Aujourd’hui pour 500 000, t’as plus rien !

Actualités de l'immobilier 5 commentaires

croplaneC’est vrai ça ! 500 000, ça a l’air gros !

Ca fait riche et tout et tout. A tel point qu’on en aurait presque trop, hein ?

Hé bien non, sans doute la faute à l’inflation (de paroles) mais pour 500 000 on risque de ne pas voir grand chose en face. Même en pesetas…

Ha, j’oubliais, 500 000, c’est le nombre de logements annuels neufs dont on veut nous faire croire qu’il s’agit d’un objectif.

500 à 1 000… de plus, chiffre plus probable quand on voit les trésors d’audace et d’imagination accumulés pour y arriver !

J’exagère ? Bien sûr mais, franchement, je préfère en rire.
Parce que si je devais le prendre au sérieux….
Ca me rendrait triste. Mais vraiment triste. 🙁

 

Je ne sais pas si c’est l’air du temps, ou s’il est temps de prendre l’air, mais il y a des choses qui dépassent l’entendement. C’est sûrement pour ça que le mur du son, celui que les ânes mangent, est en train d’être franchi à grande vitesse.

D’où mon courroux, mais pas KOUROU, on évitera les fusées pour ne pas aller encore plus vite… dans la mauvaise direction. 😉

La grand messe et les ors de la République

Rappelez vous… quand vous étiez petit… il y a 3 ou 4 mois…. une éternité à l’échelle législative actuelle… les mythiques 500 000 logements… OUI !

Comme personne ne savait les faire, ni même comment il serait éventuellement possible d’imaginer qu’ils soient un jour un embryon de désir dans les yeux de leur géniteur (ou génitrice, hein, on ne va pas être sexiste)…
Vous voyez qu’il y a loin du désir de conception à la conception, alors imaginez l’accouchement !

Ben oui, le petit Jésus, c’est une fois tous les x milliers d’années et un quinquennat c’est 5 ans maxi.

Bref, il  a donc fallu convoquer un conclave, équipé de fumée blanche (la même que celle avec laquelle Sitting Bull envoyait des messages d’amour au Général Custer – nb : je sais que je prends des libertés avec l’histoire 🙂 ). Mais comme il n’y avait pas de cardinaux et que le Pape était absent, la fumée est restée désespérément grise, tout autant que les éminences qui conclavaient benoitement.

Le nom de ce conclave ? Le comité stratosphérique, heu non, stratégique…

Comme paraplégique, mais en plus tonique. Enfin, c’est ce que je croyais. Avant… 🙁

L’avis du comité stratégique et les 500 000 logements

C’est un document magnifique, digne de Marcel PROUT (je sais, j’ai oublié un S mais c’est exprès, vu que ce n’est que du vent et encore, ça ne vaut même pas un pet de lapin) et superbe représentant d’un salmigondis des plus communs.

Bref, si vous n’en attendiez rien (ou pas grand chose) vous ne serez pas déçu. Pour ceux qui ont gardé une âme d’enfant et espéraient une prose et des idées décoiffantes… disons que la gomina des convenances a eu raison des moindres velléités de début de solutions.
Politiquement correct et consensus mou ne sont hélas pas synonymes de pertinence.

Et qu’on s’en rappelle : consensus que si l’on s’en sert ! 😉
(sinon, ça nous dessert et du coup on est privé de dessert 🙁 )

Autant vous dire tout de suite que ce n’est pas avec ça que la construction va décoller, il faudra du temps et enfin du concret pour espérer mieux. Mais là, à part amuser la galerie et jouer la montre en faisant semblant de s’intéresser au sujet…

De deux choses l’une : soit on veut réussir et on accepte de bousculer vraiment l’ordre des choses établi. Soit on préfère ne rien changer – ou si peu – et on n’a alors que ce que l’on mérite. Rien de transcendant.

Ou plutôt si, l’invention d’un nouveau jeu d’esprit : loto censure !

Car à cet autre petit jeu pratiqué d’enfoncer les portes ouvertes, personne n’a besoin de trouver de nouvelles clés. Celle du succès serait pourtant utile ? 🙂

D’où ma question, sommes nous collectivement si nuls ou est-ce volontaire ?

Et si on développait un peu le sujet ?

Pour préciser ma pensée, je suis certain qu’il y a dans les 4 groupes de travail et au sein du comité stratégique des gens intelligents et/ou compétents. Là n’est pas le sujet. Mais le résultat n’est pas convaincant.

