Les petites joies des réunions de chantier….

Promoteurs et programmes Laisser un commentaire

Dans la vie d’un promoteur (enfin, un vrai, pas ceux qui sont endimanchés du soir au matin et qui ne parlent que stratégie, marketing, relations publiques et picaillons… 🙂 ), le rapport à la réalité de terrain comporte un volet essentiel et très matériel : le chantier.

Et la réunion de chantier est ce moment magique où le novice constate que les rêves de douceur des plaquettes de vente se fracassent sur les puissantes réalités des processus de production, la pluie, le vent, la boue, les chicaneries humaines et la complexité des interactions entre corps d’état.

Ah…. ce bol d’air frais et vivifiant, cet extrait puissant de testostérone et de sueur, cette odeur du réel dans le bungalow !!!

Comme l’irruption du concret dans la théorie ; ou comment maîtriser le contenu de la promesse client dans un parcours de production toujours très humain et qu’il s’agit de conserver le plus cohérent possible.

Vous savez quoi ?
Au début je n’aimais pas trop, mais il y a certains petits plaisirs auxquels on s’habitue ! 🙂

 

On ne peut pas se dire promoteur et ne pas avoir fréquenté les chantiers.

Et pas en mode touriste occasionnel équipé de mocassins cuir avec pompons à glands, hein 🙂 …. mais bien avec casque rivé sur la tête et chaussures de protection réglementaires au pied.

Car les promesses, c’est bien beau. Mais les tenir, c’est mieux.

Et le chantier, c’est ça.
Réussir à tenir des promesses, même dans la difficulté.

L’importance du chantier

Je vois souvent passer des documents commerciaux, benchmarking oblige ! 🙂

On y vante des emplacements, des prestations, des performances thermiques, on y promet des ambiances et des expériences de vie ; on y justifie aussi parfois – indirectement voire péniblement 🙂 – un prix.

Mais rien, strictement rien, sur la réalisation, sur cette phase besogneuse et ingrate au cours de laquelle tout se joue pour la satisfaction future du client.

Pourtant, la qualité de réalisation dépend de la bonne tenue du chantier, tout comme la prise en compte des TMA (travaux modificatifs acquéreur) ardemment souhaités par le futur habitant afin de personnaliser son logement.

C’est bien la qualité de cette réalisation et de son suivi qui garantira la bonne humeur du client lors de la livraison et sa satisfaction durable.

Et qui induira l’opinion de celui-ci et la note qu’il vous attribuera, influençant ainsi l’image et la réputation du promoteur.

Alors, le chantier…. on peut parfois le traiter de « mal nécessaire » , mais c’est surtout si bien de bien le traiter !

Et la réunion de chantier, c’est le pied ! 🙂
(avec chaussures de protection, d’accord…)

Les charmes dissimulés de la réunion de chantier

La réunion de chantier, c’est le cœur battant du chantier.

Le rendez-vous hebdomadaire au cours duquel le maître d’œuvre d’exécution et les entreprises font le point sur l’avancement des travaux, sur les points à corriger, sur le planning et les interventions à coordonner entre entreprises etc….
Prises de décisions à l’appui.

Les coups de gueule y sont fréquents, car l’entrepreneur aime bien sentir l’énergie de ses confrères et de l’architecte ou du maître d’œuvre d’exécution. 😉

Il est naturellement très taquin 😉 et c’est un grand affectif en soif de reconnaissance !

Et le maître d’ouvrage pendant ce temps là ?

Il adopte une attitude très naturelle.

Mais pas CRO naturelle, ni surnaturelle, hein ! 😉

Pas comme les frères CROgdanov….

Pas naturels, nous ? Mais si, tout est naturel ! Même si on a de gros…orteils !

Mmmmm…. pendant ce temps, le M.O. consulte donc naturellement et négligemment ses documents, il compte les points entre les participants, il soupèse mentalement les enjeux, les risques, l’impact éventuel de ce qu’il entend sur le respect des performances, de la qualité ou de la date de livraison promises aux clients.

Et – s’il prend parfois la parole – il susurre surtout (mais pas sur rien ! 😉 ) à l’oreille du maître d’œuvre d’exécution….

Car susurrer, c’est bien plus sûr, je vous assure ! 🙂

Une erreur majeure à éviter pour le maître d’ouvrage

Son nom est tout simple : l’immixtion fautive du maître d’ouvrage !

A quoi rêvent les promoteurs ?Oh, ce n’est pas un truc d’agent secret, du style immixtion impossible… 😉

Car l’immixtion est toujours possible.

Le tout est qu’elle ne soit pas fautive !

En gros, mettre les pieds dans le plat, quand ce n’est pas vous le cuistot, ça n’est pas bien.
(D’abord, ça salit les orteils, ce qui n’est pas CRO ragoûtant 🙂 )

Et puis à chacun son rôle, quoi !

Du coup, il vaut mieux susurrer à l’oreille des chevaux de son maître d’œuvre d’exécution afin que ce soit lui qui prenne la parole ou qui consigne ses remarques ou ordres (après avoir fait siennes vos interventions si elles sont pertinentes) dans le compte-rendu de chantier.

Car il faut comprendre une chose essentielle : le maître d’ouvrage n’est pas réputé compétent (ah bon, il n’est pas Dieu ? 😉 ).

C’est certes lui qui passe commande, mais ensuite ce sont les gens dont il s’est entouré qui sont supposés être « les sachants » (architecte et maîtrise d’œuvre en général, dont bureau de contrôle technique, et bien sûr entreprises).

Il vaut donc mieux d’éviter de prendre position de manière abrupte ou de donner directement des ordres, surtout si ce sont des inepties.

De fait, la jurisprudence sanctionne régulièrement et impitoyablement les maîtres d’ouvrage à grande bouche dont les consignes douteuses ont pu causer un préjudice ou un litige dont ils auraient ensuite généreusement voulu attribuer la paternité aux autres….

Oh ! Une sorte de procréation assistée ?

En clair, l’immixtion oui, mais l’immixtion fautive, non !

Car ce n’est vraiment pas joli de fauter…. 😉

 

Bon, si vous avez une envie d’immixtion, ne vous sentez pas fautifs !
Mais soulagez vous discrètement… on ne voudrait pas être tenus responsables ! 😉

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