Aller dans le sens de l’histoire ?

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C’est une expression CRO expressément expressive.

« Aller dans le sens de l’histoire » .

Tout le monde y adhère, tellement il paraît incongru de vouloir individuellement s’opposer à l’air du temps ou au raz-de-marée de l’histoire en marche.

Mais, dans « le sens de l’histoire » , quelle est donc l’histoire qu’on nous raconte et quel est le sens qu’on veut lui donner ?

Celui qui montre une direction ou celui qui donne les clés de la compréhension ?

Question ouverte à tous, et aux promoteurs singulièrement… 🙂

 

Quand on a un peu de bouteille et de recul, ce qu’on appelle en général l’expérience, il est plus facile de trier le vrai du faux.

De repérer les arguments spécieux, les rideaux de fumée, les artifices de com, les faux-semblants, les histoires à dormir debout et autres comptines pour enfants.

Savoir garder son âme d’enfant, oui, mais avec la nécessaire lucidité d’un très grand enfant… 🙂

Donner du sens ou le comprendre, au moins

Depuis le début de la lignée immobilière des CROs (note du CRO : comprenez le parcours pro d’un CRO blogueur et blagueur 🙂 ) au milieu des années 80, il s’est passé tellement de choses.

CROsmonaute

Non, on n’a pas marché sur la lune, c’était déjà fait avant ! 🙂

A cette époque, logement social et logement privé vivaient dans deux univers totalement étanches.

C’était aussi – en 1986 avec la loi Méhaigneriele début des lois en faveur de l’investissement locatif, en raison de la faiblesse de l’offre de logements.

Et un moment de l’histoire où les maires bâtisseurs étaient la norme et la délivrance des permis de construire un droit globalement bien respecté.

Les taxes qui grevaient le prix du logement  étaient largement moins élevées (une simple TLE bien moins chère que la TA ou la TAM ou les PUP d’aujourd’hui) et les acquéreurs modestes pouvaient acheter à TVA à taux réduit en pleine propriété immédiate ( 🙂 pas besoin de courir en zone ANRU ou d’acheter en PSLA).

Progressivement, la barrière entre social et privé s’est effacée, la crise des subprimes (et du De Robien, dispositif fiscal critiqué au même moment) de 2008 ayant été mise à profit pour autoriser de manière massive les VEFA en bloc entre promoteurs privés (pour sauver leurs fesses 😉 ) et bailleurs sociaux (pour doper leur production).

Et ce qui était d’abord interdit, puis autorisé est devenu obligatoire à la faveur de la loi ALUR en 2014 et de l’instauration des servitudes de mixité sociale.

Les promoteurs privés typiquement HLMophobes des années 80 et 90 ont fait place à une génération de HLMophiles grands amateurs de contraintes administratives et de perte d’autonomie… 🙁  mais trouvant une vertu financière essentielle à ces ventes en bloc à volume et prix contraints : celle d’un débouché commercial et d’une pré commercialisation partielle garantie (cf le chiffre d’affaires qui va avec).

Les carnivores qui chassaient en pleine nature ont fait place à des matous de salon policés qui vont chercher leurs croquettes dans des gamelles pré calibrées pouvant leur être retirées à tout moment par les maîtres de la maison.
Une histoire d’ADN en mutation ? 🙂

Le dernier épisode de l’histoire en cours est maintenant l’allergie chronique des élus d’agglomérations importantes à la construction neuve, c’est à dire celle qui devrait pourtant et logiquement être revendiquée pour sa densité, sa frugalité de consommation des ressources et sa capacité à concilier la non consommation des espaces naturels et agricoles avec l’accueil des populations.

Contresens absolu et non négociable. Nous voilà donc très bientôt dans une impasse.
Qui va devoir se transformer en croisée des chemins quand tout le monde l’aura constaté. Et enfin compris. 🙂

L’histoire du logement des 30 à 40 dernières années a donc pris une certaine direction. Mais une direction insensée.

De sens unique à sens inique ? 🙂

Revenir aux fondamentaux ?

On aura avant le 15 octobre les chiffres de la construction neuve du 3ème trimestre. Qui seront bien, bien, bien pourris, au point que les instances professionnelles parlent déjà d’un effondrement (relatif) du marché.

Quelle surprise ! Depuis le temps qu’on en parle…

Mais bah, ce n’est pas si important. 😉

Ce qui est important pour un promoteur de terrain, c’est d’abord de bien connaître son secteur et d’avoir du sex appeal.

Pour séduire les décideurs.

Et d’avoir une belle énergie positive. Quoique.

Des promoteurs branchés sur accus alors que le marché s’affaisse ? 🙂

Quelle ineptie. Dure vie, vraiment.

Enfin, tant que le marché n’est pas complètement à l’arrêt… 😉

Et encore. On pourrait toujours compter sur un miracle.  😉

Celui de la lampe à huile, par exemple ?

Comme avec Aladin ?  😉 Ou comme avec Emmanuel et les Amish ?

C’est tellement compliqué de maîtriser une communication multidirectionnelle. 🙂

(je demande pardon par avance à tous mes amis portugais et aux anonymes pour le dialogue imaginaire qui suit, mais c’est pour la bonne cause ! 😉 )

Promoteur : je ne sais pas toi mais moi, je n’ai pas tout compris. Lampe à huile, 5G…

Son ami Paulo le Portouguèche : et qu’estch que tou n’as pas compritch ?

Promoteur : l’histoire de la lampe à huile, c’est une parabole pour nous dire qu’il nous faut renoncer à la frugalité du logement du futur ?

Paulo :  mais non, la parabole, cé qué sur lé toitch, idiotch, pour la télétch !

Promoteur : en tout cas, il ne va pas se faire que des amis…

Paulo : des amiches ??? Ou des ennemiches ? Ch’est trop compliquéch tout cha.

Promoteur : mais oui, les Amish ! Mais c’est bien sûr ! 🙂 « Mon Dieu, protégez moi de mes Amish, mes ennemis je m’en charge » ! Merci Paulo !
(note du CRO : à ne pas confondre avec les CROrmons, hein ? 😉 )

Amish CRO
Ah, quelqu’un nous a remarqués ? Faut pas confondre techno et péquenot ! Non mais..

Paulo : mé tou le faites exprètch ? Jé lé déjà dit ! Les amiches ! Ché timportant les amiches !

Promoteur : mais oui, on est d’accord, mon Paulo ! 🙂

Paulo : ah, quand même… Et pour la 5Gtch ?

Promoteur : ah non, j’ai assez réfléchi pour aujourd’hui !

Et voilà ; encore une drôle d’histoire. Mais est-ce qu’elle donne le sens de l’histoire ? Et cette histoire a-t-elle d’ailleurs un sens ? 🙂

De toute façon, le sens de l’histoire, ça s’infléchit parfois, quand on y pense…

En résumé : est-ce qu’un bout récent de l’histoire du logement forme trajectoire historique et sens de l’histoire, ou bien est-ce que pour retrouver un sens, la trajectoire de la politique du logement va devoir changer de direction ?

Allez, hop, vous avez 4 heures, introduction, thèse, antithèse, synthèse (et même prothèse si vous en avez besoin ! 😉 ) et conclusion !

Ca nous fera CRO plaisir de vous lire en commentaires !

 

Bonne semaine à vous tous, les amiches !
Et portech vous biench ! 😉
(là, Google va ramer pour l’indexation du contenu 🙂 )

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