La petite maison (adaptée) dans la prairie

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crolomboBon, je ne vais pas vous faire du cinéma.

En plus, c’était de la télé. Et dans les années 70-80.

Il y a deux éternités (une, ce n’est pas assez 🙂 ).

Séquence émotion et nostalgie, car « la petite maison dans la prairie » vient définitivement de disparaître des écrans radar.

Il reste bien encore quelques prairies, mais concevoir une petite maison adaptée au handicap va commencer à devenir franchement sportif.

Paradoxe… à moins de demander à un détective d’en retrouver ?

 

Pour les momifiés de la TV, les indéCROttables du petit écran, une mauvaise nouvelle : plus de Petite Maison dans la Prairie

L’état est passé par là.
Et quand les tapas, le reste du repas est souvent indigeste. 😉

Joignant l’indigeste à la parole, je vous explique ! 🙂

Les derniers développements réglementaires

Le contexte législatif vient d’évoluer en fin d’année. On a été gâtés.

Le 24 Décembre, un arrêté et un décret juste avant le passage du Père Noël !

Pour les amateurs de détails, le décret c’est par ici et l’arrêté c’est par là.

Vous en avez sûrement déjà entendu parler en bien, puisque pratiquement tous les spécialistes du neuf ont salué ces textes comme un progrès évident.

Il y a donc de nouvelles précisions (par exemple les accès entre séjours et balcons, loggias ou terrasses) et quelques assouplissements mineurs, plus une avancée réelle. Les TMA.

Les TMA, alias travaux modificatifs acquéreurs, sont les demandes de modifications de prestations ou d’aménagement demandées par les acquéreurs désireux de personnaliser leur logement.

Si certains TMA ne posent pas problème (remplacement de papier peint par une peinture ou déplacement d’une prise électrique), la réglementation handicapés posait de sévères limites à l’adaptation d’espaces au goût des clients à cause du respect impératif à la livraison de certaines dimensions ou gabarits (1.50 m par exemple devant tous les éléments de cuisine…).

Maintenant, on peut accepter ces types de demande à condition de pouvoir revenir au « gabarit handicapé » avec des travaux très légers.
Donc un vrai progrès.

Mais toute médaille a son revers. Et l’heureux ver est dans le fruit ! 😉

Une bévue dans le potage ?

Mais pourquoi faut-il toujours qu’il y ait un bémol, un oui mais, un je ne sais quoi d’imperfection ?

Un cheveu dans la soupe ou une boulette ? Après les tapas… 🙂

Bref, là où l’état passe, la liberté de concevoir trépasse.

Le point qui me chagrine est le suivant.
En tant que promoteur je réalise assez régulièrement dans mes programmes des maisons individuelles (appelées aussi maisons groupées).

Jusqu’ici la réglementation permettait – pour les maisons à étage – une conception avec un rez-de-chaussée comprenant Séjour-cuisine-wc- et lavabo dans les WC car l’unité de vie était ainsi définie que ce point d’eau était considéré comme suffisant.

Pour un T3 de 60 m² on arrivait ainsi à superposer 2 modules de 30 m² (RDC = entrée, séjour, cuisine, wc ; Etage = 2 chambres + salle de bains et dégagement). Nickel.

Pour un T4 de 80-85 m², pareil avec un séjour – cuisine un peu plus grand en bas et une chambre de plus à l’étage. Le bonheur.

Maintenant la nouvelle définition de l’unité de vie, décrite dans l’arrêté du 24 Décembre, devient :

dans le cas de logements réalisés sur plusieurs niveaux, le niveau d’accès au logement comporte au moins la cuisine ou la partie du studio aménagée en cuisine, le séjour, une chambre ou la partie du studio aménagée en chambre, un cabinet d’aisances et une salle d’eau.
Dans le cas où le bâtiment est soumis à des contraintes liées aux caractéristiques de l’unité foncière ou aux règles d’urbanisme, l’unité de vie est composée de la façon suivante : le niveau d’accès au logement comporte au moins la cuisine ou la partie du studio aménagée en cuisine, le séjour aménageable en chambre, un cabinet d’aisances comportant un lavabo ainsi qu’une réservation dans le gros œuvre permettant l’installation ultérieure d’un appareil élévateur vertical pour desservir la chambre et la salle d’eau accessibles en étage. Après l’installation d’un appareil élévateur vertical, les dispositions architecturales du logement continuent de satisfaire aux règles du présent arrêté.

