Copier n’est pas jouer !

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Il ne s’agit plus de sauver les meubles.

Ca, c’est déjà foutu. Faut sauver les immeubles maintenant ! 🙂
Le PTZ et le PINEL aussi.

En les protégeant – ainsi que les promoteurs – de ceux qui leur veulent du bien.

Erratum : de ceux qui leur veulent théoriquement du bien !

Car toute la différence est ici, dans cette subtilité si ténue qu’on nous envoie facilement nous rhabiller (ben oui, logique, si ténue… 😉 ), la nuance entre théorie et pratique.

La théorie qui nous parle du progrès et la pratique qui vise d’abord à la survie.

Peut-il y avoir progrès sans survie ? Et copier est-il plus vertueux qu’il n’y paraît ? 🙂

 

C’est marrant ces histoires de survie des espèces et de bien-être animal.

On voudrait extraire les animaux sauvages des cirques et on y maintient les promoteurs, alors que l’espèce est menacée d’extinction. Si.

Vu qu’on détruit leur écosystème et qu’on menace leurs pousses de bambou en Pinel sans OGM ! 🙂

PINEL et PTZ : résister à la tentation ?

C’est toujours pareil avec les théoriciens. Ils ne comprennent strictement rien à l’action. Et donc à la vie.

On en parlait rapidement par ici en fin d’article.

Notre chère administration rêverait ainsi – et forcément – de modifier vertueusement les règles du jeu.

Sur l’air – non assumé officiellement – du « c’est déjà bien si on condescend à leur proroger le PINEL et le PTZ, ces manants doivent nous baiser la dernière phalange pour les royales miettes que nous leur jetons magnanimement » .

Sur cet air descendant et con-descendant, donc, il faudrait embrayer tout de suite sur la piste de la vertu extrême et entamer à marche forcée le verdissement généralisé des aides de l’état en faveur de l’immobilier.

Merveilleux, imparable, logique. Et consensuel ! 😉

Soyons clairs, la question de la direction indiquée est certes pertinente, mais celle du moment choisi pour pareille exigence nettement moins intelligente…

Un peu comme si vous disiez au quidam qui traverse le désert et à qui il ne reste plus une seule goutte d’eau dans la gourde, « marche vers le sud et surtout ne gaspille pas tes ressources ! Et n’enlève pas ton chapeau » . Trop gentil. 🙂

En gros, face à une filière qui n’a plus de permis de construire à se mettre sous la dent (au lieu de mettre la pression sur les collectivités et leurs élus pour relancer la machine) et dont le renouvellement des stocks ne va pas se faire, on rajoute une couche en alourdissant les contraintes.

Superbe intelligence conjoncturelle, pas dogmatique pour 2 sous bien sûr, mais au risque quasi certain de planter la commercialisation des programmes dont les permis péniblement obtenus sont la bouée de sauvetage des promoteurs.

Pourquoi et comment ? Très simple.

Imaginez un peu que vous soyez un être normal 😉 ; si le changement des règles du jeu de l’investissement locatif vise à conditionner – et donc limiter – l’accès au PINEL en imposant à des permis déjà obtenus (et à leurs programmes en début ou en cours de commercialisation) des conditions qu’ils ne remplissent objectivement pas puisque ces règles sont postérieures (et pareil si on vise à donner un bonus vert  par rapport à une règle de base) que se passe-t-il commercialement ?

Direct : c’est la mort des programmes qui ne peuvent pas respecter les nouvelles règles, l’arrêt instantané et brutal de la commercialisation.

Pourquoi voulez vous qu’un investisseur ou son conseiller commercial (pas le premier pingouin venu, hein ?) valide une offre ou un produit qui ne correspond plus au nouveau standard le plus avantageux ? 🙁

A l’obsolescence programmée de certains produits industriels, il est donc inutile d’ajouter l’obsolescence fiscale volontaire pour l’immobilier neuf, encore plus nocive car elle viendrait frapper des programmes et des chantiers engagés (avec d’énormes masses financières en jeu) sans aucune possibilité de marche arrière.

