La chaudière SRU sous (taux de) pression ?

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La loi SRU est une merveilleuse invention.

Et l’article 55 en est le joyau.

Magnifié par l’action de Sainte Cécile qui en a porté le taux de 20 à 25 %.

Et ne voilà-t-y pas, braves gens, qu’on nous propose (heu, non, on nous impose) une magnifique adaptation de son champ d’application ?

Avec un taux de pression à la manœuvre…

Je me sens à nouveau habité par le souffle puissant du vent de l’histoire immobilière.

C’est tellement émouvant ces aventures collectives sous pression ! 🙂

J’en frémis déjà… et encore… 😉

 

La caution morale des mathématiques est un vieux tour de passe-passe.

Si on calcule un indicateur, c’est qu’il est forcément objectif et neutre.

Et que ce qui en découle est l’expression d’une vérité (à la menthe ?) absolue.

Sauf que…. rien n’est jamais simpliste dans la vraie vie !

Mais qui veut encore vous faire l’article 55 ?

Marrant, ce besoin de survendre un produit mal conçu.

On nous refait encore l’article de l’article 55.

Dans les conditions qui prévalaient jusqu’ici, son application était d’une rare stupidité comme nous l’avions déjà vu ensemble.

Et les calculs (tiens, encore des maths) montraient que le plus souvent l’objectif fixé de 25 % tenait de l’impossibilité physique. Et du cynisme.

Mais, pour un politique, remettre en cause un pourcentage brandi comme un étendard revient à capituler en rase campagne media.

Alors que, pour le commun des mortels, c’est l’efficacité réelle d’une mesure qui compte

Il n’empêche que, en sous-main, nombreux étaient ceux – y compris dans l’administration et parmi le « personnel » politique – qui prenaient enfin conscience de l’impasse des règles du jeu officielles.

La question devenait donc : attendre et constater l’échec inéluctable ou modifier quelque chose ?

Alléluïa, mes frères de toutes croyances ou mécréants, c’est la voie de la modification qui a été choisie !

Enfin, en principe…. 🙂

Des mathématiques au secours de la posture médiatique

Bon, si on modifie parce que c’est les maths qui le disent, on se déjuge pas, hein ? 😉

Ni soi-même, ni la chaîne des ministres qui ont conçu, validé et cautionné le machin à 25 %.
Donc, on change sans changer.
On y touche sans en avoir l’air.
En sifflotant, comme si de rien n’était.

Et donc, on invente un juge de paix mathématique supposé réconcilier.
Alors que c’est le fruit d’une division ! 😉

Ben oui, on calcule un ratio. C’est donc techniquement bien une division ! 🙂
Et on le baptise « taux de pression ».

Pour faire de la mousse, comme avec la bière ? 🙂
Ou pour une mise en bière, sans se faire mousser ?

Ce fameux « taux de pression » est donc le nouvel indicateur officiel, l’alpha et l’oméga du calcul de la pression dans la chaudière du logement social à la sauce article 55.

Une pression élevée dans la commune ? Alors vous aurez droit à un objectif élevé.

Une pression faible ? Un objectif moins élevé voire même l’espoir d’échapper à l’obligation….

Joli moyen de contourner l’obstacle pour une partie du territoire !

Dans la pratique, ce sont deux décrets du 5 Mai 2017, formant un tout, qui donnent naissance au dispositif comme l’expose un article du Moniteur.

Et ce ratio, c’est la division entre le nombre de demandes et le nombre d’attributions (de logements sociaux) d’une commune.

On touche là au dis 20 ou dis 25 divin !

Car si le calcul se révèlera forcément juste, les termes de l’équation sont-ils pertinents ?

Le doute m’habite 🙂  .

Supposons le cas d’une ville manifestement concernée dans une grande agglo et qui n’aurait aucun logement social parce qu’elle aurait toujours traîné les pieds.

Réduire ses dettesZéro (demande) divisé par zéro (attribution) = la tête à Toto ?
Difficile de conclure mathématiquement….

Autre travers possible : le comportement des humains.
Si vous avez 10 logements sociaux dans une ville et qu’il n’y a pratiquement pas de mouvement au sein de ce parc, la pression va être faible car tous les gens du coin vont soit en ignorer l’existence, soit se dire qu’ils n’auront jamais la moindre chance d’en avoir.

Conséquence probable ? Ils ne formeront pas de demande sur ce territoire, alors que c’est l’insuffisance même de l’offre qui en est la cause.

Ceci me rappelle une histoire vraie de logement social où un service location disait que sur la commune de « XXXXX », il n’y avait pas de demande de T4 auprès de son organisme et donc pas de besoin.
Le pire, c’est que c’était factuellement vrai et sincère.

Sauf que…. comme l’organisme n’avait pas de T4, quand un quidam se renseignait au téléphone ou auprès de l’agence, on lui répondait qu’il n’y avait pas de T4 dans le parc de cette commune.
Et pourquoi voulez vous donc qu’un humain normalement constitué s’enquiquine à faire une demande dont il sait (ou croit savoir) par avance qu’elle n’a aucune chance d’aboutir ?

Il faudrait vraiment qu’il ait une toute petite tête…. comme celle que sont capables de former les indiens JivaCROs !

Ils ont de gros orteils mais ils aiment bien les p’tites têtes, les JivaCROs… 🙂

On peut aussi réduire plus facilement les pourcentages pour les faire entrer dans les têtes !

La morale de cette histoire, c’est que les maths n’expliquent pas tout et qu’un pseudo mouvement réglementaire peut donner des primes à l’immobilisme à certains endroits.

A moins que ce ne soit le but recherché ? 😉

Ne jamais sous-estimer la compétence ou l’incompétence ! 🙂

Et des mesures complémentaires peut-être ?

Mais oui !

D’un autre côté, comme ces fichus taux sont difficiles à atteindre, on va incorporer dans le nombre de logements sociaux des ingrédients qui n’étaient pas pris en compte jusque là.

Oh, rassurez vous, pas l’accession sociale…. c’eut été une révolution… 😉

On va donc gonfler les chiffres et gentiment y intégrer des logements du parc privé « mobilisés à des fins sociales » ou des terrains familiaux locatifs affectés aux gens du voyage.

Mais c’est pour ça que ça bouge enfin ! Eurêka ! 🙂

Bon, mais si on voulait se mettre vraiment en marche, et en marche avant rapide, il faudrait peut-être changer totalement de logiciel et ne pas s’intéresser aux logements mais aux humains pour juger du social.

C’est l’occupant d’un logement qui est social (en fonction de ses caractéristiques humaines et financières) et pas le logement.

Essayez un peu de discuter avec un logement….

Ce qui n’empêche pas d’apprécier à sa juste valeur la tentative actuelle d’ajuster en douceur le champ d’application de l’article 55 de la loi SRU.

Ne dit-on pas d’ailleurs que….

Les champs d’application sont les chants les plus beaux.
Comme ceux des sirènes ? 😉

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