Denormandie valent mieux qu’une ?

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La question n’est pas que normande, sinon on connaitrait déjà la réponse.

P’tet ben qu’oui. Ou p’tet ben qu’non…

Ou les deux. En même temps ? 😉

Bref, cela fait déjà plusieurs années que la Haute-Normandie et la Basse-Normandie ont fusionné.

Mais le Julien Denormandie, hein, il a fait quoi, lui, dans le nouveau monde ?

Comme dans l’ancien ! Du Denormandie. Si, si, il a fait de son patronyme un dispositif fiscal.

A l’instar de tant d’autres avant lui… 🙂

 

Dure vie que celle de ministre du logement.

Comment résister aux sirènes de la canonisation fiscale ?

Passer à la postérité, au nez et à la barbe de Bercy, ça ne se refuse pas !

Sacré Juju, joli coup celui-là. Avec, en prime, la satisfaction d’avoir fait du neuf avec du vieux…

Nouvelle expression de l’économie circulaire ? 🙂

Le Denormandie, c’est pour les vieux !

Enfin, presque, car ce dispositif fiscal est officiellement plutôt pour les anciens.

Mais non, pas les hommes ! Les logements anciens.

Avouons tout de go qu’avec un Pinel qui court jusqu’en 2021, il n’avait pas d’autre choix, le pauvre.

Le neuf étant pris, il fallait faire quelque chose de nouveau.

Notons au passage que l’idée n’est pas si mauvaise car sauver à la fois la planète, les consommations d’énergie, les centres ville déshérités, les relations avec les élus des zones « non tendues » et son karma, c’est un projet bien tentant.

Surtout pour l’homme fort du logement en France.

Ne dit-on d’ailleurs pas que la maison du plus fort est toujours la meilleure ? 😉

« Nous l’allons montrer tout à l’heure. » (*)
(* petit emprunt à Jean de La Fontaine 🙂 )

Un objectif subjectif ou sincère ?

Mais les 2, mon capitaine ! Fromage et dessert !

Est-il justifié d’intervenir dans les cœurs de ville en déshérence et sur l’habitat ancien qui les composent ?

Oui : et cela quel que soit l’angle de tir.
Dans les régions et villes où le dynamisme économico-démographique n’est pas très vaillant, il faut arrêter de pourrir et miter les espaces agricoles alors que la reconstruction de la ville sur elle-même et sa remise à niveau, tant qualitativement que quantitativement (y compris infrastructures commerciales et de services), est bien évidemment à la fois le premier sujet et la solution.

Celle qui permet de redonner du sens, de la vie et une âme tout en améliorant les conditions de vie et en diminuant les consommations d’énergie et le coût de distribution de tous les réseaux et fluides.

Pour autant, l’accélération de la phase législative de ce nouveau dispositif est-elle spontanément innocente, ou doit-elle beaucoup à la convergence d’évènements comme :

l’effondrement d’immeubles en centre-ville de Marseille, et à la gestion de l’émotion populaire qui a suivi ?

la nécessité de faire plaisir à de nombreux élus de zones détendues…, pour compenser la disparition du Pinel en zone B2 (et l’emploi dans le bâtiment local) et s’assurer d’une neutralité bienveillante d’élus locaux à une époque où retourner sa veste demeure plus facile que d’assumer des gilets ? 🙂

Comme le disait ce bon vieux CROnfucius quand il avait bien riz : « les petits roseaux font les grandes rizières » !  😉

Mais il avait un CRO grain, je vous l’accorde… 🙂

Calibrage et pas triage sont les deux mamelles de la chance ?

Ok, ok, « labourage et pâturage » , c’était ça la version originale, mais les métaphores agricoles patriotiques version Henri IV sont passées de mode dans une France du monde en 3.0 !

Le calibrage et les contours généraux du Denormandie (financiers ou juridiques) sont très proches du dispositif « Loi Pinel » dans le neuf.

Le Denormandie, finalement, c’est le Pinel des anciens.
Va peut-être falloir en faire la promo dans les hospices ? 🙂
Pour ne pas saboter la réussite du dispositif !

Et en province avant tout ! (zones B2 et C obligent…)

Car s’agirait de ne pas oublier les CROvinciaux, hein ?
Vu que ce sont les rois du sabotage !

Un provincial en mode CRO magnon
Ouais, parce que nous, saboter, on connaît, hein ! Hips…

Blague à part, mis à part l’écueil du sabotage organisé 😉 , le parallélisme des formes ne fera donc pas de jaloux entre tenants de l’ancien et du nouveau monde…

En revanche, il y a sans doute un point très mal calibré et largement insuffisant dans ce dispositif : l’exigence performantielle en matière d’amélioration thermique.

Certes, il y a obligation de travaux et, re-certes, ceux-ci doivent représenter 25% du coût total de l’opération. Mais ce critère relatif est minimaliste et ne garantit pas d’efficacité environnementale ou thermique.

D’autant que le choix est ouvert :

1- une amélioration de la performance énergétique du logement d’au moins 30 % (à comprendre comme moins 30 % – ou 20 % en habitat collectif en copropriété – sur la consommation en énergie primaire du logement après travaux)

2- ou deux types au moins de travaux parmi les 5 suivants : changement de chaudière ; isolation des combles ; isolation des murs ; changement de production d’eau chaude ; isolation des fenêtres.

Mais, avec un seuil (performance minimale attendue) de 331 kWh/m²/an, on ne peut pas dire que la barre soit haute, la RT2012 visant à titre indicatif pour le neuf une performance de 50 kWh/m²/an environ.

Donc, une passoire thermique à 300 kWh/m²/an qu’on améliore de 30 % consommera encore 210… Et une de 400 avant travaux pourra consommer 280 après travaux, tout en étant conforme puisque inférieure à 331.

Quelle sélectivité… Vous avez dit triage ? 😉

Bref, ceci ne ressemble pas vraiment à une ambition en matière de développement durable ou de maîtrise des énergies, mais plutôt à un gentil geste à l’égard des territoires (222 communes) visés par le dispositif.

Un vrai coup de chance ? Calibrage et pas triage…

 

Pour une fois que les anciens sont à l’honneur…
Bonne semaine à tous les vieux abonnés du blog ! 😉

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