Comment éviter de boire la taxe… d’aménagement

Promoteurs et programmes 5 commentaires

Les taxes, c'est durC’est mon côté simpliste, mais j’en suis encore à me demander pourquoi on ne peut pas construire en duty free.
Faut pas charrier : on peut économiser des taxes sur les alcools dans les aéroports et il faut en payer pour construire.

Boire ou construire, il faut choisir ! En voilà un beau slogan !

Bah, on pourra toujours se consoler en se disant qu’on fait une bonne action. Car elle rapporte largement plus que l’ancienne la bougresse. Et une bonne petite taxe bleu blanc rouge, ça ne se refuse pas.

Et ça ne se modère pas non plus, d’ailleurs… mais ça, c’est la suite de notre histoire !

C’est curieux cette manie de conjuguer les taxes à toutes les sauces immobilières… taxe d’aménagement, taxe sur les logements vacants, taxe sur les logements pleins (c’est la taxe d’habitation), taxe foncière… taxidermiste : on dirait qu’on veut la peau de l’immobilier !

Pourtant, on n’est pas paranos et on en a vu d’autres depuis la préhistoire, mais sur cette histoire de taxe d’aménagement, je sors les CRO ! Sans faire d’histoires.

Une nouvelle taxe si bénéfique…

Derrière chaque taxe, il y a une histoire, une poésie. Hé oui, je suis sûr que vous pensiez qu’il n’y avait que des chiffres et que ce n’était qu’une histoire de gros sous et de rendement fiscal pour les collectivités locales !  😉

Mais vous êtes certainement trop matérialistes. Laissez remonter la part d’enfant qui est en vous, et oyez, braves gens, l’histoire qui nous a été comptée contée à nous pauvres professionnels de l’immobilier…

Il y a plusieurs années de cela, très longtemps avant la fin du monde et la fin du Scellier réunis, l’Etat a fait un constat alarmant : on ne construit pas assez dans notre beau pays de France !!!

Les conseillers de la nation, tous réunis en urgence, ont sondé le malade pour connaître la cause du malaise.

– « une bonne saignée », ont conseillé certains

– « une bonne taxe, ça reviendra au même » ont dit les plus expérimentés

Il faut dire, pour mieux comprendre, que le diagnostic était que les communes n’étaient pas assez bâtisseuses et que le peu de courage politique nécessaire pour expliquer aux administrés la nécessité de bâtir près de chez eux le disputait à l’impécuniosité chronique rendant difficile la mise à niveau ou l’extension des équipements et réseaux indispensables.

 – « mais quelle utilité pour cette taxe ? », ont questionné les plus naïfs

– « on pourra toujours dire qu’avec ces ressources nouvelles nous pourrons enfin faire face au financement du développement urbain et à la logique de densification demandée par le développement durable »

– « oooh, s’exclamèrent les premiers, mais alors, on va pouvoir construire ! »

– « mais bien sûr », s’esclaffèrent les autres avec un sourire en coin…

Fin de la période 1 : le temps des promesses

A condition d’y croire, mais pas pour tous

maîtriser les taxes d'aménagement
Laisse tomber, CRO, tu n’y arriveras pas ! Viens plutôt écouter une histoire…

Début de la période 2 : le temps des réalités

Bien entendu, les petits enfants de l’immobilier à qui on avait raconté cette histoire avaient tant voulu y croire…

Mais il ne s’est pas construit davantage de logements car depuis très longtemps les bâtisseurs savaient déjà trouver les moyens et les entourloupeurs savaient déjà trouver des excuses.

Très logiquement d’ailleurs, car le principe même d’une recette fiscale plus élevée sur l’acte de construire, s’il permet aux maire bâtisseurs de poursuivre leur oeuvre, donne également la possibilité aux Tarfuffe de toucher autant en faisant moins. Sans plus d’excuses que cela, mais, le contexte ayant changé, tout le monde aura tôt fait d’oublier l’histoire.
Sauf les petits enfants déçus et ceux qui auraient voulu y croire… 🙁

La morale de la fable est toute simple : quelles que soient les histoires qu’on raconte, c’est  l’histoire qui prend des notes, et qui la laisse. Pour les taxes et le renchérissement du prix de revient des logements neufs.
Et indirectement pour une plus grande difficulté des candidats à la propriété à boucler honorablement leur financement.

Pour un peu, je vous chanterais une berceuse… Sans fausse note.

Et pour le calcul de cette fichue taxe ? Relax, on verra ça la prochaine fois ! 😉

 

Et vous, ça vous inspire la petite histoire de la taxe ? Si vous voulez la commenter, ne vous privez pas !

5 réflexions au sujet de « Comment éviter de boire la taxe… d’aménagement »

  1. Tout part d’un principe simple , vous taxez l’activité, donc plus il y a d’activité, plus il y a de mouvement de fond de création d’entreprise plus l’état encaisse des taxes dans l’immobilier comme ailleurs. Le tout pour l’état est de gérer habilement ce qu’il donne d’un coté pour reprendre de l’autre. C’est la technique du marche ou crève ou la fuite vers la croissance ou plus philosophiquement la dynamique de la vie.

  2. une petite question toutefois : j’ai le permis de construire mais je renonce à faire les travaux (pour des raisons financières) : dois-je payer cette taxe ?

  3. Heureusement non, mais il faut informer l’administration que l’on renonce à son permis de construire.

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