La seule politique intelligente serait de raisonner en (au moins) deux temps :

1- la phase d’urgence et de relance, celle dont on nous rebat les oreilles, sans aucune nouvelle exigence réglementaire pour tout ce qui est déjà dans les tuyaux, afin de sauver le peu qu’il reste à sauver…

2- à un horizon programmé, introduction de conditions nouvelles (par exemple, les permis déposés après le 1er juillet 2021, histoire de pouvoir se retourner avec les équipes de conception) pour maintenir les conditions fiscales actuelles du dispositif (et surtout pas d’amélioration conditionnelle, erreur fatale qui tuerait toute l’offre antérieure en cours de commercialisation)

3- éventuellement, un peu plus tard et à programmer selon un calendrier tenant compte de la conjoncture, la mise au point de taux et conditions optionnels en fonction de la performance environnementale atteinte

Bien sûr, en off tout le monde sait – dans le petit monde du logement neuf – que les ayatollahs de la performance (aujourd’hui verdissante, hier purement énergétique) ou les certificateurs adorent repousser les limites – sous couvert d’expérimentation et d’incitation – car c’est leur fonds de commerce depuis des lustres. C’est donc lumineux ! 🙂

Mais ce n’est pourtant pas l’intérêt général de la filière et donc de l’emploi à court terme ou de la santé des entreprises du secteur, ce qui est quand même l’objectif affiché comme priorité absolue de la période et de l’urgence.

Là, on veut tout mélanger en rajoutant des critères qualitatifs, manifestement en avance de phase, qui vont immanquablement faire capoter l’atteinte de l’objectif principal.

Trop tôt ou trop vite, c’est trop (allegro ma non troppo ?), le mieux est l’ennemi du bien etc…

Bref, l’idée est naze si on ne prend pas terriblement garde aux conditions de mise en œuvre.

Et comme le dit CRO bien le berger limousin : « le diable est dans le bétail ! » .

Or, nous sommes tous dans la bétaillère. 🙂

Avancer, mais avec quel véhicule ?

Bon, admettons qu’administration et gouvernement acceptent que le PTZ et le PINEL soient prorogés. Rien dans le PLF 2021 pour l’instant.

Question : si on ne passe pas par un article initial du projet de loi de finances, on utilise quel véhicule législatif ? Pas la bétaillère, hein ! 🙂

Ben, il paraît qu’on pourrait procéder par amendements. Déjà que la situation n’est pas spontanément glorieuse, si on est mis à l’amende… 😉

Mais non, on blague ! Il serait donc envisagé (bien que le projet de loi de finances pour 2021 ne contienne pas pour l’heure de mesures en ce sens) l’introduction d’amendements pour proroger très modestement le PINEL et le PTZ.

Enfin… vous, je ne sais pas, mais moi j’ai un peu de mal avec les introductions.

Conclure, un CRO brutal ne connait que ça ! 😉
Conclure vite et bien ! Parce que…

Parce que… entre ceux qui réfléchissent depuis si longtemps au contenu d’un plan de relance pour le logement neuf qu’on ne verra finalement jamais arriver (tout pipeautage et fierté ravalées entretemps) et ceux qui veulent vous introduire… des amendements, la méfiance est de mise ! 🙂

Vive la conclusion ! Le reste n’est que bavardage. 😉

Et en prenant garde à tous les tenants et aboutissants du sujet.
Pas uniquement les pulsions de l’air du temps ou de telle ou telle sensibilité ministérielle décorrélée du contexte vécu par les autres humains tristement normaux ! 😉

Parce que, finalement, on n’est pas toujours obligé d’inventer (de nouvelles contraintes).

De tous temps, même les plus immémoriaux 🙂 , copier a aussi présenté quelques avantages.

Et quelques risques !

(note très personnelle du CRO : va falloir que je demande à Plumette pourquoi il dessine le copieur chauve et maladroit alors que le chevelu est l’artiste et qu’il tient la massue de surcroît ; simple hasard scénaristique ou séance de psychanalyse familiale ? 🙂 )

Bref, vivre est risqué, tous les morts vous le diront…

CRO copieur
Pas si facile de tout respecter à la lettre ! Et risqué…

Ce qui est bien dans toute cette attente, c’est l’incertitude, le suspense.

Le polar du logement neuf : PINEL, PTZ, PLF 2021, prorogation a minima, échéance, maintien des règles ou durcissement, intelligence situationnelle ou bêtise dogmatique. Tous les ingrédients sont là ! 🙂

Les victimes sont les professionnels, les méchants les pouvoirs publics, mais comment tout ça va-t-il maintenant s’enchaîner dans ce thriller immobilier de l’automne ?

Les feuilles tombent des arbres et des impôts. Espérons qu’elles ne soient pas trop dures et que l’on soit entendus !

Ca fait tellement de bien de se sentir aimé par sa tutelle…

Enfin, on en saura plus d’ici la fin Novembre, le temps que les amendements poussent ! 🙂

Et ne désespérons pas : si nous savons à quoi peut ressembler le pire, il n’est jamais certain… (mais le contraire non plus) 😉

 

 

Bref, bonne semaine à tous.
Et copiez intelligemment ! 🙂

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