Le PTZ+… ou moins ???

Accession à la propriété 3 commentaires

PTZ plusNon mais, sérieusement, vous pensez vraiment qu’on nous en donne plus en ce moment ?

En fait, ça dépend, un peu comme l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein. Sans compter que moi, ce qui m’intéresse le plus, ce n’est pas de savoir si le verre est à moitié vide ou plein, mais ce qu’il y a dedans !

Tsss Tsss, pas de commentaires désobligeants, je vous prie, je ne pensais pas uniquement au breuvage, j’utilisais une image pour illustrer le fait que la consistance (d’une mesure) n’est pas uniquement liée à la quantité.

En fait, tout ça vient d’une conversation très récente entre promoteurs à propos de la dernière version du Prêt à Taux Zéro plus millésimée 2013.

Morceaux choisis :

– « au moins ça va dans la bonne direction »

– « non mais, tu es fou, baisse des quotités et des plafonds de ressources, c’est très mauvais ! »!

Bon, à partir de là, vous avez compris que l’appréciation est toute relative, et encore s’agit-il d’une conversation entre professionnels qui ont lu le texte et l’ont parfaitement compris. Mais diversement apprécié…..

Le retour du PTZ+

Resituons le contexte :

– l’Etat n’a plus beaucoup d’argent et il ne veut pas en mettre davantage dans l’accession à la propriété. Les discours incantatoires sur les 500 000 logements ne résistent pas à la pression budgétaire. Le poids du PTZ+ 2013 sera de l’ordre de 820 millions d’euros, comme en 2012

– Optimiser la pénurie, c’est donc supprimer les effets d’aubaine, comme celle qui permettait à des ménages plutôt aisés de recourir au PTZ+ pour diminuer le coût relatif de leur financement sans que le recours au PTZ+ soit le moins du monde décisif dans leur capacité (et leur décision) à acheter un logement neuf

– A contrario, aider les moins fortunés à franchir le cap de bonne espérance du financement permet de déclencher effectivement des achats supplémentaires. L’outil ? Le différé de remboursement, qui repousse les échéances financières du PTZ+ après celle de l’emprunt principal. En principe…

La voie choisie par l’Etat :

– pour économiser les deniers et rester dans l’enveloppe, on diminue les plafonds de ressources de chaque tranche de bénéficiaires, ce qui va mécaniquement en diminuer le nombre. Et pour faire bonne mesure, on diminue aussi les quotités de prêt afin que les heureux élus consomment moins de PTZ+…

– en contrepartie, on crée pour ceux qui en ont vraiment besoin de vrais différés de remboursement, de nature à déclencher une vraie « resolvabilisation » et un coup de pouce décisif en pouvoir d’achat supplémentaire.

Le résultat des courses : c’est pas du gâteau !

A l’arrivée, le PTZ+ 2013 ce n’est vraiment pas du gâteau. Nos pauvres petits bonhommes préhistoriques qui croyaient benoitement se goinfrer dans le renouveau de la primo-accession vont quelque peu déchanter.

PTZ+ 2013
Allons CRO, ne fais pas l’enfant !

Pourquoi ? parce qu’une réforme trop timide ne sert à rien et que la logique comptable n’a jamais fait l’effet d’un plan de développement.

La réforme peut ainsi donner l’impression qu’elle va dans la bonne direction, ce qui est vrai, mais son calibrage insuffisant la privera de tout effet significatif sur les volumes. Un peu comme un magnifique pont qui s’arrêterait au milieu du fleuve. Ô gué…..

Ceci ne veut cependant pas dire que la réforme ne pourra pas vous être personnellement bénéfique, si vos revenus vous classent dans les deux premières tranches de ressources (les moins élevées) vous faisant ainsi bénéficier de différé de remboursement.

Pour les autres, passez votre chemin, car dès la tranche 3 il n’y a plus de différé et le PTZ+ n’est plus du tout décisif (même si vous pouvez avoir intérêt à emprunter à 0 %).

Le détail des mesures modificatives du PTZ+ 2013

Le décret du 29 Décembre 2012 donne le détail des plafonds de ressources par zone, des quotités, des profils de remboursement et des limites de tranches.

Chacun pourra se faire une opinion personnelle, mais je regrette personnellement la solution tiède retenue qui maintient encore quelques effets d’aubaine (les tranches 3 à 5 n’ont aucun intérêt en termes de caractère décisif d’aide à l’achat (un prêt à 0 % sur 20 ans au niveau mensualité c’est comme un prêt à 3 % sur 23 ans et 2 mois qu’il est possible de négocier en financement principal, alors ne parlons même pas d’un remboursement sur 16 ou 12 ans)….

Cet argent est donc quelque part gaspillé dans l’océan de l’inutile ou du politiquement correct, alors qu’il aurait pu être utilisé de manière déterminante dans le renforcement des 2 ou 3 premières tranches (différé et quotité) même en acceptant de raisonner à enveloppe budgétaire constante (ce qui très discutable quand on se rappelle l’enveloppe de 2 à 3 milliards de l’accession, en ce compris la défiscalisation des intérêts d’emprunt, il y a encore 2 ou 3 ans).

Une bonne occasion de ratée ? Sans doute, mais comme on parle du neuf c’est peut-être logique ? 😉
Espérons surtout que les textes soient à l’avenir amendés avec un peu plus de lucidité et de courage…

 

J’aime bien les débuts d’année ; il y a toujours de la matière à grignoter. Et vous, 2013 vous inspire ?

 

 

 

3 réflexions au sujet de « Le PTZ+… ou moins ??? »

  1. Assez d’accord avec ton appréciation. Il y a un peu de gâchis dans certaines tranches. Disons que les mesures sont déterminées un peu à la va-vite je pense.

  2. Il est fréquent que les pouvoirs publics privilégient l’eau tiède et le respect strict d’une enveloppe budgétaire ; ce qui n’est pas le meilleur schéma de pensée pour définir des dispositifs pertinents et efficaces. Un pont trop court ne sert à rien… Sauf à aimer les bains de pied !

  3. Les tranches sont vraiment basses, et dans toutes les zones. Peut-être devrait-il y avoir plusieurs tranches, une augmentation progressive du taux. Ex. : en dessous de X€/an de revenu, taux à 0% ; de X à Y€/an, taux moyen constaté divisé par 2, au dessus de Y€ par an, aucune aide.

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