Non, la guerre de toits n’aura pas lieu ! Ou pas ?

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J’aime bien les chapelles. Ce sont en général des lieux paisibles.

Les luttes de chapelles, en revanche, je ne les goûte guerre. Ou guère ?

Non pas qu’il faille refuser le combat.

Mais il faut toujours savoir pourquoi, quand et comment on monte en première ligne.

Et quand les chapelles sont des logements, c’est bien de toits dont on parle.
Donc de nous.

Faudra-t-il donc crier à tue et à toits pour que se fasse entendre la voix d’une troisième voie ?

Pour éviter, belle Hélène, la survenance d’une nouvelle guerre de toits…

 

Quand on est deux, c’est comme ça. Toits émois…

De coups de mou en remous, le torchon brûlerait entre l’USH (Union Sociale pour l’Habitat) et la FPI (Fédération des Promoteurs Immobiliers).

Mais quel torchon ? Celui qu’il ne faut pas confondre avec les serviettes ? 😉

« L’immobilier au cœur » de la polémique ?

C’est l’ouvrage publié par la présidente de la FPI, Alexandra François-Cuxac, qui sert de point de départ en évoquant certains aspects de la mission ou des périmètres d’intervention des organismes sociaux.

Le Moniteur fait état de la réponse du délégué de l’USH, Frédéric Paul , dans un joli article structuré du 19 Mai signé Barbara Kiraly.

A sa lecture, je me rends compte à quel point j’adore les postures institutionnelles !
Et le manque d’imagination qui va avec.

Je précise tout d’abord que je n’ai pas (encore) lu le petit pavé de la présidente des promoteurs et que ce document n’a pas été rédigé – ni forcément approuvé – par toute la profession.

Ce qui ne prive pas une personnalité d’émettre des opinions.
A ses risques et périls, manifestement !

Puisque la réaction de Frédéric Paul, toute en nuances 😉 , suggère fortement qu’il est très déconseillé de parler des autres ou d’envisager des modifications des périmètres d’action.
Sinon, les autres vous retournent des scuds en guise d’encouragement au dialogue et au changement.

Avec une souplesse d’encolure qui laisse à supposer que la ligne doctrinale est sévèrement amidonnée…

Sûrement un amidon de la nature ? 🙂

La ligne Maginot ou Imagine No ?

La teneur sous-jacente des propos, c’est que chacun doit rester chez soi, de part et d’autre de la ligne Maginot (Magie no ? 🙂 ) et que les vaches resteront bien gardées : aussi efficacement qu’avec la ligne Maginot….

Sinon ?

Sinon, tremblez braves gens, l’intimidation remplaçant l’imagination ou le dialogue, on menace de diminuer la part des VEFA HLM dans la production des promoteurs, on va faire remettre en cause le Pinel et on va tenter d’imposer des concours d’architectes au privé.

Rien que ça…. 🙂

C’est beau et subtil comme un discours de la Pravda !

Avec juste ce qu’il faut de suffisance technocratique pour affirmer tout ça sans frémir.

Dans ce type de raisonnement (voir l’article du Moniteur) je suis d’accord – sur le fond – sur un point : le fait que des VEFA portant sur l’entier d’un programme n’ont pas de justification (sauf quand l’organisme HLM bénéficiaire de la VEFA n’a pas et ne veut pas de service de production immobilière en interne).
Quand il n’y a pas de mélange privé / social sur un programme, chacun devrait travailler sa spécialité.

Pour le reste……

Parler de diminuer la part des VEFA, c’est oublier un peu vite (volontairement ou avec des œillères « idéodontologiques » ?) que ces VEFA sont imposées aux promoteurs privés par les servitudes de mixité sociales issues de la loi SRU, et que les circuits de financement social sont (pour l’essentiel) interdits aux promoteurs.

En gros, le monopole de financement et de gestion de certains produits (sociaux) du logement s’accompagne de VEFA à prix plus que modéré, ce qui contribue à accroître la production HLM (qui en a bien besoin).

Donc, réduire les VEFA serait brider la production de logement social et interdire au privé – via le non respect des servitudes de mixité sociale – d’exécuter leurs permis (dont la quote-part imposée de logement social).
Belle mentalité que celle qui conduit à préférer réduire la production parce qu’elle est aussi le fait d’un autre !

