Le logement prisonnier de ses mots

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La maîtrise du langage est quelque chose d’essentiel.

Quand on voit le soin apporté à toutes les communications officielles, on se dit que les mots doivent avoir quelque importance.

Mais pas forcément pour expliquer librement les choses. Au contraire ?

Car maquiller la vérité à coups de botox sémantique ou de trompe-couillon verbeux, c’est aussi un art : celui du camouflage.

Il y a donc manière et manière de dire les choses.

Ou bien, des choses que l’on a le droit de dire.

Et d’autres qu’il serait gauche d’exprimer.

Ah bon ? Même dans le logement ? 😉

 

Il y a trop souvent des moments où on a envie de donner de petits (ah ? petits seulement ? 🙂 ) coups de griffe.

Mais on n’est pas armé pour ça.

Il faut en effet des capacités hors du commun pour se permettre des écarts de langage…. 😉

Arrhes et la manne, hier, de dire les choses

Difficile de faire des avances sans risquer gros.

Hier, la langue de bois, le consensus mou, le politiquement correct, la bienséance, le respect protocolaire commandaient, explicitement ou implicitement, de savoir tenir sa langue.
Même bien pendue.

De se forcer à retenir les éclats de vérité malséants, ceux dont le verbe frisait le hors sujet

Il fallait ainsi inventer des paraphrases, pour comparer l’obstacle à son succédané lexical :

Idée spontanée : « Le logement devient trop cher du fait d’un amoncellement stupide de règles contradictoires et inopérantes. »

Langue bridée : « un logement, c’est l’investissement d’une vie » , ce qui justifie immédiatement de manière sous-jacente que le terme « bon marché » soit celui qui empêche le citoyen de base de le faire (son marché).

On s’est ainsi habitué à accepter de petites facilités verbales, beaucoup moins crûes que l’idée initiale.

Mais l’aversion la version sophistiquée, si elle est moins crûe est également très souvent moins crédible car affadie.

Donc, à la fin, qu’est ce qu’on contrôle et qu’est ce qu’on trolle ? 🙂

C’est comme on veut.
Chacun est libre de donner sa pleine mesure.
On y va ?

On ne dit  pas : « l’éthique de certains professionnels laisse à désirer » .
Mais on dit : « y a pas d’amour en présence des tiques pros » .

On ne dit pas : « je me méfie de ce que va donner la loi ELAN » .
Mais on dit : « si c’ELAN, c’est pas une voie express ! » .

On ne dit pas : « tiens, la taxe d’habitation va disparaître ! » .
Mais on dit : « zut, les maires vont avoir envie de faire grimper en flèche la taxe foncière ! » .

On ne dit pas : « le concept de l’accession à prix maîtrisé en immeuble collectif est sympathique » .
Mais on dit : « grimper dans les tours, c’est toujours de l’accession ? » (oui, surtout quand l’ascenseur social est en panne) .

On ne dit pas : « la politique du logement en France est efficace » .
Mais on dit : « en matière de logement, si même le poli  tique, le mal élevé reste en bas ? » .

On ne dit pas : « le logement social est dans le collimateur » .
Mais on dit : « qui HLM bien, châtie bien ! » .

On ne dit  pas : « il faut raboter l’APL » .
Mais on dit : « prends ton seau, ton APL et ton rabot ! » .

On ne dit  pas : « il faut plus d’accession à la propriété mais sans PTZ » .
Mais on dit : « sans péter les aides, on peut mieux accéder ? » .

On ne dit  pas : « il faut tout contrôler dans la formation des prix du logement » .
Mais on dit : « plancher sur des plafonds, ça porte à conséquence pour l’achat des murs ? » .

On ne dit  pas : « le Pinel est le fer de lance de l’investissement locatif ! » .
Mais on dit : « ho Pinel, tu coûtes aux Suisses ou tu rapportes aux Français ? » .

On ne dit pas : « l’état est notre père à tous pour offrir des parcours résidentiels généreux » .
Mais on dit : « état sœur, tu veux dire ! » .

Vous voyez, la subtilité sémantique c’est de savoir peser le choix des maux.
Sans toujours choisir le moindre…. 🙁

Je vous laisse le soin de continuer le jeu et de nous proposer vos perles en commentaires si le cœur vous en dit ? 🙂

Et aujourd’hui ?

L’étang change, comme disent les crapauds.

Maintenant, on prétend nommer les choses par leur nom… 😉
Un exemple récent ?

« Conférence de consensus » , pour faire plaisir aux sénateurs, alors qu’il semble que plus d’un sujet sera traité par ordonnance (ce qui n’est pas vraiment le sceau du consensus) et qu’une forte odeur de communication flotte sur la méthode.

« Loi ELAN » , qui dispose d’un avant-projet de loi rédigé, alors que la Conférence de Consensus aurait dû, en cas de sincérité de la démarche, disposer d’un cadre très souple, voire des pleins pouvoirs (ceci venant après une pseudo consultation sans suite, comme c’était prévisible, de la fin Août).

Commencerait-on par des conclusions déjà décidées pour mieux les habiller d’un habit d’acceptabilité méthodologique ?
Rrrrôh… le vilain soupçon, ce ne serait vraiment pas glorieux ! 😉

Là, ça mériterait vraiment un gros coup de griffe pédagogique !

A la manière de CROlwerine ! Si vous motorisez…. 😉

Wolwerine préhistorique
Attention, je sors les griffes pour le premier qui nous fait prendre des V6 pour des lanternes !

Espérons au moins que cette menace de justice héroïque immanente permettra d’éviter un marigot législatif immobilier à la manière de Notre Drame des gLandes.

Parce que si l’étang change, il pourrait sûrement nous faire marais ?
Pas gagné, mon cochon, déjà que la raie au porc s’affesse…. 😉
(zut, pardon pour la faute, M. Pivot 🙁 )

Bah, on y reviendra postérieurement… et on soupèsera alors les mesures objectives, leur portée, leur cohérence et leur efficacité supposée.

Mais pour le reste, aujourd’hui ressemble encore bien trop à hier ; la Commedia dell’arte est toujours bien en cour.

Ce qui veut d’abord dire qu’on n’en a tiré aucune leçon ! 😉

Allez, encore un petit effort, il n’est pas interdit d’être innovant et courageux pour être efficace, au lieu d’être faussement raisonnable.
On trouvera toujours un scribe pour réviser la cour… de l’histoire ?

Vous savez quoi, braves gens ?
On ne dit pas : « les habitudes ont la vie dure ! » .
Mais on dit : « la routine, mais la roue tourne ! » .

Hé oui, je sais, ce n’est pas brillant, mais ce n’est pas seulement en se contentant de pleurer qu’on verra les mous choir !
Même s’ils sont de sortie.
(c’est pire, non ? 😉 )

Faut bien rigoler un peu, aussi… 🙂
Ca donne du bon mouvement !

 

Et vous, vous dites quoi ? Les mous, ça se dynamise ?
Bonne semaine ! 🙂

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