Ceci revient (à partir du type 2 puisque les studios ont des contraintes allégées) à ajouter une chambre et une salle de bains de plein exercice en rez-de-chaussée.
Aïe. Ouille.

Vous imaginez un peu la tête de notre gentil T3 de 60 m² avec non plus 30 mais 45 m² en rez-de-chaussée et une seule chambre en haut avec escalier et dégagement pour y mener ?
Totalement débile en termes d’esthétique, de prix de revient et donc de prix de vente et d’impact en termes de densité urbaine.
On va donc gaspiller de l’espace, renchérir la construction de manière très significative et avoir des volumes disproportionnés entre RDC et étage.

C’est pratiquement la mort de la maison individuelle telle qu’elle est réalisée par la promotion immobilière actuellement.

Controverse possible ? Les insouciants ou les optimistes (ou les mieux informés que moi ? 🙂 ) rétorqueront que non, car il existe une dérogation (les fameuses « contraintes liées aux caractéristiques de l’unité foncière ou aux règles d’urbanisme ») qui permet de conserver l’unité de vie comme avant à condition de prévoir une réservation dans le plafond afin d’y installer plus tard et éventuellement un ascenseur….

Immense stupidité à plusieurs titres :

  1. réserver un espace pour plus tard ( a priori depuis le séjour vers la chambre), va à la fois pourrir – au moment de la transformation – le séjour et la chambre d’arrivée, ce qui va transformer le T3 en T2 et le T4 en T3.
  2. ceci est une solution de repli illusoire applicable uniquement pour les particuliers ou les pavillonneurs construisant pour les particuliers. Pourquoi ?

Si un particulier achète un petit terrain étroit, il pourra éventuellement justifier de contraintes liées à l’unité foncière ou aux règles d’urbanisme. 🙂

Mais quand un promoteur achète un terrain de 5 000 à 30 000 m² par exemple, dites moi comment il peut justifier de contraintes liées à l’unité foncière ? 🙁
Au lieu de faire des façades de 6 m, il n’a qu’à en faire de 9 m.
Rien ne s’y oppose vu la taille de son terrain, il s’agit simplement de dessiner / concevoir autrement. Ce qui va conduire à dédensifier grandement et par ricochet à gaspiller l’espace et renchérir le coût du foncier pour l’acquéreur.

Me voilà donc fort perplexe car je ne vois pas comment – si on fait une lecture stricte du texte – on pourrait appliquer la mesure dérogatoire.

A moins d’une circulaire qui viendrait préciser avec bonté d’âme et une immense générosité d’appréciation l’accès au dérogatoire.

Ou à moins que la notion de « solutions d’effet équivalent » ne valide des escaliers avec une surlargeur suffisante pour y adapter des fauteuils mécaniques ? (impact conception et prix aussi mais moindres)

Bref à ce stade, je suis plus que perplexe car tout le monde devrait avoir pris conscience que les ressources sont limitées.
Et que plus personne n’a d’espace, d’argent à gaspiller et que l’empilement des normes aberrantes doit être hors la loi. Et on continue ?

Pauvres petites maisons… 🙁

D’où la question existentielle : si la petite maison dans la prairie a disparu, c’est qu’il n’y a plus de petite maison ou que la prairie s’est volatilisée ?

Une affaire de spécialiste, vous en conviendrez…..

Allo, Mr CROlumbo, vous avez une idée ?

crolombo
Une petite maison dans la prairie ??? Pas possible…. vous avez déjà fumé toute l’herbe ! Y a plus d’prairie !!!

 

C’était donc ça ! Il ne reste plus qu’à le prouver.

Je vais peut-être aller m’acheter une 403 et demander à ma femme.
Avant de commettre un imper, heu non, un impair ! 😉

A propos d’impair,

mode moqueur on : vous croyez qu’ils ont fait exprès ou que c’est juste le reflet d’une certaine incompétence ?

mode respect on : vivement quelques précisions pratiques pour passer de l’ombre à la lumière !

 

Si certains ont des infos sur les petites maisons et le handicap, je suis preneur !

 

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