréquent (à chaque changement de tâche et toutes les 2 heures) avec séchage par essuie-mains en papier à usage unique,

– le port du masque et des lunettes (en cas de travail à moins d’un mètre),

– la mise à disposition de gel hydroalcoolique,

– diviser par deux la capacité d’accueil des installations (bungalows de type vestiaire, réfectoire, salle de réunion),

– lingettes désinfectantes dans les toilettes,

– vérification plusieurs fois par jour du bon approvisionnement des fournitures hygiéniques,

– nettoyage quotidien des locaux par du personnel compétent et équipé,

– organiser l’usage du réfectoire par roulement pour limiter le nombre simultané de personnes,

– limiter la coactivité,

– attribuer les outillages de façon individuelle (ou désinfecter le matériel à chaque changement d’usager),

on se rend facilement compte qu’on est à des années-lumière du fonctionnement habituel des chantiers et on se doute un peu de la difficulté à tout mettre en œuvre, sans que la responsabilité de tel ou tel acteur ne soit à un moment recherchée en cas de défaillance ou mise en pratique imparfaite !

Et encore, heureusement que certains personnels sont habitués à l’imperfection des conditions de travail… 🙂

Comme CRO avec sa CROuette brevetée des temps immémoriaux… 😉

l'invention de la CROuette, alias brouette pour CRO
Bah, sur les chantiers, le plus important, c’est pas le matériel mais la bonne humeur !

Du coup, si on ne doit avoir assez de gel et de masques que dans quelques semaines, et qu’on doive attendre jusque là, un guide qui ne s’applique qu’en « période d’épidémie de coronavirus » a-t-il une espérance de vie réelle ?

C’est compliqué la vraie vie quand trop de monde fait semblant… 🙂

Ce dont le gouvernement est conscient puisque dans son communiqué de presse officiel, accompagnant la sortie du guide de Pépé, il met en exergue (certes, les Préfets doivent veiller à la poursuite et à la reprise des chantiers) qu’un travail complémentaire va être lancé avec d’autres intervenants (tels que les maîtres d’ouvrage, les architectes, bureaux d’études ou coordinateurs sécurité) car trop de monde s’est plaint et la volonté prioritaire de reprise du travail (quoi qu’il en coûte ?) était sans doute trop voyante… Ah bon ? 🙂

C’est compliqué la vraie vie quand tout le monde ne se laisse pas faire… 😉

Car maîtrise d’œuvre et maîtrise d’ouvrage n’ont pas l’intention d’endosser de responsabilités plus importantes que l’équilibre naturel lié aux tâches et compétences de chacun et ne pousseront pas à la reprise dans un contexte incertain et générateur de sanctions potentielles disproportionnées…

Faut pas charrier… surtout en brouette inadaptée ! 😉

Bon, hé bien, ce n’est pas demain que les chantiers classiques de logements vont reprendre en masse.
Commençons par fournir des masques et du gel aux soignants et on en reparle après !

Quel blagueur, ce Pépé… elle en a du mérite, Mémé !
Pas vrai, les enfants ? 😉

 

Blague à part : restez chez vous !
Un peu de lecture ne fait pas de mal… 🙂

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