A Pâques, rien ne cloche ! Enfin, presque…

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Franchement, qu’elles soient religieuses ou païennes, il y a des fêtes plus agréables que d’autres.

Au-delà des symboles et des souvenirs, que d’émotion dans un bon repas ou dans un autre plaisir de la chère de circonstance.

Et, toute plaisanterie mise à Pâques, nous avons une veine de pendu.

Pas que nous ayons forcément vocation à pendouiller au bout d’une corde.

Mais la chance du premier de cordée pour dénouer des ficelles un peu trop grosses.

Car le label officiel de certaines communications ne leur confère pas moins un risque d’excommunication.

Quand on a la vérité pour religion. En chocolat ? Qui fond sur les doigts… 🙂

 

Ah, les cloches… avec leur petites ailes de plumes délicates qui leur permettent de soulever leur cul en bronze ou en airain, quel pied de nez à la rationalité !

Le genre de légende gustativo-religieuse qui me met depuis toujours de bonne Rumeur. 😉

Un peu comme si je vous disais que M. CRO était le nouveau ministre du logement, quoi !

Non mais, là c’est sûr qu’il y aurait quelque chose qui cloche ! 🙂

Ben quoi, elle est mieux la réalité ?

Remarquez, dans le grand public, qui connaissait Jacques Mézard, il y a un an ?

Et qui a spontanément compris sa nomination en tant que ministre du logement ?

J’en connais qui disent même qu’il y a quelque chose de louche, une sorte d’anguille sous cloche ! 🙂

Et d’ailleurs, si ce genre de rumeur auto-prophétique est possible, on n’en est pas à une anomalie près, pas vrai ?

Tant qu’à divaguer, passons alors à l’interview fictive du moment 🙂 :

La Gazette des Ragots (LGR) : Bonjour M. le ministre, pourriez vous nous expliquer le contenu et la portée de votre projet de loi HELAS (Haro sur l’Evolution d’un Logement à l’Avenir Serein) ?

Jack Lézard (alias M. CRO), ministre fantôme du logement : Hélas non, car le problème est qu’HELAS est dure à expliquer, si bien qu’HELAS tique, et donc HELAS lasse déjà !

LGR : Vous voulez dire que vous ne savez pas à quoi va servir votre loi ?

M. CRO : Mais, si je le savais, on lui aurait donné un autre nom, plus signifiant, dynamique, avec du peps, du ressort, pour lui donner un bel élan !

LGR : C’est vrai qu’un nouvel élan avec un vrai contenu, ça aurait eu de la gueule !
Mais pourquoi avoir attendu Pâques pour présenter le projet de loi ?

M. CRO : Parce qu’à Pâques tout redevient possible ! Un projet de loi mort né pourrait même ressusciter ! Retrouver corps !

LGR : Ah…. vous en êtes à ce point ?

M. CRO : Ben, à force de se faire sonner les cloches, on finit par avoir le bourdon, vous savez ?

LGR : Mais quand même, vous avez bien un espoir secret pour donner des ailes à HELAS ?

M. CRO : Oh oui ! Mais je préfère le T plutôt que les L.

LGR : ??? T ? L ?

M. CRO :  HELAS en T c’est important, vous savez ! Surtout à mon âge avancé de CROmagnon multimillénariste. Et en plus…

LGR : Oui ?

M. CRO : J’adore le chocolat !

LGR : Mais quel rapport avec la loi ?

M. CRO : Aucun, hélas, HELAS est dans la mélasse. Mais il y en a un avec Pâques !
Ce qui est important, ce n’est pas le contenu de la loi, mais le Conseil des Ministres juste après Pâques !

LGR : ???

M. CRO : Le premier ministre a promis d’offrir un ballotin de chocolats premium pour la présentation du premier projet de loi après Pâques.

LGR : Ca, c’est un scoop ! Donc, tout ce cinéma, c’est juste pour une boîte de chocolats ?

M. CRO : Ben oui, je suis gourmand. Se taper la cloche en chocolat, c’est la classe.

LGR : Et pour votre loi logement ?

M. CRO : Ah non, là j’ai moins d’appétit ! Je la mettrai bien sous cloche. Une loi Aux Pâques, tout simplement….

LGR : Opaque ? Et en ce qui concerne la transparence, l’efficacité, la refonte de la politique du logement ?

M. CRO : Houla, un peu de respect ! Evitez les injures ! 🙂
De l’efficacité…. mais pourquoi ne pas me demander de chevaucher une cloche de Pâques et de distribuer des petits cocos en chocolat depuis le Ciel, tant que vous y êtes ?
Un peu de retenue mon ami !

CRO de Pâques
Youhou !!! On se lâche ! Place au roi des cloches ! En chocolat….

LGR : Ah oui, tiens, je n’y aurais pas pensé tout seul…

M. CRO : Il y a bien encore un point qui me chagrine.

LGR : Ah, tout de même, un regret lié au contenu du projet de loi ?

