Logement : les idées à la relance ?

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Quand un ministre déclare déjà travailler au contenu d’un plan de relance en faveur du logement, faut-il sagement attendre le résultat ?

Ou l’aider à faire preuve de créativité ? 🙂

Franchement, ce serait tellement dommage de le laisser travailler seul.

Même s’il est sûrement très bien entouré.

De bonnes intentions et de conseillers zélés. Mais pas assez ailés ? 😉

Car pour un redécollage, il vaudra mieux passer par les ailes que par des godillots en plomb… 🙂

Le virus a suffisamment plombé tout le monde comme ça !

 

Ah, les logiques de boîtes à idées, c’est si tonifiant ! Et imprévisible…

Comment savoir ce que chaque volontaire va glisser comme suggestion ?

Pertinente, impertinente, stupide, rusée, évidente, disruptive, classique, numérique, traditionnelle, chaque idée est potentiellement un abîme de réflexion.

Car, comme dans une pochette surprise, on peut trouver de tout dans une boîte à idées !

Défraîchi, déchiffré ou défriché ?

On a le choix. Entre des formules déjà connues – défraîchies – ou inutilement complexes – déchiffrées – ou novatrices – défrichées.

A chacun selon ses goûts et penchants naturels !

Mais, pour une solide relance, il vaut mieux marier bon sens et nouveauté plutôt que recuire des recettes ayant fait la preuve de leur inefficacité, non ?

Et travailler en équipe pour élargir le spectre des idées ?

Car défricher et découvrir de nouveaux horizons est autrement plus enthousiasmant que d’écouter en boucle les mêmes conseillers – certes – officiels mais aux compétences si limitées…

Chronique d’un changement de paradigme artificiel

– Salut mon poulet ! Tu vas bien ?

– Oui, pas de virus à l’horizon jusqu’ici… Et toi ?

– J’ai un petit souci ; j’ai été nommé par l’ANERIE (l’Académie Nationale des Economistes Repentis en Ingéniérie Ecoconstructive) pour faire partie d’une task force…

– Quoi ? Une tax force ? Encore des impôts ?

– Mais non, bougre d’âne, une task force, pour faire du brain storming !

– Hein ?

– Un groupe de travail, genre commando tu vois, pour se remuer les méninges et trouver de bonnes idées !

– Ah, là je comprends ! Et des idées sur quoi ?

– Sur la relance du secteur du logement et de la construction réunis. Faut réactiver la machine économique de la filière avant qu’elle ne s’étiole définitivement.

– Félicitations ! En matière d’ANERIE, tu t’y connais tellement bien… Ca va sûrement marcher.

– Oui, sauf que… j’ai un peu de mal à me renouveler. Tu ne voudrais pas faire partie de l’équipe ?

– Là, tu prends un risque…

– Au point où on en est, et vu les résultats des derniers temps, tout est relatif ! Allez, donne moi ta première idée !

– Bon. Voyons voir. Il faut que les gens puissent acheter plus facilement.

– On dit « agir sur la demande ».

– Ah, il faudrait alors agir puissamment sur la demande. Soit en diminuant le coût du crédit, soit en baissant les prix de vente.

– Pour le crédit, tu oublies, on ne peut pas gagner grand chose en matière de taux et de durée.

– Ben, faut baisser les prix de vente alors !

– Magnifique conclusion… et tu fais comment ?

– Tu décomposes et optimises tous les composants du prix de vente et donc du prix de revient.

– Rappelle moi, c’est quoi ton métier déjà ?

– Médecin légiste, pourquoi ?

– Oups. D’accord, on va disséquer ; mais à ma manière, je te rappelle qu’on travaille sur du vivant, là, ok ?

– Pas de problème ; tu le décomposes comment ton prix de vente ?

– Ben, y a le prix de vente hors taxes et la TVA pour former le prix TTC.

– Simple, on ampute la TVA !

– Je ne sais pas si l’état va être d’accord…

– Faut savoir ce qu’on veut dans la vie ! Ils gagneront sur le volume, sur  les indemnités de chômage, sur les cotisations sociales qui vont rentrer et tout et tout ! Et sinon, il y a aussi les transports et la distribution à ratiboiser !!!

– Heu, nous c’est immobilier. Genre immobile, tu vois. Le programme immobilier à roulettes, on ne l’a pas encore inventé. Donc, pas de transport pour la livraison dans le prix de vente.

– Et pour la distribution : clic clic clic, des coups de ciseaux, faut diminuer le coût de la distribution !

– Pas évident.

– Mais si c’était évident, on ne t’aurait pas demandé des idées !

