Logement Social : gentil ou méchant ?

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crobailElle est gentille, notre Mini Stress du logement.

Elle aime le logement social, c’est donc qu’elle est très gentille.

Parce que celui qui dit du mal du logement social, c’est un méchant.

Ou un sans coeur. Mais pas un gentil.

Et avoir l’esprit critique en matière de logement social, c’est pas bien.

Faut en parler comme il faut du logement social !

En causer avec empathie et onctueuse responsabilité…

Emma Cosse toujours, tu m’intéresses ! 😉

 

C’est terrible, ces logiques d’enfermement.

On prend un problème par un bout – et c’est souvent le mauvais – et on ne veut plus le lâcher.

On se contente de tirer un peu plus fort dessus et de dire qu’il faut que les autres lâchent le morceau.

C’est comme si vous vouliez creuser un puits de 1 puis de 2 puis de 10 km de profondeur pour trouver un gisement… Sans résultat. 🙁

Alors qu’en creusant un autre petit trou, un peu à côté et à seulement 20 m de fond, vous auriez trouvé votre bonheur. 🙂

L’insoutenable bêtise de la logique actuelle

Comment créer un problème et ne pas en trouver ensuite la solution ?

C’est la bonne question.

crossemyopeCar à force de se focaliser sur les moyens de résoudre le « problème » du logement social, on en oublie presque les fondamentaux de l’équation.

Pas vrai Emma ?

J’entends souvent dire : la demande est très forte, la liste d’attente est de 3 ans, les loyers du privé sont trop chers etc… ce qui justifie qu’il faut intensifier la production de logements sociaux.

Juste quelques éléments de réflexion :

  • qui a défini les plafonds de ressources qui font entrer 60 à 70 % de la population française dans un cadre d’éligibilité à l’un ou l’autre des « produits » (PLS, PLUS, PLAI) du logement social ?
  • Est-ce que – vraiment – les deux tiers des Français ont vocation à y prétendre ?
  • Est-il surprenant, quand on propose à une population de louer un logement moins cher que le prix logique (non subventionné d’une manière ou d’une autre), qu’elle essaie en masse de décrocher le jackpot ?
  • Ne pervertit-on donc pas ainsi la vision du besoin réel ?
  • Quelle part de nos concitoyens relèverait vraiment  du droit à un logement d’exception ? (60 à 70 % ???)
  • Pourquoi parle-t-on de logement social en ne prenant en compte que le logement locatif social ?
  • A mon humble avis, ce sont des humains qu’il faut loger ; ce sont donc les humains qui sont des êtres « sociaux » (et pas les immeubles).
  • La famille, support de l'immobilierPourquoi donc obliger ces humains à n’être que locataires pour les prendre en compte au titre d’un contingent pseudo-social ?
  • A revenu égal, ne serait donc social que l’occupant d’un logement locatif au sein d’un parc de logements dits sociaux, ces derniers étant forcément propriété d’un opérateur du logement social (familièrement dit : HLM) ?
  • Au nom de quelle perversion intellectuelle ?

Bref : de la même manière qu’il est facile d’accuser son chien d’avoir la rage quand on veut s’en débarrasser, décréter qu’une grosse majorité de Français relève du logement locatif social et s’étonner d’avoir ensuite des problèmes à remplir le tonneau des Danaïdes relève d’une inconséquence coupable.

Ou d’une vision atrophiée et déformée de la réalité ? 😉

Imaginez un peu une autre logique sociale du logement

Imaginez un peu que l’on dise que – en fonction des revenus des ménages – on estime que – par exemple – c’est 30 % de la population qui relève en fait de l’accès à une forme de logement moins chère que le prix du marché.

Ceci voudrait dire en bien des endroits de France que les quotas seraient déjà remplis.

Imaginez que l’on accepte de considérer les humainslocataires ou accédantset pas les parcs de logements sociaux locatifs, pour établir ce décompte : le solde des problèmes serait sans doute résolu.

N’y a-t-il d’avenir que dans le bailleur social ?

Préhisto bailleur
Social ? Pourquoi social ? C’est CRO l’ancêtre et l’avenir de tous les bailleurs !!!

Un motif d’espoir cependant : le rêve est l’avenir du bailleur ! 😉

Imaginez donc, après avoir beaucoup baillé et de manière déraisonnablement optimiste, que l’on accepte de convenir – pour l’avenir – qu’un logement d’initiative privée puisse devenir un logement à destination sociale, suivant le statut de son occupant (ce statut pouvant varier dans le temps, car les gens déménagent et leurs revenus peuvent évoluer).

Les problèmes de pourcentage de logements et de répartition géographique seraient immédiatement résolus par la banalisation de l’offre.

Tandis que la spécialisation des acteurs privilégiés du logement social crée depuis des décennies des rentes et des poches de logements potentiellement stigmatisés.
Cherchez l’erreur ? On en est à 10 kms de profondeur et on creuse encore…

crouton2Imaginez surtout que le pouvoir politique accepte enfin d’imaginer.
Et de redéfinir les contours et moyens d’une intervention sclérosée.
Inimaginable ? 🙂

Et si on essayait d’être collectivement intelligents et créatifs, au lieu de ressasser une posture cynique de lutte des classes sans espoir de lendemain ? 🙂

 

Allez, réfléchissez et bossez bien.
Je m’en vais bailler dans mon coin. Gentiment ! 🙂

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