Parmi les 15 recommandations faites à la ministre on découvre ainsi :

  • « Elaborer les normes et réglementations autrement » : on part de loin… et il ne s’agit que d’un principe général plutôt positif qui génèrera peut-être un jour (dans quelques années) quelque chose, si le conseil est suivi et si sa transcription est fidèle à son esprit. Mais tout ceci est bien mince et hypothétique.
  • « Mettre en oeuvre un plan de simplification des normes… » : oui, oui, on l’a déjà dit, reste à le faire et avec de vraies décisions, sans réinventer l’eau tiède.
  • A propos du foncier, « Mobiliser les propriétaires : le puissant levier des outils fiscaux » : il va falloir commencer par convaincre Bercy de lâcher un peu de lest pour s’y retrouver en fin de compte. Quand on voit le pataquès des derniers mois sur les plus-values, rien n’est fait.
  • « Mettre en place un kit pédagogique relatif à la densification et au développement urbain maîtrisé » : ben, si on fournit un kit aux élus, faudra aussi fournir le mode d’emploi et le tournevis (en plus de la volonté de s’en servir, bien sûr 😉 )
  • « Relancer l’accession notamment en réorientant le PTZ+… » : l’argument PTZ+ est un peu court et les autres leviers évoqués anémiques (le PSLA souffre de défauts et est limité en nombre, la dissociation du foncier et du bâti est un miroir aux alouettes du point de vue du financement du portage du foncier, l’optimisation de la sécurisation de l’accession à la propriété est d’un impact très limité pour la construction effective de nouveaux logements en volume). Etc…
  • La mesure n°4.1 est une relance du lobby des certificateurs pour mettre en place les labels de surperformance énergétique avec en ligne de mire la future réglementation 2020. Totalement contradictoire avec la pause normative et le souci de rendre la construction moins chère. Mais comme le rapporteur de ce groupe de travail est sensible à l’argument des labels… Vous avez dit cohérence ?
  • Juste un libellé pour rire : « développer la filière des travaux énergétiques embarqués ». Allo Houston, c’est Cap Canaveral ici ! On peut décoller ? Pour Mars ?
Le Mirage des 500000 logements neufs
CRO, béotien préhisto entrapercevant le Mirage des 500 000 logements neufs

Mais je ne voudrais pas vous priver… je vous laisse découvrir par vous même l’Avis du comité stratégique (il ne fait que 17 pages, dont une dizaine à lire).

Vous y découvrirez toute la puissance de nos systèmes de « brain storming » à la française !
Ou quand le bien-pensant tue la pensée.  🙁

 Une conclusion mi-fugue mi de saison

Il semblerait à bien des égards que le manque de courage intellectuel soit un signe de l’époque et l’esquive une disposition traitée en art majeur. Vous avez compris que je ne déborde pas d’enthousiasme devant cette coproduction intellectuelle mise en scène au service de la cause du logement.

Non pas que toutes les préconisations aillent dans le mauvais sens. Certaines sont même pleines de bons sens. Mais tellement vides de substance à ce stade que tout reste à faire.
Avec toute la déperdition que cela peut supposer sur leur réalité, leur efficacité, leur rapidité de mise en place ou leur disparition malencontreuse. Snif.

500 000…. Le point positif, c’est qu’on aura du mal à beaucoup régresser en partant d’en-dessous de 300 000 vrais logements neufs !

Quant aux autres mesures porteuses d’espoir comme le volet relatif au logement intermédiaire… Nous en parlerons bientôt.

A chaque jour suffit son chagrin ! 🙂

 

Ah, ce coup-ci j’attends de bonnes et vives réactions ! A qui l’honneur ?

5 réflexions au sujet de « Aujourd’hui pour 500 000, t’as plus rien ! »

  1. Bon, à ce rythme, au moins, il y a peu de chances pour que les prix de l’immobilier baissent largement. C’est bien pour ceux qui ont déjà acheté…moins bien pour les autres!

    Plus sérieusement, malgré tout le mal que représente une pénurie de logements, on évite tout de même les surchauffes des marchés américain, espagnol, irlandais, ou anglais qui ont fait beaucoup de mal quand ils sont retombés.

    Là encore, c’est surtout de constance et de régularité dont on a besoin de la part de l’Etat. Si tout change chaque année, il est difficile de faire une quelconque prévision à long terme!

  2. @ Antoine : c’est sûr qu’on ne risque pas la surchauffe productive, sauf en matière de textes législatifs et de communication en trompe-l’oeil. Et il est vrai qu’une moindre production entretient la pénurie et le niveau élevé des prix, ; ce que tout le monde n’a manifestement pas intégré dans les actes.
    Cela étant je suis d’accord sur la nécessité de raisonner sur la durée. Mais avec de l’intelligence, de la bonne foi et un soupçon d’efficacité, c’est tellement mieux ! 🙂

  3. Je propose de faire travailler nos parlementaires, non pas à produire des lois, mais à en examiner la mise en oeuvre et leur impact sur notre « compétititivité » et les services des ministères à prodiguer les modes d’emploi pour comprendre les nombreux et obscurs textes qui sortent régulièrement… une sorte de « moratoire sur les normes », si cher à notre Président (de la République) …

  4. @ Audrey : Entièrement d’accord ! Avec un effet collatéral sympathique, c’est que s’ils travaillaient un peu plus en profondeur, ils en feraient un peu moins (des lois). Ce qui nous éviterait aussi de travailler (du chapeau)… 🙂

  5. Le gouvernement devrait déjà être conscient de la raison pour laquelle le nombre de français qui investissent dans l’immobilier a diminué. La politique qu’il emploie est loin d’être rassurant. En plus, avec la crise, acheter un bien immobilier à neuf est devenu presque impossible pour les catégories moyennes.

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