– C’est pas faux.

– Et la matière première ? Abondante ? Bon marché ? Facile à mettre en œuvre ?

– Heu… non,  trois fois non. On a du mal à en trouver, on se tire la bourre entre professionnels, après on se fait planter par les élus locaux, et pour les survivants il faut affronter les recours et trouver un acquéreur HLM pour une vente de logements sociaux en bloc et à perte.

– Faut aussi tailler dans le foncier ! On n’enrichit que le vendeur. Faut le désintéresser avec des prix unitaires faibles mais une belle densité. Et rien d’autre à signaler ?

– Si : des taxes d’aménagement en hausse constante, comme les coûts de travaux d’ailleurs.

– Ah, tu vois bien qu’il y a des pistes !

– Oui, mais pas la volonté de s’en servir…

– Houla, mais c’est différent ! C’est des idées ou de la volonté que vous cherchez ? Parce que moi, dans mon métier, je découpe beaucoup mais je ne greffe pas. Je connais un copain qui fait ça. Mais attention, la greffe de parties génitales, c’est pas donné !

– C’est sûr. Une bonne paire… pour éviter les impairs, ça n’a pas de prix ! 🙂

– Dis, tu n’aurais pas oublié quelque chose, là ?

– Non, quoi ?

– Et la marge ?

– Hola camarade, mais la marge, c’est le sel de la vie, la cerise sur le gâteau, la prime à Noël, la raison de vivre du promoteur. On veut bien vivre en marge de la société, mais pas sans la marge, hein, faut pas confondre ! 🙂

– Vu comme ça… Mais tu es sûr d’être raisonnable au moins ?

Et en résumé, ça donne quoi ?

Ben, dans un premier temps, avec une approche simpliste :

une TVA de premier niveau à 5.5 % pour un bien fondamental, le logement en accession (sous plafonds le cas échéant)

le maintien et le renforcement du Pinel (taux de déduction), afin de ne pas perdre les contrats en cours et de réalimenter le désir d’investir (et, à très court terme, le report de 3 ou 4 mois du délai d’achèvement du 31-12 pour prendre en compte les retards de livraison des chantiers suite à la pandémie et valider en tant que millésime 2020 toutes les livraisons /achèvements intervenant jusqu’au 30 avril 2021 afin de maintenir le droit à déduction fiscale sur cet exercice).

un droit de regard et de signature des permis de construire par les préfets en cas de refus « abusif » par les maires, afin d’alimenter l’offre et de lutter contre la pénurie « de confort » d’élus locaux plus en recherche de réélection que « d’exemplarité résidentielle » (va falloir surveiller des signes éventuels de rejet après la greffe… ? 🙂 ).

Dans un deuxième temps, maintien de ce système de TVA réduite avec des contreparties comme une compression de plusieurs éléments du prix de revient avec par exemple double plafonnement du prix d’achat du foncier au m² de surface de plancher et du pourcentage d’honoraires commerciaux à un niveau raisonnable.
Donnant donnant ! 🙂

Ceci ne constituant bien sûr qu’une approche limitée de relance ponctuelle et ne formant pas politique du logement cohérente.
Qui nécessiterait une logique de temps long et de redéfinition des champs d’action, des périmètres et des compétences des acteurs au service d’une vision moins étriquée, moins clanique et moins segmentée du « service logement » en direction des ménages et pas en direction des corps constitués arcboutés sur leurs acquis…

Et un complément de boite à idées ?

Comme le format d’un article de blog est forcément limité et que l’autocensure quantitative (ah bon !) est la règle, ne vous retenez pas de jeter en pâture vos idées dans les commentaires !

Ils sont là pour ça… 🙂

Entre nous, on ne va quand même pas se priver de prendre de la hauteur ? 😉

Rappelez vous : il faut passer par les ailes !

Depuis le temps que CRO s’entraîne… 😉

Même s’il y a sûrement des méthodes plus modernes !

Taxi ptérodactyle ?
L’héliCROptérodactyle, c’est pas de tout repos ! Aaaaahhhhhh !!!

Donc, sans mésestimer les bienfaits du lâcher prise en certaines circonstances, je crois qu’il vaut mieux aujourd’hui s’accrocher !

Et ne rien lâcher…

 

Quoique. CRO va lâcher son clavier pour retourner confiner.

Surtout, éviter le surmenage en télétravail.

Déjà que le brainstorming ça fatigue… 😉

 

Reposez vous encore un peu.
Et bonne semaine ! 🙂
(…et pour les curieux, toujours les devises du jour sur Twitter https://twitter.com/MursEtOrteils )

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