Livraison d’immeuble : sauver les meubles !

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Comme disait mon arrière-arrière-arrière-arrière trisaïeul CROmoteur, la livraison et sa préparation sont un mal nécessaire.

Comme le client. 😉

Et comme le promoteur. 🙂

Parce que, se taper tout le boulot avant, plus les inénarrables agréments du chantier sans livrer l’immeuble à la fin, je ne sais pas moi…

C’est un peu comme croire au Père Noël et rayer le 25 Décembre du calendrier.

Une date qui – comme celle de la livraison pour le client – garde une légitimité allant bien au-delà du symbole. 🙂

Et qu’il faut donc consciencieusement et laborieusement pré-pa-rer !

 

Une livraison d’appartements neufs dans un immeuble collectif, c’est d’une banalité….

Après un temps de gestation proche de celle de l’éléphant, vient celui de la délivrance.

Mais aucun médecin pour vous proposer une péridurale, et aucune sage-femme pendant la préparation.

Juste des humains, et pas toujours très sages…. 🙂

Quand le compte-à-rebours bourre

Le compte-à-rebours (ou rétro-planning, comme on dit parfois avec l’accent de J’expire Shakespeare 😉 ) est le maître de cérémonie.

Car être à l’heure, c’est l’objectif affiché pour une bonne livraison : le genre de livraison qui fait plaisir au client, avec peu de réserves et le respect des dates prévisionnelles.

Autant dire que ce qui paraît banal revêt souvent certaines caractéristiques de l’exploit sportif.

Sauf que ce ne sont pas les boulets qui manquent.

Ni l’occasion de faire des boulettes…

Ce qui fait du mal au compte-à-rebours ! A la bourre…

Les aléas du chantier dans les 3 derniers mois

C’est un peu une grossesse à risques, un chantier.
On peut avoir des surprises, rarement bonnes (car bonnes, c’est uniquement quand ça se passe comme prévu), et ce à tout moment.

Bien sûr, l’acte signé chez le notaire prévoit que tout évènement (retard de chantier dû aux intempéries ou aux défaillances d’entreprises par exemple) retarde d’autant la livraison.
Mais le client ne garde dans le coin de sa tête que la première date qu’il a entendue.

Comme l’amoureux avec le premier sourire de Dulcinée… Je me sens romantique.  😉

Ceci n’est que moyennement préjudiciable (car on peut toujours écrire, expliquer et recaler la date) sauf quand, dans les 3 derniers mois, voire dans le dernier, l’imprévu surgit et remet la date en cause.

Car, une fois que vous avez annoncé au client sa date de livraison, en le convoquant officiellement, difficile de rétropédaler !

Certains ont donné leur préavis à leur bailleur, commandé le déménageur, posé des congés, calé des dates d’intervention avec leur cuisiniste…. bref, rien que penser à modifier la date, c’est la migraine !

D’autant que, depuis quelques années, avec le développement des VEFA HLM, le planning se rigidifie.
Un bailleur social impose en effet des délais de préavis calqués sur son fonctionnement et ses besoins.

Or, les processus d’attribution de logements sociaux sont lents et complexes (commissions d’attribution, attributaires de logements multiples, comme Préfecture, 1 % logement, communes, organismes HLM eux-mêmes….).
Et il est souvent demandé de s’engager à « Livraison moins 3 mois » sur un créneau d’une quinzaine de jours.

Ce qui ne pose pas de difficulté particulière sauf en cas de pépin de fin de parcours (défaillance d’entreprise, mauvaise coordination, vol de matériel difficile à remplacer avec des délais d’approvisionnement incompressibles).

Et les exercices imposés

En supposant que le chantier ne soit pas farceur (le dindon de la farce étant facile à identifier…) reste encore la dernière ligne droite à bien réussir.

Avec quelques haies à franchir élégamment et efficacement :

La communication client :
Il faut :

  • Inviter / convoquer le client à sa livraison, établir un planning à la fois compact (disponibilités du maître d’œuvre, du promoteur, des gestionnaires) et nécessairement souple à la marge pour répondre favorablement aux clients vraiment gênés par le créneau proposé.
  • Gérer les présences ou les pouvoirs.
  • Faire l’appel de fonds final et suivre les encaissements.
  • Relancer ceux qui ne répondent pas ou pas assez vite.
  • Préparer les documents contractuels de livraison et les accessoires (procès-verbal, état des lieux, clés, badges ….).

Les OPR : qui connaît les OPR ?
Ce sont les opérations préalables à la réception, menées – en général dans le dernier mois – par la maîtrise d’œuvre du chantier, qui fait le tour des ouvrages et relève toutes les imperfections et réserves futures.
Ces réserves sont communiquées aux entreprises qui doivent les lever au plus vite, car il faut ensuite faire passer le service de nettoyage pour avoir des appartements propres au jour de la livraison client.

Les concessionnaires :
Mais non, bande de Schtroumpfs ! On ne parle pas de vendeurs de bagnoles !

Les concessionnaires, ce sont tous ceux dont on a besoin pour faire fonctionner l’immeuble et offrir dès la livraison les services aux occupants. Par exemple ?

Le service des eaux : avoir fait raccorder et désinfecter le réseau puis poser les compteurs individuels et généraux.

ENEDIS et GrDF : avoir réceptionné les réseaux, obtenu les certificats CONSUEL et QUALIGAZ (et les identifiants PDL – alias point de livraison pour l’électricité – et PCE pour le gaz), fait poser les compteurs et obtenu la mise en libre service avant la livraison.

Bien sûr, il faut penser aux appartements mais aussi aux services généraux de l’immeuble, car sans électricité dans les communs, c’est pas top !

Pas d’éclairage dans les couloirs ou la cage d’escalier, pas de portail de parking qui s’ouvre, pas de VMC et pas d’ascenseur ! 🙁

Ascenseur qui est d’ailleurs un petit sournois, car combien de responsables de programmes débutants se sont fait piéger par….. le téléphone !!!?

Mais non, personne ne leur a fait de blagues au téléphone !

On ne rit, pardon, on ne riz pas avec ça. Faudrait être fou.

Ou avoir un grain ! Ou plusieurs ?

Comme dans un risoCRO ? 😉

RisocCRO
Plus on est de fous, plus on riz ! C’est bien CROnnu…

C’est juste que, si la ligne téléphonique de l’ascenseur n’a pas été bâtie et validée par l’opérateur, et qu’aucun abonnement n’est en place, l’ascenseur ne peut pas être mis en service (sécurité des personnes oblige, car on doit pouvoir contacter depuis la cabine un opérateur en cas de défaillance technique).

Et quand vous n’avez pas l’ascenseur, votre prestige personnel ou votre réputation en prend un coup ! 🙂
(le retour de l’ascenseur social ? 😉 )

Et le confort de l’immeuble aussi…
(pour mémoire, il existe maintenant une variante, avec la pose d’un module gsm dans lequel la société d’entretien de l’ascenseur insère une carte SIM)

Le sentiment du devoir accompli ?

Oui, bien sûr ! Mais pas vraiment…

Car après la préparation, il restera encore la livraison elle-même et le suivi des levées de réserves.

Le repos du guerrier, c’est après, quand tout est enfin au carré et tous les occupants bien dans leurs meubles.
Enfin sauvés… 🙂

Et ce n’est pas un parcours si facile !

 

Mais, dites moi, personne n’a d’anecdote sur ce sujet ? 🙂

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