Alternative stratégique réjouissante (suggestion au législateur… 😉 ) : et si on faisait sauter l’obligation de logement social dans les permis des promoteurs quand les HLM ne veulent pas les acheter (décision préfectorale par exemple) ?
Ou si on les autorisait à les financer avec les mêmes conditions et circuits de crédits et à les porter eux-mêmes via une structure dédiée ?
Chiche ! 🙂

Sinon… Imposer des concours d’architectes au privé ?
Sublime et généreux raisonnement technocratique.
On a une épine dans le pied ?

Donc au lieu de se dépêcher de l’enlever, on va vous en mettre une aussi.
Histoire qu’on puisse mieux discuter entre éclopés ?

Eurêka ! On frise le génie ! 😉

Ceci n’étant bien sûr qu’un corollaire de l’obligation de VEFA dont on vient de parler.

Quant à la menace sur le Pinel, même raisonnement.
En menaçant le privé sur une grosse part de son cœur de métier actuel (vu qu’il a été exclu du locatif social et de l’accession sociale de fait – PSLA…, sans parler de la réalité du logement intermédiaire en locatif patrimonial avec la prééminence de la S.N.I.), on espère bien le faire rentrer dans le rang.

Comme si le mouvement social n’était pas fort bien loti avec son monopole et de superbes résultats d’exploitation non menacés par la concurrence.

Il faudrait juste garder à l’esprit que tout n’est pas dû.
Même quand on y est habitué. 🙂

Surtout, ne pas perdre au change !

Tout ce remue-ménage illustre seulement une chose.

La protection des prés carrés et intérêts catégoriels, rentes de situation et carriérisme compris.

Quand la gamelle est bonne, on a humainement (et pas seulement) tendance à vouloir la protéger. Quel que soit « le camp » de départ.

L’inconvénient de ce réflexe ?
Ce n’est pas la volonté de faire progresser l’efficacité de la politique du logement ou de faire bouger les lignes qui l’emporte, mais plutôt un conservatisme clanique où chacun essaye tant bien que mal d’améliorer son sort personnel en renforçant ou en élargissant un peu son périmètre, mais sans rien changer des politiques ou pratiques pré-existantes.

Charmant paradoxe que ce refus de remise en cause – et saisissant contraste – avec le maelstrom politique des dernières Présidentielles et sa remise en cause des limites traditionnelles.

A croire que certains acteurs n’ont toujours pas compris que le temps des dinosaures a toujours une fin.

Et que cette fin n’autorise pas tous les moyens.

Notamment ceux qu’il faudrait remettre en cause pour obtenir enfin des résultats à la hauteur des objectifs.

Retrouver le goût du mouvement et raisonner en dynamique en cassant les lignes au lieu de se crisper sur des acquis serait ainsi de bien meilleure politique.

Et promouvoir des modes hybrides de production ?

Bon, hybrides ou il s’débride ? On ne sait pas CRO… 🙂

Centaure préhistorique
Hé ho, je le sais que je suis un hybride débridé ! Pas la peine de CRO insister….

Mais qu’ils soient hybrides ou « pure players », peut-on demander à des animaux domestiques qui se disputent le contenu d’une gamelle d’être spontanément raisonnables ?

En principe, c’est au maître de tenir en ordre la cafétéria, non ? 🙂

Changer est-il si difficile ?

Manifestement oui. Car les habitudes ont la vie dure.

Un évènement moins polémique (tiens , encore un article du Moniteur ! 🙂 ) a attiré mon attention.
La nomination de Benoist Apparu au sein du groupe Action Logement courant Juin.

A titre personnel, je trouve la pratique tendancieuse – surtout dans le contexte actuel –  ceci sans remettre en cause la personnalité de l’homme.
Ce qui me fait penser que, décidément, les leçons des postures équivoques tardent à être tirées par tout le monde.

En gros, un homme politique – par nature – et ancien ministre délégué au logement est recasé dans une structure à l’action fortement encadrée par les pouvoirs publics et cornaquée par le président de la FFB (Fédération Française du Bâtiment).

Est-ce bien raisonnable ?

Car on ne pourra pas empêcher les gens de se poser à raison des questions du style :

  • Etait-il le seul ou le plus compétent (parmi les dizaines de milliers de personnes dont le logement est le vrai métier) pour occuper ces fonctions ?
  • Sa nomination n’est-elle pas pour Action Logement un moyen facile de s’offrir un relais politique dans une optique de lobbying pour asseoir sa pérennité ou la réussite de ses actions futures ?

Le mélange des genres n’est pas le meilleur signal d’un changement d’époque et des comportements….

Mais ceci ne nous regarde pas, hein, ce n’est qu’un aparté entre amis ! 😉

 

Allez, on y est presque : encore 2 ou 3 millénaires…
On y croit CRO ! 😉

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