M. CRO : Non, non, juste vous signaler une amélioration du calendrier initial ; car on aurait pu perdre plus de 3 mois !

LGR : Quoi ? Déjà que c’est HELAS une loi qui avance à cloche-pied… Mais comment ?

M. CRO : C’est-à-dire que… j’aime bien la paella aussi. Et le Premier ministre en a promis une excellente aux projets de loi de Juillet.

LGR : Oh merde, encore heureux que vous n’aimiez pas la dinde ! 😉

M. CRO : Ca alors, mais comment avez-vous deviné ?

LGR : … (soupir)

Quand l’affliction dépasse la réalité

Il y a parfois des sons de cloche qui tintent mal dans certaines oreilles.

De toute façon, on sait bien que « qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son » .

A ce propos, quand un secrétaire d’Etat supposé compétent dit devant des journalistes (propos rapportés dans un article du Moniteur) que :

« Aujourd’hui, les bailleurs sont soumis au Code la construction, au Code des marchés publics et à la loi MOP. Or cette dernière, en régissant les relations entre maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre et entreprises, finissait par les figer et cela renchérissait le coût des opérations. La conséquence de tout cela a été que nous sommes passés d’un recours minime à la Vefa en 2007 à 40 % en moyenne aujourd’hui, pour la production de logements sociaux. Ceci est, pour moi, une très mauvaise solution. Le bailleur social doit rester un constructeur. »

… quand on entend ça, on se dit qu’il est en effet extrêmement affligeant de ne pas être à ce point capable, soit de comprendre, soit de restituer la réalité d’une situation. 🙁

Laisser croire – et même contribuer à répandre l’idée – que l’augmentation du recours à la VEFA par les organismes HLM découle de l’obligation de mise en concours architectural et que cette augmentation de la VEFA est une mauvaise chose est une double intoxication des esprits.

NON : ce n’est pas l’obligation de mise en concours qui a poussé la VEFA à la hausse mais les servitudes de mixité sociale imposées par l’ETAT (article 55 de la loi SRU).

Et NON : un secrétaire d’état lucide et cohérent n’a pas le droit de dire que cette augmentation de la VEFA est une mauvaise solution, alors que son application découle directement des obligations mises sur le dos des opérateurs privés par l’ETAT lui-même et qu’ils n’ont (HELAS 😉 ) pas les moyens, ni de s’en affranchir, ni de les remplir par eux-mêmes.
Ou alors, on devient collectivement enfin cohérents et on rebat les cartes en annulant les servitudes de mixité sociale ou en donnant à tous les opérateurs les mêmes droits de les satisfaire.
Alors, on choisit quoi M. Le secrétaire d’Etat ?

M’enfin….certes, la politique du logement est un joyeux foutoir, mais de là à la transformer officiellement en Clochemerle, il n’y a qu’un Pâques qu’on ne saurait franchir, n’est ce pas ? 😉

Allons, allons, évitons donc de mener le bon peuple en bateau en respectant la Pâque belle et en ignorant le paquebot !

Bon, c’est pas tout ça, je vais aller déposer un gros gros projet de loi.
Même un CRO a – hélas ? 😉 – le droit d’aimer le CROcholat !

 

Bonne semaine à tous et fêtes le Paximum ! 😉
Pour votre plaisir.

2 réflexions au sujet de « A Pâques, rien ne cloche ! Enfin, presque… »

  1. En 2017 le niveau de l’acquisition en VEFA chez les LLS dépasse 55% dans les aires urbaines ( secteur l et ll). Sans stratégie foncière les bailleurs sont dépendants des opérations privées (hors ZAC).Denormandie et Macron ont, à partir de ce constat, entamés un processus de « mise en marche » des dodus dormants et de leurs neuveux les faméliques plaintifs. La concentration des acteurs où les bailleurs actifs vont prendre la main sur des troupes inadaptées est une nécessité qui dans 5 ans ravira le Cro et ses petits copains.L’étape suivante est également inscrite dans les directives européennes. Mais chut!

  2. @ Immo Bill : ceci est un scénario possible, mais rien n’est aujourd’hui lisible ni sûr. Tout ceci ressemble à une politique de Gribouille où les contingences du court terme ressemblent à un jeu de pousse-caillou sans vision globale de politique du logement. Car le logement social n’est qu’un aspect d’une politique intelligente et moderne. J’aurais même tendance à dire que la simple dénomination « logement social » est une très mauvaise approche / porte d’entrée du problème. Car ce sont les occupants qui ont un statut social et qui devraient intéresser très prioritairement le législateur, et non pas les immeubles ni les gens sous statut spécialisé qui les construisent ou les gèrent. Le sujet est bien plus complexe que la simple stratégie qui consisterait à relancer l’activité de maîtrise d’ouvrage sociale. HELAS ! 😉

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