La bulle du PAP ? Séquence nostalgie…

Accession à la propriété, Billets d'humeur 2 commentaires

le PAP des seventiesAujourd’hui, coup de projecteur sur une vieille gloire de l’immobilier, flashback sur une vedette des Seventies, le Travolta de l’accession à la propriété, la soeur Thérésa du petit prix, l’abbé Pierre du logement abordable, j’ai nommé….. le PAP !

Vous l’aurez deviné et autant le dire tout de suite. On ne parlera pas du pape en soutane. Même s’il lui arrive aussi sûrement de buller.

Non, c’est une autre forme de PAP qui nous intéresse (né en 1977, il est un peu plus jeune que son plus célèbre cousin…), car au-delà de l’ambiance générée par le disco ou les « pattes d’eph », il faut avouer que l’époque avait ceci d’agréable : une vraie politique d’accession à la propriété populaire et un outil certes complexe, mais adapté et adopté !

3 lettres qui ont compté pour de nombreuses familles (et pour quelques promoteurs aussi) : P.A.P., comme Prêt aidé d’Accession à la Propriété. Comme Prêt à Porter aussi, tant il est vrai que le PAP ne visait pas à loger les millionnaires mais à satisfaire le plus grand nombre en démocratisant l’accession à la propriété.

Nostalgie du PAP ou d’une vraie politique en faveur de l’accession à la propriété ?

C’est la bonne question. En fait, ce qui est frappant dans les mesures des dernières années et dans les déclarations d’intention du nouveau gouvernement, c’est le peu d’ambition collective en matière d’accession à la propriété. Toutes tendances politiques confondues.

Ce qui est dommage puisque les conditions de financement en termes de taux d’intérêt n’ont jamais été aussi favorables que sur la période récente (si on raisonne sur du long terme).

Ce qui est étonnant quand on sait les divergences idéologiques parfois soulevées sur le volet de l’investissement locatif privé.

Ce qui est décevant puisque les premiers temps de la communication sur le plan Duflot ne comportent rien sur le sujet, sauf peut-être un début de rumeur de retour du PTZ+ pour le logement ancien (ce qui serait une erreur à bien des égards, sauf à ce qu’il y ait obligation de travaux de remise à niveau thermique à l’égal du neuf ou presque).

Bref, rien d’extraordinaire à se mettre sous la dent pour composer le menu ordinaire de l’accédant.
Encore un peu, et on pourra d’ailleurs parler d’accident à la propriété, tant parvenir à devenir propriétaire pourra ressembler à une erreur de parcours !

Et c’est ce peu d’ambition qui fait rétrospectivement et nostalgiquement penser à certaines des qualités de feu le PAP.

Que retenir du calibrage d’un dispositif financier comme le PAP dans les conditions actuelles ?

Si l’on regarde en creux le parcours des dispositifs relatifs à l’accession à la propriété « ordinaire » on s’aperçoit de quoi ?

Que leur définition a souvent été le fruit de facteurs incongrus comme les économies budgétaires, l’air du temps et une vision lointaine de la réalité.

Comment expliquer autrement le passage du PTZ au PTZ+, puis sa dernière modification (pour cause de grosses économies budgétaires) qui a notamment modifié les profils de remboursement (et singulièrement les différés possibles) au point de pénaliser les ménages les moins fortunés, c’est à dire ceux qui ont réellement besoin de ce coup de pouce, et de transformer le PTZ+ en effet d’aubaine (car ils auraient eu les moyens d’acheter sans lui) pour une bonne part des emprunteurs qui y ont eu recours.

En revanche, quand on regarde dans le rétroviseur les grandes lignes du PAP, on remarque illico…

  • de gros défauts : prêts à taux révisable avec taux d’intérêt élevés, prix de vente parfois révisables. Mais ces défauts étaient liés au contexte de l’époque (forte inflation et coût du crédit élevé)
  • une somme de règles du jeu complexes et contraignantes, qui poussaient toutefois à une maîtrise des projets. A titre d’illustration, quelques caractéristiques :
    • aide versée par l’état aux banques prêteuses pour bonifier les taux d’intérêt
    • préfinancement possible et transférable
    • calcul d’un prix de référence
    • plafonnement de la marge des promoteurs
    • montant des prêts et plafonds de ressources  dépendant de la taille des ménages, de la localisation (zones géographiques), de la surface du logement etc…

 Une opinion personnelle ?

le PAP en vedette
Rénover le PAP des années 70 ?

Loin de moi la volonté de ressusciter la bulle du PAP ou de gémir sur les gloires du temps passé.

Mais pourquoi centrer le débat sur le logement locatif, qu’il soit social ou privé ?

Mais pourquoi limiter l’accession dite sociale à la comète du Pass Foncier (déjà disparue) ou à des dispositifs confidentiels comme le P.S.L.A. ou l’accession sociale en zones ANRU ?

L’idée est simplement de dire que si l’on voulait réellement relancer une politique d’accession à la propriété non élitiste, il y aurait certainement matière à réussir un produit à la fois inventif et calibré (pour éviter les dérives budgétaires ou inflationnistes) et, surtout, efficace.


Ca nous remettrait un peu d’ambiance dans le décor actuel, vous ne trouvez pas ?
(je n’ai pas souhaité développer davantage le sujet pour rester dans un format digeste, mais…. il reste les commentaires si vous avez des questions)

2 réflexions au sujet de « La bulle du PAP ? Séquence nostalgie… »

  1. C’est vrai que l’on peut penser que le gouvernement Duflot a totalement oublié que le logement est aussi un outil économique important. Les mesures prises ne sont expertisées que par un bout de la lorgnette sans regarder leur impact côté économique et social (licenciement des agents immos ou encore fermeture de structure…).

    ++

  2. Il faudra juger le plan Duflot en fonction des mesures définitives qui seront votées. Ce qui me chagrine, c’est qu’effectivement il ne semble pas que tous les paramètres soient pris en compte. Mais il y a longtemps que cela dure et l’exemple de l’accession à la propriété est édifiant.

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